‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 312 sur 701 · CHAPITRE V. — DES MALADIES DK LA VI'JNE. 41 L · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — DES MALADIES DK LA VI'JNE. 41 L

2" Eumolopus vitis, appelé liseUe, écrivain ou coupe-bourgeony et dans le édoc, chèvre. Cet insecte ronge les feuilles, les grains de raisin même, i y trace en le rongeant des dessins qui lui ont valu le nom (T écrivain, e tous les insectes qui vivent aux dépens de la vigne, c'est Tun des us destructeurs. Il coupe les pétioles et les feuilles, alors même qu'ils it pris un certain développement.

3® Procris. — Cette chenille, dont le papillon est très-joli, fait beaucoup 3 mal aux bourgeons de nos vignes.

4*> La Pyrale, — Cette chenille, aujourd'hui bien connue et même indue célèbre par les remarquables travaux d'Audouin, est surtout ^doutée des viticulteurs bourguignons. Elle exerce aussi ses ravages ins nos vignobles durant certaines années. L'ébouillantage de ses œufs >t alors pratiqué ici comme en Bourgogne.

5® UMucàlore ou Anamala vitiSy sorte de hanneton verdâtre, est encore a grand destructeur des bourgeons de nos vignes.

6® La larve du Melolontha vidgaris ou hanneton, connu dans le départelent sous le nom de ver-àlanc, est plus particulièrement funeste aux ignés de palus. Pendant les trois années qu'elle passe sous terre, elle :taque les jeunes plants, dont elle ronge les racines naissantes. Cette rvefait beaucoup moins de mal dans les vignobles tjue dans les jardins ^tagers, où elle est réellement redoutable.

"î" VApate Dentala fait souvent ses galeries de ponte dans les sarments, i les frappe de mort.

8° VAltisey appelée vulgairement^»^;^ de la vigne^ est un coléoptère qui )nge les bourgeons et les feuilles. Nos viticulteurs lui font la chasse vec l'acide phénique dilué ou ses dérivés, ainsi qu'avec les vapeurs B soufre.

9^* Les Limaces^ appelées loches^ font beaucoup de mal à nos vignes en langeant les feuilles naissantes.

10** Escargots, — Différentes espèces de limaçons (hélices) font de rands dégâts dans nos vignobles, co sont : le Nemoralls et VHortensis ans les lieux frais, le Variabilis et le Carthusiana dans les lieux secs, et ts^ nombreuses variétés de VAspersa dans tous les vignobles. Cette ernière espèce est la plus répandue dans les vignes de la Gironde.

Tous ces animaux envahissent souvent nos vignobles en si grand ombre qu'une fois développés, il devient impossible de les détruire, 'ans le but d'en diminuer le nombre, certains viticulteurs girondins annent à leurs vignes le premier labour de très-bonne heure, au moment es grands froids, de façon à faire périr des œufs et des larves.

Dans les grands vignobles, surtout en Médoc, on fait une chasse active tous ces ennemis de la vigne, principalement aux escargots, soit nu loyen de femmes et d'enfants chargés de ramasser ces mollusques et les quilles roulées par l'eumolpe, soit au moyen de compagnies de poules et B canards affamés, lancés dans les vignes pour s'y nourrir des insectes arasites de cet arbuste ; ce dernier moyen est, dit-on, le meilleur.

Il nous reste à parler des deux fléaux les plus graves que les viticulteurs irondins aient à combattre aujourd'hui : l'oïdium et le phylloxéra.

V Oïdium. — Ce champignon fut aperçu pour la première fois en 1845, sur des treilles de serre chaude, par un jardinier nommé Tucker. Et en 1847, il fut décrit et nommé oïdium Tuckeri par le naturaliste anglais Berkeley.

II fit son apparition dans le département de la Gironde en 1851 .

Son développement fut rapide, et dès 1853 le vignoble girondin était presque partout frappé de stérilité.

Notre cadre ne nous permet pas d'entreprendre ici l'étude de la nouvelle maladie que caractérisait? ce champignon et les nombreuses théories et discussions scientifiques qu'il suggéra dans le monde des savants ou daiis celui des viticulteurs.

Nous nous bornerons à rappeler que, de 1848 à 1852, le soufre en pouc' e, d'abord essayé par Kyle sur quelques treilles et ensuite plus en grand par Rose-Charmeux, était appliqué à la vigne préalablement mouillée par la main de l'homme ou par la rosée; c'est alors que M. le comte de La Vergne expérimenta le soufrage à sec et s'en fit l'apôtre. Dans ce but, il imagina un soufilet perfectionné, écrivit plusieurs mémoires, guides ou manuels, et fit des conférences publiques.

L'opération du soufrage se généralisa bientôt, grâce à lui, dans la Gironde et dans presque toute la France ; M. Mares l'adopta en 1855 et la préconisa dans un Manuel qui a contribué puissamment, surtout dans le Midi, à en répandre l'usage.

Progressivement, le mal a diminué d^intensité, mais il n'a cessé do faire tous les ans, d'un côté ou d'un autre, des apparitions plus ou moins sérieuses. Aujourd'hui, au lieu de faire trois ou quatre soufrages par an, comme on le faisait au début de la maladie, un soufrage fait dans de bonnes conditions, avant la floraison, suffit presque toujours à prévenir le mal, surtout lorsque l'année est sèche. Dans les années humides, il en faut tleux ou trois.

Divers modèles de souffiets sont employés dans le département de la Gironde à l'opération du soufrage.

La Société d'Agriculture de la Gironde a fait, à ce sujet, en 1857 et en 1877, des expériences comparatives. Il en est résulté que le soufflet modérateur de La Vergne est l'un de ceux qui présentent le plus d'avantages .

Plusieurs modèles de soufreuses à cheval ont été imaginées. Celles de MM. Henri de Vallandé et de l'abbé Durassié sont déjà usitées dans quelques-uns de nos vignobles.

Le phylloxéra, — Une nouvelle maladie de la vigne, caractérisée par la mort lente de cet arbuste et la présence de l'insecte phylloxei*a vastatrix sur ses racines, est un fléau autrement grave que ne l'a jamais été l'oïdium. Ce dernier a détruit nos récoltes dans une plus ou moins grande proportion, tandis que la nouvelle maladie menace nos vignobles d'une ruine complète, sans qu'on ait pu trouver jusqu'à présent un moyen pratique pour l'enrayer ou la circonscrire.

Nous n'avons pas à entrer ici dans la description de cette nouvelle maladie de la vigne et de l'insect-e phylloxéra, ni à faire l'étude des

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