CHAPITRE VI. — CULTURE DE CHAQUE NATURE DE ORAINS
tprès avoir fumé, eemé et recouvert, la première opération eat le :lage: il se fait dans la Gironde vers la fin de février, à la main, avec petite houe. On sarcle deux fois, on luisse ensuite le blé suivre le rs de sa végétation. Comme noua venons de le dire, quelques agricul- -s, après les sarclages, font passer l'araire dans les sillons pour relever terres qui les avaient comblées, faciliter l'écoulement des eaux et le issage du blé en ramenant la terre sur le sommet de la rège. ■ans le Bas-Médoc, aussitôt que la charrue a recouvert la semence, des •faiteurs viennent ouvrir les rag<me» (rigoles) entre les planches ou les ■s pour faciliter l'écoulement des eaux pluviales. A la fin de février, âtelle le blé en ramenant fortement la terre dans le sillon, au point que é paraît être déraciné. II reste ainsi jusqu'au milieu d'atril; pendant élai, on le sarcle; dès que le temps est beau et sec, la charrue passe \ le sillon, relève la terre que le râteau avait abattue, et des journaliers mettent sur la rège, recouvrant le blé de manière à le cacher; mais premières pluies il reparaît plus vigoureux. Cette opération faite avec larrue s'appelle recouvrir; le travail des journaliers se nomme caïqver, soc particulier de charrue prend le nom de recouradey : c'est un soc à lie oreille pour relever la terre des deux côtés.
irsqu'au lieu de fumer on veut employer pour amendement les foura enfouis en vert, aussitôt après la récolte on sème du trèfle, du I, des fèves ou d'autres plantes convenables. Deux mois après, des les abattent le fourrage, et le laboureur l'enfouit par deux tours de rue ; le ritesu ou la herse passe ensuite, et l'on sème, ilglfl et Millet. — Le seigle eat plus particulièrement cultivé dans andes de la Gironde, dans quelques communes sablonneuses des ma de Saint-Ciers-Lalande, de Saint-Savin et de Gultres. Sa culture ffére pas essentiellement de celle du froment; les travaux sont les ïs, seulement ils se font un peu plus tôt; mais dans les landes, où le 'ateur associe constamment le seigle au millet, cette culture présente >articularitês remarquables que nous avons signalées en partie en Rt des assolements, des semailles et des labours, sème le millet (Panicum mi'Jiaceum) en avril, dans le sillon entre ges couvertes de seigle, choisissant pour cette opération une journée ;u.sc. A cette époque, le seigle a déjà une certaine hauteur. On vre la semence très -légèrement. Le seigle, déjà sarclé en février ou ira, l'est encore en mai ; on éclaircit en même temps le millet. Après 'isson du seigle, on chausse le millet; c'est aussi le moment que 3up (le cultivateurs choisissent pour l'éclaircir. Il reçoit un dernier ge au mois d'août et se récolte en septembre.
millet est pour l'habitant des landes un grain précieux. Sa tige hée fournît aux bœufs une très-bonne nourriture. Ajoutez que c'est tcellente ressource pour la basse-cour; la volaille engraissée avec le acquiert une finesse de goiU trèa-prisée des gourmeta; elle se vend rs plus cher que la volaille nourrie Je maïs. Ainsi les landes, dont I seul réveille l'idée de stérilité, présentent des étemlues relativement !3 qui donnent, chaque année, deux récoltes de grain et du fourrage
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sec ; mais ce fait surprenant s^obtient, avons-nous dit plus haut, lorsqu^on possède an moins 20 hectares de pacages et un troupeau de moutons pour donner à un hectare cette fertilité factice.
Seigle et Froment (Méteil) : culture associée. — Cette culture est de jour en jour moins répandue dans le département; on a reconnu qu^un terrain semé en méteil rend toujours moins que si ces deux natures de grains sont cultivées séparément. Les propriétaires qui se livrent à ce genre d^exploitation sèment en octobre et récoltent en juillet.
MaHs. — Le maïs blanc et le jaune surtout sont les espaces les plus cultivées dans le département. Le maïs caragouha est depuis quelques années de plus en plus adopté pour la récolte du grain comme pour* celle des fourrages. Ce que nous avons dit en parlant des divers assolements, a déjà fait connaître comment la culture de ce grain alterne avec celle du froment, du seigle ou des autres produits. On ne fume pas toujours avant de semer le maïs, mais avant cette opération la terre a toujours reçu deux ou trois labours et un tour de herse. Après les semailles, qui se font depuis quelque temps avec un plantoir fort 'ingénieux qu*on pourrait appeler «semoir à maïs», on donne ordinairement à la plante trois façons ou labours à la houe. La première consiste à sarcler et à éclaircir, laissant 4 à 5 décimètres entre chaque pied ; on respecte toujours les plus vigoureux ; la seconde façon, qui consiste à sarcler et à chausser, se donne au moment oîi l'épi va se montrer, et dès qu'il s'est montré on procède à l'étêtement. Quand l'épi est développé, on donne la troisième façon de sarclage, et beaucoup d'agriculteurs sèment en même temps, dans les intervalles, des haricots ou des citrouilles.
Le maïs est cultivé dans tout le département de la Gironde, à l'exception des terres les plus maigres de nos landes, soit pour la récolte du grain, soit pour fourrage. Dans le premier cas, son épi donne un grain qui sert à alimenter la volaille ou qui, réduit en farine, puis en bouillie, forme un mets usité par nos Landais et connu dans la Gironde sous les noms de mioçue, de crucàade, de milhassous, et dans les départements des Landes et des Pyrénées sous le nom de méture.
Les spathes de cette plante sont recherchées pour la literie ; ses feuilles vont à la litière; le reste de sa tige alimente l'âtre du pauvre ou bien on l'incinère avec des écobuages pour en répandre la cendre sur les prairies à titre d'engrais.
Cultivé comme fourrage, le maïs fournit aux bestiaux une nourriture abondante, mais il craint les gelées d'autonme. L'ensillage du maisfourrage prend tous les jours de plus grandes proportions dans notre département.
• Sarrasin ou Blé noir. — On cultive dans nos landes deux genres, deux espèces de sarrasin, le Polyçonum façopyrum et le Polygmum tartaricum; ce dernier craint moins les gelées, il est plus spécialement employé pour la nourriture des animaux. Cette culture, peu répandue, est néanmoins une ressource alimentaire dans nos communes les moins fertiles; elle mériterait peut-être de se propager sur de meilleurs fonds comme moyen d'amendement; semé de mai en août, il peut être enfoui par les