‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 344 sur 701 · CHAPITRE VI. — ASSOLEMENTS · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — ASSOLEMENTS

2^ de vigne, soit 20,000 hectares pour le froment et 20,000 hectares r les autres cultures.

[ous croyons donc qu'on se rapprochera du vrai en augmentant d'un rt les chiffres officiels ci-dessus indiquant le nombre d'hectares consaen 1875 à chaque nature de grain.

S n. — ASSOLEMENTS.

aoique quelques progrès aient été réalisés depuis trente-cinq ans dans ulture et les assolements de nos terres labourables, nous pouvons oduire ce que disait Jouannet en 1840 : « La théorie des assolements )eu connue ou du moins peu suivie dans le département de la Gironde ; itation de différentes cultures sur le même fonds y prend généralement règle l'usage des localités plutôt que les principes de la science ïole. C'est une suite nécessaire de la nature même des terrains, de la irence que la culture de la vigne a dû y obtenir sur toute autre; c'est fsultat de l'ignorance de la classe agricole, et surtout du mode )loitation*des terres ; c'est la conséquence de ce colonage sans avenir ns lumière, qui repousse par la force d'inertie tout ce qui n'est pas ses habitudes : c'est chose malheureusement trop commune en ce que de voir des colons ou métayers, vieillis sur un domaine, deman- , le quitter plutôt que de retourner la glèbe avec un soc qui ne fut L l'usage de leurs pères, plutôt que d'essayer une culture nouvelle cependant l'avantage pour eux-mêmes est évident. » )st sans doute d'heureuses exceptions. Nous pourrions citer plusieurs iétaires qui, luttant avec énergie contre tant d'obstacles, s'efforcent iliorer ici le sort de la classe agricole, en lui donnant l'exemple des )des rationnelles, en introduisant de nouveaux instruments, de aux procédés, de nouvelles cultures ; mais dans un ouvrage de la 3 du nôtre, on doit parler moins des exceptions que des usages les *épandus. Nous allons les exposer, en étudiant séparément chacune gions de notre département.

ides sablenses. — Les landes sableuses de la Gironde, qui com- ^nt la plus grande partie des arrondissements de Bazas, de Bordeaux, iparre et l'extrémité N.-E. de l'arrondissement de Blaye, présentent es parties peu étendues consacrées aux céréales l'étonnant spectacle production incessante sans assolement. Nos agriculteurs landais dent chaque année au même fonds deux récoltes constamment les ( : Tune de seigle, l'autre de millet, millade, maïs ou sarrasin, i épuisement à peu près complet du sol; alors ils défrichent une iToisine pour en faire un nouveau champ de labour, qui sera soumis 3ines cultures un plus ou moins grand nombre d'années, grâce aux !S énergiques qu'on lui fera subir. Pour cultiver ainsi un hectare de 1 faut le fumier d'un troupeau de moutons ayant à sa disposition 10 hectares de landes-pacages.

Ltons que dans quelques parties de ces landes, un peu plus fertiles s cours d'eau principaux, on trouve quelques propriétaires ayant

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adopte un assolement bisannuel comprenant une année le froment, et Tautre le seigle, le maïs, le millet, les pommes de terre au autres légumes.

Dans les terres argilo - calcaires ou argUo • sableuses de nos coteaux ou de nos hauts plateaux, Passolement est généralement bisannuel. Il comprend une année le froment, et Tannée suivante le maïs ou Pavoine, les plantes fourragères ou les légumineuses ; cependant, dans quelques parties de Tarrondissement de Libourne oh les terres sont légères, on a adopté Tassolement triennal suivant : l^® année, froment; 2® année, seigle ou pommes de terre ; 3® année, maïs, légumes ou jachère. Ces terres, argilo-calcaires ou argilo-sableuses, sont en grande partie consacrées à la viticulture ; mais souvent les vignes sont complantées en joualles séparées par un ou plusieurs billons de terres labourables.

Les terres d'alluvions bordant nos grands cours d^eau offrent généralement le même assolement bisannuel que nos terres argilo-calcaires; cependant, dans les alluvions stratifiées des arrondissements de Lesparre et de Blaye appelées matUs, Tassolement est le plus souvent triennal. Une année on sème du froment, Tannée suivante des fèves, des pois ou de Tavoine, et la troisième année ces terres, d'une fertilité exceptionnelle, sont laissées en friche et forment sans aucun soin de bons pacages, où Ton trouve souvent une petite récolte de moutarde venue sans qu'on Tait provoquée et souvent contre le gré des propriétaires. Ces mattes sont d'une fertilité telle qu'on ne les fume jamais.

Dans les mattes ou terres d'alluvions dont les propriétaires font l'élève du bétail sur une grande échelle, une partie des terres sont laissées plusieurs années en prairies ; lorsqu'il est temps de les renverser pour renouveler les gazons, elles sont consacrées un an ou deux à la culture du froment ou de l'avoine. Dans les mattes de l'arrondissement de Blave, quelques propriétaires adoptent l'assolement suivant : V^ année, avoine; 2® année, froment; 3® année, avoine; 4®, 5®, 6® et quelquefois T® année, prairies; puis l'on recommence.

Tels sont les modes d'assolement les plus usités; maintenant, il va de soi que ces règles, générales dans nos usages locaux, sont accompagnées de nombreuses exceptions qui sont la résultante de la nature particulière du sol et du genre de produit qu'on lui demande.

S m. — LABOURS.

Dans le département de la Gironde, les terres destinées à la grande culture sont labourées à la charrue avec traction de bœufs, de vaches ou de chevaux. Le labour à la vapeur n'est encore usité que dans les fermes de M. Pauly à Blanquefort.

Les labours à la bêche ne se font plus que dans quelques vieilles vignes de côtes ou de palus et dans les jardins.

Le nombre des labours annuels varie suivant la nature des cultures, celle du terrain et les usages locaux.

Le labour s'établit soit en billons, soit en planches. Le billon est fait

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