CHAPITRE V. — CARACTÈRES DBS RECOLTES DE 1815 A IS'ie
•froides; du 1«' au 4 janvier, le thermomètre descend à 14** au-dessous :éro la nuit, et marque environ 8° au-dessous de zéro le jour. La 3ime charrie de nombreux glaçons, et se trouve prise jusqu'à la 3iiie arche du pont de Bordeaux, fait qui n'a pas été observé depuis le ble hiver de 1829-1830.
3 5 janvier, le dégel commence lentement, et se fait irrégulièrement ; grande partie des vignes de la Gironde est gelée, du collet de la racine xtrémité des sarments, surtout les vignes exposées au midi ou situées I les bas-fonds.
irec le mois de février arrive \m temps relativement chaud ; la vigne urre rapidement, et Ton peut reconnaître, dans les premiers jours de !, que plus des deux tiers de nos vignes ne poussent pas ou ne donnent 3 de vie qu'au collet de la racine, et sur le vieux bois. Et là ne s'arrêpas les pertes des vignerons : dans les matinées des 30 et 31 mars, 3rmomètre redescend rapidement au-dessous de zéro, et une grande e des jeunes pousses, déjà assez avancées, sont détruites, surtout les palus. En avril et mai, temps variable, gelée légère dans la nuit juin. La température continue à être humide et fraîche jusqu'en
En août, grande sécheresse, qui retarde la véraison. En septembre, ireux orages.
maturation est inégale ; les vendanges commencent le 17 septembre ffectuent presque partout dans de mauvaises conditions. } vins rouges sont faibles en couleur et en alcool; ils ont de la verdans la plupart des crûs et sont classés au rang des petites années, is devons ajouter que, relativement à leur qualité, leur développement aussi bon que possible et qu'ils ont donné lieu à des transactions ageuses pour le commerce.
is tous les vignobles peu atteints par les rigueurs de l'hiver, la 3 dépasse 18*70 conmie quantité.
vins blancs sont ordinaires. 11 faut faire une exception pour un a nombre de crûs classés oîi les vins ont pu être d'un bon emploi. 2. — L'hiver commence par être très-froid, mais les mois de février *s sont relativement très-chauds ; en avril les froids recommencent, .3 mai on constate une petite gelée matinale qui heureusement ne %s de mal. Les chaleurs ne deviennent franches que le 13 juin, et uent, souvent très-fortes, jusqu'aux vendanges, qui conmiencent septembre et ne sont terminées que le 15 octobre, les pluies ayant it arrêté cette opération.
vins rouges sont généralement francs de goût et assez colorés ; ils Lent de bonne maturité, mais n'en sont pas moins bien marchands, classe aujourd'hui au rang des bonnes années ordinaires. ;es aux pluies qui ont précédé et accompagné les vendanges, on a fait ensenible du département un peu plus de la moitié d'une moyenne, vins blancs de Sauternes sont récoltés au milieu de pluies presque lelles, pendant que la Garonne déborde de tous côtés; aussi se ent-ils de ces circonstances, et ne peut-on les classer que parmi ées très-ordinaires.
1873. — Hiver doux et humide. Les chaleurs commencent le 25 mars, et la pousse de la vigne marche rapidement. Vers le 5 avril le temps se rafraîchit, les matinées sont très-froides; les 25 et 26 avril, des gelées par rayonnement font beaucoup de mal à la vigne; le 27, au matin, le thermomètre descend à 4° au-dessous de zéro, et les nuages artificiels qui avaient réussi la veille sont impuis^sants contre une gelée par refroidissement, qui atteint toutes les parties de notre département.
Quelques jours après ce désastre on peut estimer que, dans Tensemble, la gelée a détruit les trois quarts de la récolte, sur laquelle on avait de très-belles espérances. Dans le pays de Sauternes, les neuf dixièmes sont perdus; en Médoc, on estime les pertes à un quart pour les communes voisines du fleuve, et aux trois quarts pour celles qui en sont éloignées.
Le mois de mai offre im temps très-variable, généralement frais. En juin, les chaleurs augmentent et la grêle ravage à plusieurs reprises différentes parties de nos vignobles. Durant le mois de juillet et les trois premières semaines d^août, le temps est très-chaud; il se rafraîchit du 26 août au 18 septembre, mais à ce moment les chaleurs reprennent, et les vendanges commencent en Médoc le 22 septembre, dans d^excellentes conditions, pour ce que la gelée et la grêle avaient épargné.
Les vins rouges sont francs de goût, ont une belle couleur, mais laissent à désirer comme corps et moelleux; néanmoins, nous devons constater que depuis leur mise en barriques, ces vina semblent s'améliorer chaque jour, et nous font espérer, par suite, des progrès soutenus.
Dans les parties du vignoble girondin qui ont été le plus gelées, la maturation ayant été très -inégale, les réussites sont généralement moins bonnes.
Plus des neuf dixièmes des vignobles blancs fins sont ravagés par la gelée du 27 avril. Seuls, les crûs situés sur des hauteurs ont eu quelques tonneaux de qualité ordinaire.
1874. — Hiver doux, printemps très-variable offrant des alternatives brusques de chaleurs assez fortes et de froids très- vifs; du 4 au 13 mai des gelées printanières atteignent plusieurs parties du vignoble girondin , mais le temps étant resté presque toujours sec et couvert, le mal est peu considérable ; les vignobles de palus, qui ont été naturellement les plus atteints, n'ont pas perdu en moyenne plus du quart des espérances magnifiques qu'ils donnaient aux propriétaires dès le mois d'avril.
Vers le 15 mai, les chaleurs reprennent un peu, heureusement pour la vigne, dont la végétation languissait dans beaucoup de contrées. En juin arrivent de fortes chaleurs, accompagnées d'orages fréquents; la floraison a lieu d'une façon assez heureuse; mais dans la nuit du 20 au 21 juin un orage mémorable, accompagné d'une grêle extraordinaire, ravage sur don passage des deux tiers aux trois quarts de toutes les récoltes pendantes. Dans beaucoup de domaines on ne voit pas un épi de blé debout, pas une manne sur pied. Cet orage suit le trajet suivant : Arcachon, La Brède, Léognan, Cadaujac, Latresne, Carignan, Fargues, Nérigean, Moulon, Saint-Sulpice, et tous les coteaux du Saint-Émilionnais jusqu'à Castillon.