S VI. — MOISSONS
La moisson du seigle précède celle du froment et commence à la fin de juin; celle du froment se fait ordinairement dans la seconde quinzaine de juillet. La récolte du millet a lieu en septembre et celle du maïs en octobre.
A Pexception du maîSj tous ces grains sont le plus souvent sciés avec la faucille, à 2 ou 3 décimètres au-dessus du sol et le millet presque rez terre. L'usage de la faux tend à se généraliser, en attendant que les machines moissonneuses soient devenues, par leur prix, accessibles k tous les cultivateurs.
Quand on se sert de la faux ou des machines moissonneuses, les épis étant plus secoués qu'avec la faucille, on a soin de nioissonner avant que la tige ne soit complètement sèche, pour éviter que les épis ne perdent du grain. Quand le moment de récolter le maïs est arrivé, on détache les épis (panouilles), on les ensache et on les transporte dans un local bien aéré, où ils achèvent de sécher et oîi a lieu leur dépiquage avec la machine appelée égrainoir, qui a presque partout remplacé Tantique barre de fer qui sert encore dans quelques petites propriétés à faire ce travail.
Les javelles de seigle et du froment, séchées sur les règes, sont ensuite mises en gerbes que Ton porte devant la grange ou le grenier. Les gerbiers ne sont ici que temporaires, rarement durent-ils plus de quinze jours, en attendant leur mise en grange ou en gerbières. Beaucoup de propriétaires précautionneux mettent les gerbes en dizeaux (sortes de faisceaux) .
Le millet, après avoir été scié, est disposé sur le sol en petites meules coniques de manière que Pépi ne touche point la terre; il sèche en cet état, puis on le porte dans im local bien aéré.
Le battage des blés se faisait autrefois au fléau. Depuis quelques années ce système a été remplacé presque partout par le rouleau en pierre mu par des chevaux ou des bœufs. Pour dégager le grain des débris de paille, de la balle et de la poussière, on le réunit en tas, puis il est pris avec la pelle et jeté contre le vent. Le blé forme ainsi une roue dont le meilleur grain occupe Torbe extérieure ; la machine appelée tarare ou ventilateur, qui remplit le même but, est encore peu usitée.
N'oublions pas de signaler que les machines à battre ont fait depuis quelques années leur entrée dans notre département, et que, si elles ne sont pas encore nombreuses, elles tendent à le devenir chaque jour davantage ; plusieurs sont mues par la vapeur et sont tirées des meilleures fabriques anglaises.
Le battage du millet se fait ordinairement au fléau.
Dans presque tous les cantons la population des communes sufiit, à peu près, aux travaux de la moisson. Les cantons de Saint-Vivien et de Lesparre sont ceux qui ont le plus souvent besoin de secours étrangers ; ils lui viennent du Blayais et de la Saintonge.
Le travail de la moisson est ordinairement fini, dans la Gironde, vers le 15 août.