S V. — PÉPINIÈRES
La première pépinière fondée dans le département pour l'utilité commune ne remonte pas au delà de la surintendance de M. Trudaine. C'est alors qu'aux frais du roi fut établie à Bordeaux une pépinière royale qui devait être uniquement consacrée à l'éducation des arbres forestiers. On espérait parla remédier à la disette des bois de construction. Pour mieux exciter les propriétaires à seconder les vues du gouvernement, la pépinière devait leur fournir gratuitement les sujets nécessaires au repeuplement et aux plantations nouvelles qu'ils entreprendraient; mais cet utile établissement ne tarda pas h. s'éloigner de sa destination première : en 1786, les fruitiers et les arbres d'agrément avaient déjà envahi la place des arbres forestiers, et en 1791 il fut supprimé.
En 1812, fut créée la pépinière départementale, qui ne fut complètement organisée que sous l'administration du comte de Tournon; en 1822, elle comptait déjà 50,000 pieds d'arbres, et une collection de cépages y était organisée pour l'étude des meilleures espèces et de leur synonymie. Aujourd'hui, elle a complètement disparu.
Grâce a l'initiative de la Société d'Agriculture de la Gironde, le jour viendra sous peu où le département pourra, dans un champ d'expériences comparatives, offrir aux viticulteurs des échantillons de toutes les espèces et variétés de vigne, propres à la vinification, à la table et surtout à la résistance plus ou moins grande au phylloxéra.
De nombreux industriels ont créé aux environs de Bordeaux des pépinières particulières qui suffisent à peu près aux besoins du département. A Monségur, il en existe une importante créée par M. Issartier, conseiller général de la Gironde.
Sur le domaine de Geneste, au Pian (Médoc), il existe une pépinière ou collection très-remarquable, surtout au point de vue des conifères. Cette collection, créée par feu M. Ivoy, est entretenue avec soin par son fils.
CHAPITIiE XII. — ESPÈCE CHEVALINE. 553