‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 261 sur 701 · LONG-COURS · texte numérisé non relu

LONG-COURS

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École des Mousses et Novices. — Fondée en 1833 par MM. Laporte rères, anciens officiers de la marine marchande, cette école a eu pour but le soustraire au vagabondage une foule d'enfants du peuple, de leur issurer un état honorable et de convertir en habiles marins de petits oalheureux que Tignorance et la misère auraient peut-être conduits au rime. Civique et philanthropique entreprise qu'on aurait pu croire u-dessus des moyens de simples particuliers, mais que les deux frères •aporte ont formée avec une persévérance qu'aucun sacrifice n'a pu écourager.

Cette école, créée dans l'ancienne église Saint-Siméon, où les frères aporte firent construire, à leurs frais, la mature d'un bltiment de 200 tnneaux avec pont à roulis et tous les accessoires, a été, plus tard, ansportée à bord du trois-mlts de l'État la Brillante, en rade de ordeaux; elle fut alors placée sous le patronage de la Chambre de mmerce, du Conseil général de la Gironde et du Conseil municipal de )rdeaux. L'administration et la surveillance furent confiées à une mmission de 10 membres ayant à leur tête le président de la Chambre

commerce de Bordeaux.

A l'école navale fut jointe une classe d'enseignement mutuel, comprent la lecture, l'écriture, l'étude du vocabulaire des termes de marine,

la rose des vents, de l'usage de la boussole, le dessin, etc., etc. Sous le rapport de la nourriture et du vêtement uniforme, les élèves^se disaient en trois classes :

1° Les élèves nourris et vêtus par leur famille ;

2^ Les élèves dont la famille ne pouvait supporter qu'une partie de cette ible dépense;

I** Les élèves dont la famille était absolument sans moyens. Depuis quelques années, les services rendus par cette école n'étant plus rapport avec les sacrifices qu'elle demandait, elle a été momentanément •primée. Aujourd'hui, le Conseil géniral et la Chambre de commerce ^cupent activement de sa réorganisation.

388 LIVRB V. — INSTRUCTION PUBLIQUE.

L'École supérieure de Commerce et d'Industrie de Bordeaux

a été fondée en 1874 avec le concours du Conseil général du département de la Gironde, de la ville de Bordeaux, de la Chambre de commerce de Bordeaux et de la Société Philomathique. Elle reçoit de ces différents corps une subvention annuelle de 55,000 fr. et est administrée par la Société Philomathique, sous le contrôle d'une commission composée de

I délégué du Conseil général et de 5 délégués de chacun des autres corps.

Elle est installée dans un magnifique local, situé rue Saint-Sernin, et dont la construction n'a pas coûté moins de 500,000 fr.

Ce local; construit avec les fonds légués à la ville de Bordeaux par M. Fieffé, a été mis à la disposition de la Société Philomathique, d'abord pour ses cours d'adultes, ensuite pour y établir l'école qui nous occupe.

II renferme aujourd'hui des cabinets de physique et de chimie,^ des salleii de manipulations, de coupe des pierres et des bois, un musée, une bibliothèque, un atelier de mécanique renfermant une machine à vapeur et les principales machines-outils. Le musée, qui comprend une salle de matières premières et produits fabriqués, et une salle de constructions navales et armements, est ouvert au public tous les dimanches de 1 h. à 5 h.

L'école n'admet que des élèves externes et ne les prend qu'à l'âge de quinze ans révolus et après leur avoir fait subir un examen sérieux. La durée des études est de deux années, et la rétribution scolaire de 200 fr. par an.

33 bourses ont été créées en faveur de cet établissement, par M. le Ministre de l'Agriculture et du Commerce, par les corps fondateurs, par quelques Conseils généraux ou municipalités de la région.

L'école comprend 2 divisions distinctes : l'une pour les jeunes gens qui se destinent au commerce, l'autre pour ceux qui se destinent à l'industrie. A la fin de la deuxième année d'études, il est remis aux élèves, qui les ont mérités, des diplômes de capacité, et à chacun des deux premiers, la Chambre de commerce de Bordeaux accorde, en outre, une bourse de voyage de 2,000 fr.

Le personnel de l'école se compose de : 1 directeur, 19 professeurs, 12 employés auxiliaires divers.

Le nombre des élèves, qui était de 33 à l'ouverture des cours, en IS'îi, s'est élevé à la rentrée de l'année scolaire 18'ï6-77 à 76, dont 49 de l*"* année et 27 de 2™® année; 54 d'entr'eux suivent les cours de la division commerciale, et 22 ceux de la division industrielle.

École de Notariat (2, rue Jean-Jacqu<?s Bel). — Cette école, fondée en 1831 par décision de son Exe. le ministre de l'Instruction publique, est dirigée avec un succès complet par M. Dupont; elle a pour but de rendre aptes aux fonctions de notaire les jeunes gens qui veulent embrasser cette carrière. Ses cours sont divisés en cours théoriques et en cours pratiques ou d'application; ils ont lieu deux fois par jour. Le cours complet dure deux ans.

Cette école, qui réunit tous les ans environ cinquante élèves venant de la région du sud-ouest de la France, quelquefois de plus loin, a rendu et

CHAPiraE ir. — dix-nbuvièmb sibcle. 389

rend tous les jours de grands services. Dans leur assemblée générale du 9 mai 1844, MM. les notaires de Tarrondissement de Bordeaux ont, par uae décision unanime, placé sous leur bienveillant patronage cette école que citent avec éloge des ouvrages estimés.

Institution nationale des Sourdes-Muettes. — Nous n'avons aucune notion sur le sort des hommes affligés de la surdi-mutité dans les temps anciens ; nous trouvons cependant que des sourds et muets furent instruits et apprirent à lire et à écrire par les soins de Jean Reverley, évêque d'York (septième siècle). Plus tard, en Espagne, Pedro de Ponce et Jean Pablo Bonet, secrétaire du connétable de Castille (1620) ; en Angleterre, John Bulwer (1648), John Wallis, William Holder; en Hollande, Van Helmont; en Suisse, Conrod Ammau; en Allemagne, Georges Raphel ; en France, Jacob-Rodrigues Pereire(n50)5 imitèrent l'exemple de l'archevêque d'York; Ernaud continua les traditions de Pereire; mais, jusque-là, l'éducation de ces infortunés avait été tout individuelle.

En 16*79, ie Parlement de Toulouse reconnut la validité d'un testament écrit par un sourd-muet ; on ignore qui l'avait instruit. ^

Nous avons les écrits de quelques-uns des hommes de bien, cités plus haut, qui se sont livrés à l'éducation des sourds-muets, on n'y trouvn pas les moyens de la généraliser. Les procédés de Pereire sont restés secrets.

Ce fut l'abbé de l'Épée qui, vers le milieu du siècle dernier, sut ouvrir une nouvelle voie à ces efforts en imaginant l'alphabet spécial qui consiste à exprimer les lettres par des gestes et la disposition des doigts de la main.

Les succès de l'école, fondée à Paris en 1760 par l'abbé de l'Épée, poussèrent l'abbé Sicard, membre de l'Académie de Bordeaux, à suivre son exemple (1783). Il intéressa à son projet M^^ Champion de Cicé, qui lui fournit les moyens de se rendre auprès de l'abbé de l'Épée et de s'initier 1 sa méthode.

En 1785, l'abbé Sicard ouvrit sa première école à Bordeaux avec les iecours de quelques familles riches et la collaboration de M. Saint-Sernin, jui lui succéda en 1789 quand lui-même alla remplacer à Paris l'abbé de 'Épée.

Cette première école était située dans la maison même de l'abbé Sicard, ue Capdeville; dès l'année 1786, elle s'jigrandit par l'adjonction d'une naison voisine; le l*"" septembre 1791, elle fut transférée dans la maison es Minimes que le département lui accorda. Le 12 mai 1793, la Convention la déclara établissement national.

Le décret du 6 vendémiaire an V lui attribua l'ancien couvent des 'atheri nettes, sur l'emplacement que cette institution occupe encore ujourd'hui.

Après l'abbé Sicard et M. Saint-Sernin, cette école eut pour directeuî^ M. Guilhe, Valade Gabel, Morel, Robert, Etcheverry, Petiniaud de hampagrnac, le comte de Malartic.

Depuis 1801, la communauté des sœurs de Nevers dirige l'éducation ;s filles.

Jusqu^en 1859, cette institution renfermait des garçons et des filles; à cette époque, un décret impérial affecta exclusivement rétablissement de Bordeaux «ux filles.

En même temps, on s^occupa de la reconstruction des bâtiments tombant de vétusté. L'édifice actuel forme un quadrilatère régulier, situé entre les rues Saint-Sernin, Tliiac, Castéja et les maisons longeant les allées Damour. Il a été bâti du 10 avril 1862 à 1869 sur les plans et sous la direction de M. Thiac. Il a une superficie de 7527 m. q. Sa façade principale, située sur la rue Saint-Sernin, a un développement de 137^10. Il renferme quatre cours intérieures et une cour d'honneur fermée sur la rue par une grille. Au centre est une chapelle décorée de peintures murales et de verrières exécutées par M. Villiet.

Cette institution, aujourd'hui nationale, est, comme établissement de l'État, placée sous les ordres directs du ministre de l'Intérieur.

L'administration de ce bel établissement comprend un directeur, un receveur économe, un aumônier, vingt-une sœurs de Nevers dirigées par une supérieure, un professeur de dessin et un professeur de peinture.

Comme tous les établissements de bienfaisance, ^'administration est assistée par une commission consultative de six membres, appelée à donner son avis sur les questions budgétaires, d'administration générale et de perfectionnement de la maison.

Le nombre des élèves, qui peut atteindre 200, n'était, en 1875, que de 131, comme suit:

Pensionnaires 11

Boursières de l'Élat G7

Boursières des communes 12

Demi-boursières de l'État, des départements et des commuues.... 41

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La durée de l'éducation dans l'école de Bdrdeaux est de six ans ; trois sont donnés a l'étude de la langue, de l'écriture, du calcul, (^u dessin, des notions religieuses; les trois autres, pour les élèves d'une intelligence bornée ou qui appartiennent k des familles indigentes, sont consacrées au développement des connaissances acquises et au travail dans les ateliers attachés à l'établissement. Les meilleures élèves emploient ces trois dernières années au perfectionnement du langage par les théories grammaticales, à l'étude des sciences élémentaires les plus utiles, à la pratique des arts (dessin ou peinture sur pjrcelaine).

Une étude attentive du mécanisme des organes de la parole a permis de conduire, par des exercices répétés, les élèves à produire des sons, k exprimer des mots et même leurs pensées par la voix ; un tiers k peine est rebelle k cet enseignement qui, pour les deux autres tiers, donne des résultats très-satisfaisants; mais rien n'a encore été trouvé pour rétablir le sens de Touïe.

(>l En 1839, cet élablissiMiient reoovaii 87 ul(H'e^s, tilles ou gansons, dont 7 i^eosionnoires, frf) boursiers de l'Elut, H boursiers des departcuieiUs et dos coinmuQOs.

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