S III- — SAUSSAIES ET OSERAIES
.nie (Suflx alba), — Les saussaies, vulgairement nommées auiarèdes, les portions de terrain complantées en saules que Ton cultive pour •umettre à des coupes réglées.
variété blanche (Salis alba) est la plus cultivée dans le département; peuple le bord des ruisseaux, des rivières et des marais. Une autre 3, le saule marceau (Salix capraa), croît spontanément dans les 3 ; mais elle y est généralement peu soignée, bien que sa feuille soit ropre a la nourriture des bestiaux. Nous ne parlerons que du blanc.
saussaies se plantent dans la saison pluvieuse, d^octobre à janvier, int est une pousse de trois ans, forte, sans tache, sans vermoulure, 5 rez-terre.
plantation se fait dans la Gironde avec une tarière à cuiller ou ment au pal; les plants, enfoncés à la profondeur de 0™70, conseru-dessus du sol ime hauteur qui varie de 2*"50 à 3 mètres. Les cultivateurs plantent en lignes, laissant 3 à 4 mètres entre les de façon à donner plus d*air et plus de vigueur aux pied^ et à ;tre au foin qui croît sous les aubarèdes de bien mûrir. oque de la coupe varie selon le plant que l'on a employé. Si c'était tu (plant auquel on laisse toute sa longueur), on l'ététe à quatre jetin se coupe à six ans, et l'arbre n'est en rapport qu'à neuf ans. a employé un barrot (plant de 2°^'70)j on coupe le jetin à quatre t l'arbre est en rapport à six ans; les coupes suivantes sont les.
tablit les saussaies de deux façons différentes, en haute coupe et en mjje. Dans la première, les souches atteignent environ 3 mètres; . deuxième, elles n'ont pas 1 mètre. On préfère la haute coupe >n craint les maraudeurs, la dent du bétail, les ensablements. La 3upe a l'avantage de donner de plus beaux produits. ule croît fort vite et jette beaucoup de bois; mais, en général, il
548 LIVRE VI. — AGRirrLTURE.
ne vit pas longtemps dans notre département parce qu'on coupe sa tête trop horizontalement. Alors elle s'excave par l'effet du séjour des eaux pluviales; le tronc se carie, et devient le séjour d'une grande quantité d'insectes. Au milieu des débris accumulés par ces insectes et par le vent, on voit croître des plantes parasites et tout l'intérieur du tronc se carier. Le saule réduit à sa seule écorce s'abat sous l'action d'un vent impétueux ou d'un choc quelconque.
Le saule fournit des échalas, des perches pour les tourneurs de chaises et des fagots connus sous le nom d'^aubarins. Les échalas se débitent par faix de 13 échalas ayant i mètres de long, de 25 ayant 2™60 de long et de 50 ayant 2"^33 de long.
Osier. — Dans le département de la Gironde, on cultive deux espèces d'osier : 1" le Salix viminalis ou vime blanc, qui sert à la vannerie fine; 2° le Saïix vitellina, appelé vime jaune ou vime brûlé, qui sert à lier la vigne et les cercles.
L'osier demande une bonne terre d'alluvion profonde et fraîche ou de bons terrains de marais. Apres avoir bien labouré, hersé et aplani le sol, on plante l'osier, avec un plantoir long de 1 mètre, dans un trou de 30 centimètres; on laisse au plant d'osier appelé côte 20 centimètres au-dessus du sol ; les plants sont bien alignés et séparés en tous sens par une distance qui varie de 70 centimètres à 1 mètre.
La première année, une oseraie ne reçoit, après la plantation, qu'une façon qui consiste à couper l'arbuste entre deux terres; les années suivantes, elle reçoit deux façons données avec la houe ou avec la charrue : la première en mars, pour déchausser les jeunes souches; la deuxième en avril, pour les chausser. Après la deuxième façon on sarcle; si quelque souche vient à périr on la remplace par une côte ou par un provin.
Il n'est pas rare de voir, à l'extrémité des rangs de vigne, un plant d'osier destiné à fournir à la vigne les liens nécessaires à son établissement. On a soin, dans les oscraies bien cultivées, de suivre la couronne de l'arbuste avec beaucoup de précaution, de ne jamais y laisser de moignon et d'opérer la tranche en biseaux.
Une oseraie est en plein rapport dès l'âge de quatre ans. Après la coupe qui a lieu en novembre ou en décembre, le cultivateur partage la récolte en trois lots suivant la grosseur des brins. Les plus forts, appelés autrefois vîmes de cuve, sont aujourd'hui divisés pour servir au même objet que les moyens, appelés fîmes de barrique; les plus petits, appelés jetons, sont achetés surtout par les jardiniers et les vanniers. Selon ses emplois, le brin est divisé dans le sens de sa longueur en trois ou quatre morceaux appelés quar telles; quand les gros brins ne peuvent se fendre que sur une longueur de 1™36, ils prennent le nom de courts.
L'osier ou vime se débite en bottes, en gerbes ou au millier. Le millier se compose de deux gerbes, la gerbe de dix bottes, la botte de cinquante brins ou de cent cinquante quartelles. Les écueils de cette culture dans la Gironde sont : 1° les gelées printaniorcs, quand elles surprennent le bourgeon nouvellement né ; 2** la grêle, qui brise les pousses tendres ou
CHAPITaE XI. — ARBRES FRUITIERS. 519
meurtrit et frappe de mort les jets vigoureux, qui deviennent tachés sur tous les points atteints par la grêle et si cassants quUls sont impropres a leur emploi ordinaire ; 3^ la larve du hanneton, lorsque le plant est encore jeune ; 4** la chrysomèle rouge ou bleue et la coccinelle appelée bête au bon Dieu : ces insectes piquent le haut des jets, y déposent leurs œufs, et font mourir tout ce qui est au-dessus de la piqûre; 5<* la sécheresse, non seulement celle qui provient d^une longue suite de jours sans pluie, mais aussi celle que donnent au terrain les sables charriés par les débordements.
Une oseraie dure de douze à quinze ans ; elle commence à se dégarnir vers six ans.
Autrefois partout très-lucrative, cette culture a beaucoup diminué depuis quelques années, à cause de la mortalité survenue dans beaucoup de vimières et par suite de l'emploi presque général des cercles en fer pour la confection des cuves et barriques. Les communes oîi l'on en cultive le plus se trouvent sur les bords de la Garonne, dans les cantons d'Auros, de La Réole, de Langon, de Saint-Macaire, de Podensac et de Blanquefort, et en Médoc sur les bords des grandes jalles, principalement sur les bords de la jalle de Saint-Laurent.