‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 30 sur 701 · CHAPITRE m. — LE SOL, SES ASPECTS, SA NATURE · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. — LE SOL, SES ASPECTS, SA NATURE

surface unie offrant deux versants : Tun vers TO.-N.-O., l'autre vers l^.-N.-E. Elle présente dans certaines portipns de la bordure occidentale des dépressions, les unes remplies d'eau douce, comme les étangs de Cazau, de Lacanau et de Hourtin, à 15 ou 20 m. d'altitude, et l'autre plus basse, occupée par la mer, comme le bassin d'Arcachon. Des vallons et de nombreux cours d'eau plus ou moins ramifiés la sillonnent. Les plus importants sont, sur son versant E. : le Ciron, petite rivière flottable et très-pittoresque sur la plus grande partie de son parcours, long de '70 kilomètres; les ruisseaux le Gua-Mort, le Saucats, l'Eau -Blanche, l'Eau-Bourde, la jalle de Saint-Médard, prenant sa source sur la crête de la ligne de partage des eaux et arrosant les fertiles prairies du Taillan et de Blanquefort; la jalle du Pian; celle d'Arcins, prenant ses sources dans les landes de Castelnau; les jalles de l'Horte et de Benon, venant des landes de Saint-Laurent et traversant les marais de Bejchevelle et le grand chenal de Saint-Vivien ou du Ga, qu'on canalise en ce moment pour dessécher les landes et les vastes lettes du canton de Lesparre. — Sur le versant O. de nos landes, nous trouvons la Leyre, les nombreux petits affluents de cette rivière flottable jusqu'à Salle et les petits ruisseaux ou crastes qui se jettent dans le bassin d'Arcachon, dans les étangs du littoral et le canal qui conduit les eaux de ces étangs au bassin d'Arcachon. Nous donnons plus loin la nomenclature complète de tous ces cours d'eau. La profondeur des vallons de nos landes dépasse rarement 20 mètres ; leur fond est très-fréquemment tourbeux ou marneux.

Les landes sont formées, pour Dufrénoy, V. Raulin, et la plupart des géologues, par le terrain pliocène ou diluvien constitué par des sables purs et de petits graviers dans lesquels il y a ça et là des dépôts d'argile ; pour d'autres géologues, M. Linder entre autres, ils sont formés par le terrain miocène.

La couche végétale, sableuse et peu profonde, est assise le plus souvent sar un fond d'alios. Pendant l'hiver, les eaux pluviales ne pouvant s*écouler entièrement, en raison de l'insuffisance des pentes et de l'imperméabilité du sous-sol, restent stagnantes, partout ou la main de Ilioimne n'a pas creusé des fossés de drainages. Elles s'évaporent ensuite sor place pendant l'été; mais alors les plantes naissantes sont comme torréflées par la chaleur. On conçoit combien ces alternatives d'inondation et de sécheresse sont contraires au succès deë cultures et à la salubrité de ce pays.

On divise les landes en grandes landes, petites landes et en landes du Médoc.

Les premières sont les plus stériles ; ce sont celles qui forment toute la partie S.-S.-O. du département.

Les petites landes sont celles qui forment la partie orientale du plateau, touchent à la zone graveleuse, et sont inclinées vers l'E.-N.-E.; elles sont généralement les plus fertiles et les plus cultivées.

Les landes du Médoc sont comprises entre la route de Bordeaux à Arcachon, le bassin d'Arcachon, les dunes et la route départementale de Bordeaux à Lesparre,

On trouve, surtout dans les grandes landes, des espaces considérables où un sable pareil à celui des dunes se montre presque sans mélange et recouvre le sol d'une nappe qui paraît entièrement stérile. Il existe même dans les communes de Saint-Médard-en-JaUe, de Salles, de Mios, de Béliet et de Belin, des sables encore mobiles et de petites chaînes de dunea qu'une faible végétation a axées

Voici, d'après M. Baudrimont, le résultat de l'analyse des terres des landes :

Humidité

Matières prganiques| ^^li^^l]

Acide carbonique

Oxyde de fer

Alumine.

Chaux

Magnésie

Résidu insoluble (sable siliceux).

Complément

TERRES DE SALLES CulM !• Mb

■M eilUféii.

eiiaié«.

Tnccal ftiu

MUUlN.

TERRES DE CESTAS

tim II toijm

1,900 0,061 4.400 0,200 traces.

■M caltlfia.

traces.

traces.

La couche végétale des landes repose sur l'alios, sur l'argile ou sur le sable. Elle a \me épaisseur moyenne de 40 à 80 centimètres. Plus l'alios est près de la surface, moins le sol est fertile ou fertilisable.

Le sous-sol argileux de nos landes forme une bande principale qui s'étend de Sainte-Hélène à Salaunes, à Pessac, à Gradignan, à Canéjan et à Belin. L'argile qui le forme est exploitée sur plusieurs points; elle produit souvent des briques réfractaires de première qualité.

L'alios est le sous-sol le plus commun. C'est un composé de sable supérieur de la lande, agglutiné par des matières végétales qui forment une sorte de ciment organique complètement imperméable, sans fissure ni crevasse.

Soumis à l'action de l'air ou du soleil, l'alios se décompose peu à peu et donne le sable supérieur de la lande, le feu produit le même résultat. Soumis à l'action de l'eau et de la chaleur, il produit une substance acide.

Les causes de la formation de l'alios sont inconnues ; dans toute l'étendue de la lande on le trouve identique, plus ou moins dur, à peu près à la même distance de la surface, quels que soient les accidents du terrain, et présentant une couleur jaune brun ou brun très-foncé.

Nous donnons ci-après les résultats des analyses de l'alios de nos landes faites par M« Fauré, et plus tard par M. Baudrimont.

cHia>rraB m, — le sol, S£S aspbcts, sa. naturb. 37

Diaprés M. Fauré, 100 parties d^alios de couleur noire contiennent :

Sable 88 à 90 parties.

Matières végétales 12 à 10 parties, divisées en

Géine ou ulmine. . 5 à 6 p.

Extrait de terreau 1 à 2 p.

Albumine végétale 2 à 3 p.

La calcination de 100 parties de cette matière végétale desséchée donne 16 à 17 parties de cendres formées d'alumine, de silice^ d'oxyde de fer et de chaux.

L'alios de couleur jaune contient :

Sable 92 à95 parties. ( ^5*^»^* ^^ *«rreau. 2 p.

Matiôres vécétales 8 à 5 uarties. formées de l Y^*°® * : ' /« P •

Albumine 2 p.

•100 100 l Pectine «/.p.

100 parties de cette matière végétale sèche donnent 26 à 30 parties de cendres contenant : oxyde de fer, alumine, silice et chaux.

M. A. Baudrimont, voulant vériâer la présence de l'albumine dans Talios, a déterminé comme suit la quantité d'azote et de matières minérales qu'il contient (*).

ALios JAUMB BRUN EN MASSE, pesaut, appôs pulvérisation, 152^ le décilitre.

Matières organiques 0,027 | ^^^i^-^^. JSf ^

Résidu minéral 0,973,000

AUOS JAUNE BRUN AYANT UNE APPARENCE 8CORIAC6e pCSaut 165S^ le décilitfe.

Matières organiques 0,030 } ^^i^^C. offiol

Matières minérales 0,970,000

ALios BRUN TRÂs-FONCé, pesaut 1366T lo décilitre.

Matières organiques 0,26 j ^^piéi^^ii:. oSifsO

Matières minérales 0,974.000

Dans ces dernières analyses, la quantité de matière minérale ou de sable siliceux demeure constamment les 0,97 du produit. Cette quantité est de beaucoup supérieure à celle obtenue par Fauré, et elle démontre que Talios contient plus ou moins de matières organiques, suivant les localités oii on l'étudié.

Au point de vue physique, on peut distinguer deux espèces d'alios :

P ralios friable, qui se désagrège promptement à l'air, ou même se divise entre les doigts ; c'est le plus commun ; on le trouve par plaques interrompues, mais quelquefois très-vastes; son épaisseur varie de 10 à 50 centimètres.

2® VaMoi dur, moins répandu, dont la couche atteint rarement 20 centimètres d'épaisseur, s'étend comme une table et presque à la surface sur de grandes portions du territoire, dont il suit les ondulations.

0 II a pris de Talios recueilli & Gestas, dans la propriété de feu M. Fieffé.

88 LIVBK I« — TOPOORA.PHIE»

Dès 1852 y M. Baudrimont, et depuis plusieurs autres savants, ont considéré Palios comme une formation moderne due à la Y%étation même pour laquelle il est aujourd'hui quelquefois un obstacle, car il est utile de Penlever ou de le défoncer avec le pic ou la pioche pour assurer le succès de certaines plantations.

Culture, assainissement et incendies des landes. — Le pin maritime et le chêne noir en taillis prospèrent dans le sable des landes, à condition que les arbres soient intelligemment espacés en raison inverse de la profondeur du sol.

Le seigle et les différentes sortes de millet sont les seuls grains dont il admette la culture, par suite de Pabsence de la matière calcaire.

Rien de plus mélancolique et de plus monotone que Paspect des landes, surtout lorsque de leurs silencieuses forêts on entre dans la lande rase, dans ces plaines où Pœil ne découvre jusqu^à l'horizon que des steppes arides, des bruyères, et de loin en loin un bouquet de pin maritime ou quelque maigre troupeau de brebis avec son pasteur monté sur des échasses.

En été, c'est la sécheresse et la nudité des déserts de l'Afrique ; en hiver c'est le froid tableau des marais de la Sibérie.

Quelle est donc la culture qui puisse s'accommoder d'un tel sol? Quels sont les hommes qui sans être décimés par les fièvres et les maladies peuvent vivre dans ces conditions?

Mais, après ce triste tableau, encore malheureusement trop exact pour quelques parties de nos landes, nous devons ajouter que depuis une vingtaine d'années, sous l'impulsion et les indications de M. Chambrelent, ingénieur en chef du service hydraulique de la Gironde, on est arrivé — point capital — à dessécher à peu de frais, par un système de petits canaux à ciel ouvert, de vastes étendues de landes jadis stériles, et ou l'on trouve maintenant de splendides forêts de pins et de chênes, et de beaux champs de seigle et de millet.

Plusieurs essais et divers projets d'assainissement et de dessèchement des landes n'avaient pas abouti, lorsque M. Chambrelent reconnut que cette région, au lieu de former un vaste plateau, présentait au contraire depuis le faite jusqu'au versant des vallées, et dans les deux sens perpendiculaires, des inclinaisons, très-légères il est vrai, mais presque, constantes, et que l'horizontalité n'existait que sur une très-faible étendue de la contrée.

11 était donc possible de conduire les eaux stagnantes jusqu'aux nombreux affluents ou sous-affluents de la Garonne, de la Leyre ou des étangs du littoral.

Ayant de plus constaté que les irrégularités de la surface, qui forment les flaques d'eau, n'ont pas plus de 30 centimètres de hauteur, M. Chambrelent proposa dès 1819 d'ouvrir de loin en loin, vu la perméabilité du sol, des fossés de 1 m. 20 c. de largeur à la gueule, sur 40 à 50 centimètres de profondeur, dont le fond soit bien parallèle à la pente générale du terrain. Cette pente n'ayant que 0™001°» à 0^003™ par mètre, il en déduisit que l'eau s'écoulerait doucement sans corroder les bords des fossés et sans provoquer leur curage fréquent. 400 m. de fossés par hect.

CHAPiraB m. — lb sol» sbs aspbots, sa. nature. 39

coûtant 5 C3ntîmes par mètre courant (^), portaient à 20 fc, par hect. le coût de ce drainage^^à cieljouvert.

M. Chambrelent appliqua dès 1849 son système d^assainîssement sur une grande échelle dans le domaine de Saint- Alban. Au mois de mars 1850 des semis de pins et de glands furent exécutes, alors qu'on ne peut les faire ordinairement que beaucoup plus tard.

Les pluies du printemps favorisèrent la germination de ces graines, la T^tation fut très-active, et lorsqu'arrivèrent les fortes chaleurs de l'été les jeunes plants étaient déjà assez forts pour supporter la température et la sécheresse qui détruit presque toujours les semis faits au mois de mai ou de juin lorsqu'on attend que les eaux pluviales de l'hiver se soient évaporées ou écoulées.

En 1855, le jury de l'Exposition universelle se transporta au milieu des semis de M. Chambrelent, constata leur pousse extraordinaire; et considérant que M. Chambrelent avait trouvé le moyen de mettre en valeur une terre stérile ou depuis longtemps toutes les tentatives de mise en culture avaient échoué, qu'il avait opéré sur une grande échelle et résolu un problème d'intérêt national, il proposa de lui décerner une grande médaille d'or de première classe et la croix de la Légion d'honneur.

Ces hautes récompenses furent données à M. Chambrelent.

Cette mise en valeur des landes de Gascogne a été prescrite par la loi du 19 juin 1857, à la suite de laquelle les communes ont vendu une partie de leurs landes communales, à charge pour les acheteurs de les ensemencer dans un court délai.

Cet ensemencement des landes, plein de féconds résultats, a été exécuté dans quelques localités peut-être trop rapidement, avant que les pasteurs aient eu le temps de comprendre ce qu'ils auraient à gagner à voir se modifier le système pastoral avec lequel ils étaient habitués à vivre de génération en génération.

Au fur et à mesure que les semis ont couvert les landes rases, les troupeaux de brebis ont dû momentanément diminuer de nombre et d'importance. La diminution des troupeaux a restreint la production des engrais, et dans ces landes au sol aride, sans engrais, pas de céréales, ni petits grains ni légumes.

Les revenus des bergers et des métayers, déjà presque tous fort pauvres ont donc, pour quelque temps, diminué avec la disparition des vastes pacages communaux, et beaucoup de personnes ont attribué à la vengeance ou au sentiment de conservation mal entendu les nombreux incendies qui ont éclaté depuis quelques années, surtout en 1870 et 1871 parmi les jeunes semis de pins, sans qu'on ait pu en découvrir la cause certaine.

Un très-long rapport de plus de 400 pages in-4o, adressé au Ministre des Finances à la suite de l'enquête faite en 1873 sur ces incendies contient des avis très-différents et très-nombreux sur les causes de ces

(V' Dans beaucoup^de contrées, ce prix'de^maia-d'œuvre a doublé; mais trôs-souvenL oar suite (les nouvelles routes munies de fossés qui traversent nos landes, les DroDrlétaîTAii peuTent dessécher un hectare de landes avec 200 mètrss de fossés. f i' muob

40 LIVRE l» — TOPOGRAPaUS.

incendies : Timprudence des fumeurs et des ouvriers qui travaillent dans les bois, les machines locomotives, les chasseurs, la prétendue inflammation spontanée des bruyères sèches, souvent produite par Tincinération sans mesure de précaution suffisante, des landes avoisinant les forêts de pins, enân la malveillance, paraissent être les causes de ces incendies au sujet desquels le rapport que nous venons de citer renferme dans ses dépositions écrites ou verbales de précieux renseignements sur la culture de nos landes et Pexploitation de leurs forêts de pins.

Ce rapport évalue l'étendue des forêts de pins incendiées de 1868 à 1872 dans la Gironde à 29,416 hect., sur lesquels 21,866 hect. ont brûlé en 18*70; 11,526 hect. de bois provenaient des semis exécutés en vertu de la loi de 1857, et 17,870 hect. étaient des bois plus anciens.

En sonmie, Paspect des landes de la Gironde a beaucoup changé depuis quelques années; les grandes landes, où Tœil ne pouvait découvrir k rhorizon le moindre bouquet d'arbres, sont rares ; presque partout on a créé des bois plus ou moins considérables ; et aujourd'hui les chemins de fer qui traversent ces pays autrefois stériles, ne peuvent suffire à l'exploitation de leurs bois et de leurs résines; plusieurs projets sont à l'étude pour créer une ligne nouvelle qui longerait les forêts et les étangs du littoral. (Voir dans notre livre IX, ch. des Ponts et Chaussées, une notice sur le nouveau chemin de fer des landes).

Au point de vue de la santé et de la salubrité publiques, les travaux d'assainissement des landes et leur ensemencement ont été un immense bienfait pour ce pays déshérité de la nature.

Dans chacune des communes assainies, il a été fait un relevé des décès et des naissances depuis l'année 1855 jusqu'au 31 décembre 1864 (^). 11 en résulte que de 1855 à 1858, époque oii commençait à se faire sentir l'effet des premiers travaux d'assainissement exécutés par des proprié- ' taires isolés, la diminution du nombre des décès sur celui des naissances a été de 14 7©; de 1858 à 1861, cette diminution a été de 27 %; enfin, de 1861 à 1865, le nombre des décès a été moindre de 44 7o ^^6 celui des naissances.

Les rapports de plusieurs médecins des landes confirment ces rapports officiels ai concluants, en attestant qu'ils emploient 10 fois moins de sulfate de quinine depuis les travaux d'assainissement des landes.

D'après les renseignements officiels, les 32 communes où il y avait à faire sur les communaux des travaux d'assainissement du sol au moment de la promulgation de la loi du 19 juin 1857, 30 ont exécuté ces travaux,

s'étendant sur une superficie de 99,070 hect.

Pour compléter l'étendue des landes communales de la Gironde à mettre en culture en 1857, il faut ajouter celle des 17 communes ne possédant que de faibles étendues de landes suffisamment assainies par la configuration du sol 7,546 »

Total 106,616 hect.

(*) Voir Procès-verbaux des déUbératioDS du Goaseil gôuôral de la Girondo, session de ISSS.

CHAPIT&S Ot. — I.E SOL, S£S .VSr'iiCTS, SA, NATURE. il

Dans ces 99,070 hect. de landes assikinics, 575,000 m. de foaaéa et ÎOO m. de ruÎBSeaux ou cras'tes out été créés ou amélioréa sous 1& direction du service hydraulique. Cet assainissement a coûté 552,469 fif., M qui &il envirao 6 fr. 19 c. par hectare.

Le« 106,616 hect. de landeij communakM peuvent être divisés comme

Au point de vue de l'aliénation :

Laodes aliëiiëes 45,603 hect.

Landes A alii^-ner (projet de vente) 12,266 —

Chemins, passes et garde-Teux iit<stiaés à

t'eiploitatiOD des laudes aliénées 1.GO0 ~

Laodes restant communales 47,147 —

106,615 hect.

Au point de vne de la mise en culture :

Landes aliénées mises en culiuro 45.603 hect.

Landes cootiuuDaleB mises en culture 18,059 —

Passes et garde-feuï 1,600 —

Landes à cnsemoncor 41,354 —

106,616 hect.

Prix moyen de l'ensemencement, S fr. En y ajoutant le prix de Tassai ni ssement, on arrive à un prix niuvcn de 14 fr. par hectare pour les frais de mise en culture.

Dans le chapitre sii de notre livre VI (Agriculture), nous entrons dans quelques détails sur la culture et l'eip loi talion du pin maritime. Qu'il nous suffise do dire maintenant que, prSce aux travaux d'assainissement qui ont été exécutés, un hectare de landes dont l'achat et la mise en culture coûte au maximum 350 fr., donne, au bout de trente ans, un produit net de 2,000 fr.

Les travaux faits en vue de l'asâulnissement de nos landes sont en parfait état d'entretien. Les jeunes pins sont très-beaux partout oii ils om été cultivés avec intelligence et e.-ipucés, conune nous l'avons dit précédemment, en proportion inverse île l'épaisseur de la couche Te^Ialo. Mais les incendies dont nawi venons de parler ont enrayé en bian des endroits les travaux d'ensemencement destinés h, transformer la physionomie de nos landes et à modifier la vie de leurs habitants, pua Tsméliorer dans l'aveuir, en augmentant la forttme des propriétaires Bt mile du pays, qui trouve dans le développement de l'agriculture une de ses sources de richesse les plus réelles.

Plusieurs routes agricoles aujourd'hui classées chemins de grande conmmni cation, créées par l'État avec le concours de la Compagnie du yiili dans nos landes de Gascoi^nc, à charge par le département de les entretenir à partir de la onzième mm'''e de leur création, ont été les plus gnmds bienfaits qu'il fût possible de donner b ces populations déshéritées. L« avantagea qui en sont résultés pour les localités traversées ont été

42 LIVRE J^ — TOPOOIUPHIB.

tels, que de tous côtés on réclame de nouvelles voies qui serviraient au bien-être matériel et au progrès intellectuel de ces populations. Elles concourraient aussi à prévenir les incendies, en même temps qu^elles seraient les meilleurs pare-feux pour les arrêter.

Les landes sableuses de notre département ne sont pas toutes réunies sur la rive gauche de la Craronne et de la Gironde ; le N.-E. des arrondissements de Blaje et de Libourne nous offre de vastes plateaux sableux présentant k peu près les mêmes cultures et le même aspect que les petites landes; quelquoEhuns s^en distinguent cependant par des règes de vignes blanches (enrageât) plantées de loin en loin.

3° Les graves. — Dans le département, on désigne sous le nom de graves ce manteau de graviers, mêlés de sablon, de sable ou de terre, qui couvre quelques-uns des plateaux et les collines ondulées entre lesquelles serpentent nos vallées. On le remarque principalement sur la rive gauche de la Garonne et de la Gironde, oh il occupe une zone presque continue depuis Langon jusqu'à Saint- Vivien. La longueur de cette zone est de 140 kilom.; sa largeur varie de 5 à 10 kilom. A 57 kilom. au-dessous de Langon, à partir de la commune de Blanquefort, elle prend le nom de Médoc jusqu'à son extrémité.

Pareille nappe de graviers se montre rarement dans les landes, et seulement en lambeaux superficiels; mais on la trouve sur plusieurs plaines hautes, voisines des confluents de la Garonne et de la Dordogne (canton du Carbon-Blanc), de la Dordogne et de l'Isle (à Pomerol). On la trouve encore au sommet de quelques coteaux. Un des bancs graveleux les plus curieux dans cette position élevée et isolée est celui qu'on trouve à Saint- André, près de Sainte-Foy.

Sur les rives de nos grands cours d'eau, ces graviers sont recouverts par des couches d'alluvions plus ou moins épaisses. Les îles de la Garonne et de la Gironde ont presque toutes ce sous-sol de gravier, à une plus ou moins grande profondeur, et produisent des vins d'autant meilleurs que cet excellent sous-sol est moins profond.

Ces nappes de graviers à la surface du sol ou en sous-sol ont une épaisseur qui varie de quelques centimètres à 3 m., et quelquefois plus. Ce sont en grande partie des quartz roulés, ovoïdes, jaunâtres ou blancs, souvent translucides, quelquefois même transparents, d'une très belle eau et susceptibles de poli : ces derniers sont connus dans le commerce sous le nom de cailloux du Médoc,

Les graves voisines de la Dordogne renferment] quelques silex de la craie; celles des environs de Bordeaux offrent en petit nombre des silex d'eau douce.

Les graves mêlées (dans des proportions qui varient beaucoup) d'une terre argileuse ou argilo-mameuse et d'une grande quantité de sable quartzeux, reposent quelquefois sur l'argile, dans quelques endroits sur le roc, et près des landes sur un lit de gros sablons liés par les infiltrations d'une matière végétale brune provenant de la décomposition des bruyères et par un ciment ferrugineux, espèce de]] poudingue^ grossier, tantôt friable^ tantôt excessivement dur, que nous avons décrit page 36 sou9 1q

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