‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 222 sur 701 · S IV — LES EAUX · texte numérisé non relu

S IV — LES EAUX

Sous la domination romaine, la plus grande partie des eaux destinées aux usages publics et privés de Tancienne Burdigala, provenait de sources situées à diverses distances de cette ville. D^abord ce furent les eaux de source de Vayres qui y furent conduites par un canal tantôt souterrain, tantôt porté sur arcades, dont les traces ont pu être suivies depuis Vayres par le moulin d^Ars, Talence, la rue des Sablières, la place Saint-Nicolas, le cours d* Aquitaine et la place Sainte-Eulalie, venant alimenter une fontaine monumentale aux environs de la place Saint-André, ainsi qu^une autre fontaine semblable sur la place Puy-Paulin. Ces constructions, attribuées à la munificence du préteur 0. Julius Secundus, n^existaient iléJH plus du temps d^Ausone, qui ne mentionne que Texistence de la fontaine Divone, de source inconnue et qui jaillissait naturellement du sol. Cette fontaine, dont il ne nous reste plus de trace et dont on ignore même remplacement, avait quinze parois en marbre de Paros et recevait une eau abondante qui s^en échappait par douze bouches et de larges canaux la mettant commodément à la portée de tous.

Au temps du moyen âge, la ville de Bordeaux possédait cinq sources principales dont les eaux abondantes et pures consolaient jusqu^à un certain point les habitants de la perte de la fontaine Divone. Ces sources se trouvaient aux affleurements de roches calcaires dans la vallée de la Garonne : c^étaient la fontaine Bouquière, la fontaine Daurade, la fontaine (le rOr, la font d'Audége, la fontaine de Figuereau.

De 1755 à 1857, les porteurs d'eau parcouraient la ville, transportant dans des tonnes, pour les livrer à domicile, les eaux des sources de la Seppe, de la Grange et de Fliguereau.

Le 15 août 1857 a été inauguré le service public des eaux dont Bordeaux est aujourd'hui alimenté. Les premières sources captées furent celles du Thil, commune de Saint-Médard ; de Bussaguet, commune du Taillan, et de Cantinolles, commune d*Eysines ; on y ajouta, peu de temps après, la source de Bussac, dans la commune d'Eysines; ces quatre groupes de sources sont situés à 10 ou 12 kilom. à PO. de Bordeaux.

Un canal voûté en maçonnerie de 1 m. 50 c. de largeur sur 1 m. 60 c. de hauteur les amène à Bordeaux dans rétablissement Paulin, d'oii une partie alimente, par sa pente naturelle, le quartier des Chartrons, tandis (jue le reste est élevé et refoulé au moyen de pompes mises en mouvement par des machines à vapeur de la force de 50 chevaux jusqu'à la cote de 21 m. 50 c. au-dessus de Tétiage de la Garonne, qui est la cote des déversoirs des bassins ou réservoirs construits en ville. Il en résulte que les rez-de-chaussée, les premiers et quelquefois les deuxièmes étages reçoivent directement Teau pendant le jour; quant aux étages supérieurs ils peuvent être alimentés la nuit par le service surélevé qui porte Peau à la cote 39 m., cote du déversoir du bassin qui surmonte la tour de rétablissement Paulin.

Le canal d'amenée, à son arrivée dans cet établissement, longe un

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