CHAPiTRE IV. — S IV. THKATRES
lUC) le voisinage d'au theitrc étant redoute par tous Ice habitants. [. de Tourny, alors intendant de Guyenne, prêta aux jurats une salle 3 son hôtel, destinée aux concerts. On y joua durant trois années.
Théâtre de la Porte- Dauphine, — En 1756, il fut permis au sieur aétan Camagne de faire construire, à ses frais, une salle de spectacle ir le terrain d'une ancienne corderie, située près la porte Dauphine (*), itre le mur de ville et celui des Pères Récollets. Quoique l'illustre )umy ne trouvât pas l'emplacement bien choisi, il favorisa l'exécution ) cette entreprise dans le but d'arrêter, par l'attrait du spectacle, la neste épidémie des jeux de hasard qui faisait alors chez nous des progrès Frayants. Cette salle servit jusqu'à l'achèvement de notre Grand-Théâtre; te fut réunie durant quelque temps à la direction de celui-ci, et démolie i 1799.
Nos lecteurs trouveront dans l'ouvrage de M. d'Etcheverry un chapitre îs-curieux sur la police, les règlements et le personnel de la troupe )péra de Bordeaux, en 1752.
Grand' Théâtre. — Vers 1771, la salle de la Porte-Dauphine devenue suffisants, quelques particuliers s'associèrent pour la construction d'une uvelle salle, située dans les prés du Château-Trompette, et qui devait rtcr le nom de Vaux-Hall.
Cette construction fut décidée à la suite d'un arrêt du Parlement >tiyé sur le peu de solidité de la salle de la porte Dauphine. Ses actionnaires cherchèrent, avec l'aide de l'architecte Lhote, à )rendre leur œuvre sur d'autres bases, et la concession d'un terrain ué sur les glacis du Château-Trompette, en face la rue Mautrec, fut nandée à l'État et accordée.
Le célèbre architecte Soufflet, qui avjiit construit le théâtre de Lyon,
invité à pousser ce projet en haut lieu ; il fit un plan modifiant un peu ui de Lhote (').
?endant ce temps, l'architecte Louis gagnait les faveurs du maréchal Richelieu, faveurs qui suscitèrent des haines et des jalousies qui poisonnèrent sa vie ('). Le 18 mai 1773, ses plans furent approuvés et nés par le gouverneur et le corps de ville.
*^ous donnerons une description de ce monument dans le tome 111^ de re travail, partie archéologique.
*ar lettres-patentes du 4 septembre 1773, il fut concédé à la ville de deaux une partie des terrains ci-devant compris dans les glacis du iteau-Trompette, pour y bâtir une nouvelle salle de spectacle, avec >risation de vendre l'excédant du terrain ('), à charge de construire
Lo Tliôdtre-Français actuel a ôtô construit sur lo dcrrièro do rcmpluccinont qu'occu-
:cslte salle.
Voir la description du plan de LUote dans V Histoire dts tlédt et de Bordeava.
Consulter, nu sujet de Louis, la Nouvelle Biographie générale (Paiia, Didotl, t. XXXI,
1040, et ï'Eloge publié par M. Maicviliu, 1834, iu-8<>. Louis avait laissé un portcieuillu
maiit un grand nombre de dessins et de projets dVditleos. Ces objets précieux, acquis
la municipalité, ont disparu dans rincoudie qui, en 1862, détruisit une partie de
3l-do- Ville.
Cette vente produisit 839,233 livres. M. Pi'ixollo, au nom d'une snriôlé, voulait prendre
Trains à raison de 400 livres la toise, ce qui aurait produit 1,012,000 livres; son ulTrc fut
ISSCO.
454 LIVRB V. — INSTRUCTION PUBLIQUE.
ladite salle dans Tespace de deux ans et de payer une somme annuelle de 5,200 livres pour augmenter le traitement des officiers du château.
Nous passons les mille difficultés éprouvées par Louis, et nous arrivons au 1 avril 1*780, pour trouver son chef-d'œuvre terminé. Il avait coûté à Louis sept années de lutte et de travail, et à la Ville près de 3,000,000 de livres.
La salle de spectacle de Bordeaux fut d^abord placée sous la direction d^ne compagnie d'actionnaires avant un bail de 30 ans, à raison de 56,000 livres de loyer annuel pour la salle et toutes ses dépendances. Dès 1781, ces actionnaires cédèrent leur bail à des directeurs qui firent presque tous de mauvaises affaires.
Dans un état de la troupe de spectacle de Bordeaux, publié en 1790, nous voyons que cette troupe* se composait de 92 sujets, qui coûtaient 235,100 livres, ainsi réparties :
Comédie et tragédie 90.500 livres. \
Opéra 61,600 - 035 iqo livres
(îhœurs 24,900 — ( ^Ji),iw nvres.
Danse 58,100 - )
L'administration coûtait 112,200 —
Total 347,300 livres.
MM. Martelly, ler rôle comédie et tragédie, recevait. 7,000 livres.
Donnât", 1er chanteur 10,000 —
Eiig. H us, ler danseur 8,000 —
MmM Martelly, 1er rôle comédie et tragédie 3,000 —
Glairville, !'« chanteuse 10,000 —
Rochefort, lr« danseuse 6,000 —
L'orcliestre (28 musiciens) coûtait 35,720 —
Ces appointements, qui seraient aujourd'hui trës-faibles, surtout pour le chant, étaient alors regardés comme trop élevés, et il était question de réduire de 60,000 liv. les dépenses du théâtre.
Nous arrivons à un moment où Phistoire du théâtre à Bordeaux est remplie de détails curieux; faute de place nous sommes obligés de renvoyer nos lecteurs au travail de M. Aurélien Vivie, déjà cité.
Après la période de la Terreur, reviennent les beaux jours pour notre Grand-Théâtre. Garât, notre habile chef d'orchestre, le célèbre chanteur Garât, Dacosta, M°>^*> Martin, Scio, Crétu, se donnent rendez- vous sur notre belle scène et y sont accueillis avec enthousiasme par le public; plus tard (1814), c'est M"® Georges, Lafont, M"® Mars, Lavigne, Talma, qui leur succèdent. Depuis, presque tous les grands artistes français et étrangers ont été appelés à Bordeaux et ont honoré de leur talent notre Grand-Théâtre, qui a conservé le premier rang parmi les théâtres de province.
Théâtre Molière ou de la République. — Le goût du théâtre avait pris à Bordeaux une telle extension, que le Grand-Théâtre ne suffit plus, et en avril 1792 la chapelle Saint-Jacques, que nous trouvons encore aujourd'hui rue du Mirail, fut transformée en salle de spectacle par l'architecte Laclotte ; en 1827, elle devint salle de danse, et ne fut rendue au culte que vers 1850.
CHAPirRE IV. THÉÂTRES. 455
Théâtre de la Gaieté. — Le nom de ce théâtre rappelle celui d'un homme î par son industrie conquit la fortune et que cette même industrie ingea plus tard dans la misère ; ce nom est arrivé jusqu'à nous comme ui d'un homme qui, par son esprit ingénieux, sut longtemps amuser Bordelais, et dont le cœur généreux sut compatir au malheur et ilager beaucoup de misères : nous avons nommé Bojolay, qui, vers )9, créa sur un emplacement des allées de Tourny, occupé aujourd'hui • le café Kern, une baraque où des marionnettes attirèrent longtemps foule. Ce théâtre, appelé Théâtre des Patitaçoniens, brûla en 1803. jolay le fit de suite reconstruire sur la même place et lui donna le nom Théâtre de la Gaieté. Ce théâtre, encore présent à l'esprit de nos grands es, représentait des féeries, des mélodrames, interprétés par les illeurs artistes du temps, tels que Déjazet, Lepeintre, Houdart, etc. olay y ga&na beaucoup d'argent ; plus tard il y joignit la direction du ind-Théâtre, qui amena sa ruine.
jBS flammes détruisirent le théâtre de la Gaieté le 10 décembre 1819. rhéâtre Mayewr, appelé aussi Théâtre de la Montagne ou des Sans-Culottes, struit, en 1793, sur l'emplacement qu'occupaient les ci-devant Grandsmes, sur les fossés de ce nom. — Ce théâtre fut destiné aux pièces riotiques. Longtemps abandonné, il est devenu plus tard le Théâtre wléon, appelé aujourd'hui Théâtre des Variétés,
^héâtre-Français. — Œuvre de l'architecte Dufart, ouvert au public en embre 1801, il fut souvent fermé jusqu'à ce que l'incendie du Théâtre la Gaieté lui fit prendre le rang de second théâtre, destiné à la comédie, vaudeville, au drame ou à l'opérette ; genres de spectacle qui lui ont 1 souvent des recettes plus belles que celles du Grand-Théâtre, «'intérieur de ce théâtre a été entièrement brûlé dans la nuit du 2 au écembre 1855. Il a été reconstruit, avec beaucoup d'élégance, sur le a de M. Lamarle. •
Héâtre-Louit. — Ce théâtre, inauguré le 1®' septembre 1868, a été struit sur l'emplacement d'un ancien cirque, rue Castelnau-d'Auros. ontient 2,500 places. C'est un des plus vastes et des mieux décorés de yince; architecte M. Lamarle. Il doit son nom au propriétaire de imeuble, qui l'a fait construire.
^héâtredes Jolies-Bordelaises, — Construit, en 1872, rue Sainte-Catherine, les plans de M. Marins Faget; c'est en même temps un café-concert, ime VAlcazar de la Bastide.
fous avons encore k citer, comme salle de spectacle, le Gymnase- Dramae, place des Quinconces; la Salle Saint-Paul, rue des Facultés. Ces es servent^^le plus souvent à des sociétés d'amateurs, quelquefois très- L dirigées.
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