CHAPITRE V. — CULTURE DE LA VIGNE
&r prix-fait composé de 8 journaux : 7 tonneaux, à 650 fr. 4,550' » Dont il faut déduire :
100 d'escompte et courtage 318 ■) ^qq
100 de consommation pendant les 6 premiers mois. 182 • i
en retranchons les frais de culture ci-dessus 2 853 »
is pour revenu net de 2 hectares 50 ares i,197f »
on 440 fr. pour un hectare, lesquels, capitalisés à 6 p. 100, i Phectare de vigne du canton de Pauîllac une valeur de
pour les vins bourgeois ordinaires. Nous remarquerons que iriétaire bourgeois ordinaire possédant un terrain plus fertile du bourgeois supérieur de Margaux, dont nous venons de parler, ser une première économie de 320 fr. sur le fumage. , ne dépensant que le strict nécessaire pour la culture, il a
sur les journées de femmes, sur les lattes et carassons, quoique de Pauillac ait un plus grand nombre de pieds que celui de
3Vons terminer cette étude sur Pexploitation des vignobles
par les observations suivantes que nous empruntons au rapport
i courtiers de vin les plus expérimentés de Bordeaux, M. Am.
it d^ne propriété de grands vins de Médoc doit être considéré
chat d^une propriété industrielle ; il faut des capitaux toujours
3 pour faire valoir cette propriété : tous les ans il faut avancer
200 fr. par hectare et souvent plusieurs années de suite sans
s récoltes, qui sont quelquefois vendues en primeur, mais
is au bout de deux ou trois ans seulement.
ès-bonne administration, l'expérience de ce genre de propriété,
oujours disponibles, le savoir-faire dans les ventes de vin, etc.,
t de conditions nécessaires au propriétaire, qui ne doit pas
i variations excessives des produits des récoltes de vin fin
s chances heureuses ou malheureuses auxquelles ces récoltes
ies et dont il a été parlé plus haut (p. 469). De ïk des récoltes
ou réduites, des produits bons ou mauvais.
'constances variées, capricieuses, sont la cause dans ime même
'ésultats bien différents chez les propriétaires d'une même
8 vins. Pour la même récolte, on a vu des propriétaires
ï aux quartiers réussis faire de très-beaux revenus, tandis
'autres localités moins bien partagées, soit que la quantité
[ué ou que la qualité laissât à désirer, les propriétaires se
tn déficit.
ijouter à toutes ces chances que les récoltes de vin fin, même les plus remarquables, sont exposées dans leur réalisation xses politiques ou aux crises commerciales ('). Certaines iussite parfaite qui auraient dû donner les plus beaux revenus
e 9ur kspria des tins de Médoc et leur classijication, doiM notre (orao I^r, p. 484.
ont donné de la sorte les résultats les plus onéreux ; nous citerons comme exemple les années 1847 et 1848.
» On ne peut en aucun cas arrêter les frais de culture, pas même les diminuer : ce serait attaquer le capital représenté par le vignoble, le compromettre, le perdre. Les vignes du Médoc, dont le sol est peu fertile, ne vivent que par des soins continuels, incessants. »
Le propriétaire d^un grand crû de Médoc qui, connaissant toutes ces difficultés, possède les fonds et le savoir-faire nécessaire pour les surmonter, trouve de très-beaux revenus, tandis que son proche voisin moins habile peut trouver la ruine. Ce cas se présente aussi souvent en viticulture qu'en industrie, et, tout comme une usine bien conduite, nos grands vignobles médocains, habilement dirigés, donnent, en prenant une moyenne de dix ans, des revenus qui dépassent souvent 5 et 6 p. 100 et qui peuvent s'élever à 7, 8 et même 10 p. 100 (*).
Dans les graves des environs de Bordeaux, la culture de la vigne est pratiquée de différentes façons : à bras ou à l'araire, au prix-fait pour certains travaux, par des domestiques payés à la journée ou à l'année pour d'autres, ou entièrement par des domestiques dans certains vignobles. Ce dernier mode est plus généralement usité à Pessac et dans les communes voisines de Bordeaux.
Les vignes cultivées à bras deviennent tous les jours plus rares. Elles sont disposées par platains de trois ou quatre rangs dans les graves sèches, et de deux rangs dans les terrains plus gras, de manière à faciliter l'écoulement des eaux. Les pieds de vigne sont plantés k 1"^10 environ
(1) Voir Jouaanet, t. II, 1"^ partie, p.. 380, pour le détail des frais du culture ot des revenus do nos viguobles dans les ditTérentos parties de notre département il y a quarante ans.
Nous croyons intéressant, pour donner une idée de l'augmentation énorme qu'ont subie ces frais de culture, de donner leur estimation i)our un prix-fait de vigne de la commune do Soussans près Margaux :
Main-d'(cuvre d'un prix-fait de huit journaux contenant 3,000 pieds de vigne iWff
Transport des œuvres ci-après 100
Achat de 7,000 carassons, a 7 fr. 50 c. le mille 5i 90
— de 12 gerbes de vimo, à 3 fr. 50 c. la gerbe a
— de 12 — de pliants, à 1 ff. oO c 18
— de i,000 lattes, à 22 fr. le mille 88
Quatre farous do labour, à 2 sous 6 dcn. les 100 pieds do vigne 120
Pumago chaque annôj de 2,000 pieds, à 9 fr. le mille 18
Achat de 90 mot. c. ou 15 charretées de fumier, à 7 fr. la charrette 106
100 journées de femmes pour arracher le chiendent et enlever les insectes 50
200 — — pour épamprer la vigne et déchaussar le verjus iOO
Tous frais de veudaugo, 8 fr. 50 par tonneau SI
Achat de 24 barri<iues, a 15 tr., plus 9 fr. de transport 869
Kutretion des vaisseaux vinuires ; 15
Transport des 6 tonneaux de vin à Bordeaux 34 59
Courtage 2 p. KiO sur vente de 6 tonneaux, à 500 fr., soit 3,000 fr 60
Escomptes p. 100 du prix de vente 90
Entretien dos clôtures, fossés, etc.... « il
Intérêt des avauces annuelles 73 (3
A réduire pour intempéries, enirelieii dos bdtiments, surveillance, etc 150
Honouvollemcnt du vignoble par 50« et privation du revenu too
Impositions 50
Total 1,938'63
Produit net 1,061 15
Total égal au produit do la vente on primeur do 6 tonneaux, à 500 fr 3,000^
D'après ces données, les frais de culture d'un journal de vigne s'élevaient à 242 fr. 35 c, et les revenus a 132 fr. 65 c. L'hectare de vigne produisait donc, à iSoussans» en movenoe 398fr. uel. ^