S IV. — ARBRES FRUITIERS
La culture des arbres fruitiers a pris depuis quelques années un trèsgrand développement dans le département de la Gironde; leur taille et le» soins qu'ils exigent, autrefois très-négligés, ont subi depuis quelques années de notables améliorations dues aux différents cours d'arboriculture professés par MM. Georges, Dubreuilh, Issartier et autres horticulteurs dévoués au progrès et à la fortune de notre beau département, aux expositions de la Société d'Horticulture de la Gironde et à la plus-value qu'ont acquise la plupart ds nos fruits depuis que les chemins de fer permettent de les expédier facilement sur Paris, et même à l'étranger; les primeurs surtout ont trouvé des débouchés nombreux et avantageux.
Pécher. — Cet arbre fruitier est celui qui donne, dans l'ensemble du département, les plus grands revenus. Les contrées oh l'on en cultive le plus sont : les environs de Podensac, Barsac, Preignac, Langon sur la rive gauche de la Garonne, les cantons de Cadillac, Créon et Saint- Macaire sur la rive droite, et le canton de Fronsac sur la rive droite de la Dordogne.
Les marchés les plus considérables au point de vue des pêches sont ceux de Cadillac, Rions, Langoiran, Barsac, Podensac, Fronsac et Libourne.
Le pêcher est généralement planté dans les vignes et autour des habitations, où rarement il est taillé en espalier. La palmette, si usitée à Montreuil, est absolument abandonnée dans notre région. L'arbre est cultivé en plein vent et livré à ses seuls efforts ; à peine un échalas le soutient-il durant ses premières années.
Cet arbre, a bois très-dense, est néanmoins d'une grande fragilité; aussi
le voit-on fréquemment déformé par la cassure de ses rameaux. Il vieillit de bonne heure, et souvent, quand la glauque ne Patteint pas, il segonmie dans la presque totalité de sa tige et surtout sur les points où a eu lieu une blessure. Il est alors d'usage de le rabattre ras du collet au-dessus de la greffe par une coupe oblique ; il ne tarde pas à donner de nouveaux rameaux; on conserve le plus fort, qui donne du fruit au bout de trois ans. Il est ainsi renouvelé rapidement. La vie moyenne du pêcher ne dépasse pas dix ans dans la Gironde.
Le Cerisier, dont la culture est peu soignée, a pris néanmoins un grand développement depuis quelques années. On le plante ordinairement sur les bordures, et on en trouve jusque dans les petites landes. Là les cerises sont ordinairement de très-médiocre qualité, tandis que dans les cantons de Targon, Cadillac, Créon et le Carbon-Blanc, elles sont de qualité supérieure et exportées en grande quantité sur les marchés de Bordeaux, de Paris et autres.
Cet arbre, qui prenait autrefois de grandes proportions, dépasse rarement aujourd'hui l'âge de vingt ans; encore faut-il qu'il soit placé dans des conditions favorables, sur un sol fertile ou fréquemment fumé et labouré, et qu'on ait soin de lui enlever les bois gourmands ou morts.
Très-sensible à l'action du soleil, dès que sa peau se ride et s'exfolie, il ne tarde pas à se manifester sur sa tige une plaie mortelle si l'horticulteur n'a pas soin d'y appliquer un emplâtre de bouse de vache ou de terre argileuse.
X,e Prunier et l'Abricotier sont cultivés en assez grande quantité dans quelques communes de l'arrondissement de La Béole et dans les environs de Bordeaux, surtout dans le Carbon-Blanc. Les fruits de ces arbres sont expédiés en moins grande quantité que les pêches, mais en revanche les confiseurs de Bordeaux en font une très-grande^consommation.
La prune reine-claude et la mirabelle sont les plus recherchées et les plus répandues dans la Gironde. Les prunes reine-claude sont souvent payées 50 fr. les 50 kilogrammes.
La prune d'ente ou robe sergent^ connue aussi sous le nom de prune d'Agen, qui alimente dans le département de Lot-et-Garonne un commerce considérable de pruneaux, est tous les jours cultivée sur une plus grande échelle dans notre département. Les cantons de Monségur, PeUegrue, La Réole, trouvent depuis quelques années un excellent revenu dans la culture de cette espèce de prune (*).
Le Poirier, cultivé un peu dans tout le département, n'est nulle part l'objet d'un revenu important; les qualités cultivées sont très-nombreuses et généralement très-belles, ainsi que l'attestent les expositions de notre Société d'Horticulture.
Le Pommier est cultivé sur une assez grande échelle dans les com-
(1) Nous recommandons à nos lecteurs do lire à ce sujet le petit volume de M. le Dr Issartier, intitulé : le Prunier, sa culture, la préparation de son fi vif, 1 vol. in-l8 cartonné et oruô de gravures, prix : 0 fr. 6'J c. 11 renferme les meilleurs enseignements pratiques qui aient été publiés sur celte culture.