CHAPITRE XII. — ESPÈCE ASINE
i département de la Gironde, naguère si pauvre en ce genre de uits, offre maintenant des ressources précieuses pour la remonte de Valérie. Néanmoins, ce qu'il produit en espèce chevaline est bien loin uffire à ses besoins; il tire presque tous ses chevaux de trait des rentes parties de la Bretagne et du Poitou. Ceux de selle sont, en de partie, indigènes ; ses attelages de luxe viennent généralement de aine de Gaen, du département de la Charente-Inférieure et parfois de aine littorale du Bas-Médoc.
après les documents officiels, on comptait en chevaux dans le déparnt de la Gironde en 1820, 13,803; en 1840, 16,200, et en 1872, 38,882. lemier nombre, était divisé comme suit : poulains et pouliches îssous de trois ans, 2,513; chevaux entiers, 1,162 (^); chevaux honn,247; juments, 17,960.
s chiffres indiquent combien, depuis trente ans, le bien-être et la ue publique ont augmenté ; ils nous rappellent que les petits industriels s agriculteurs, qui faisaient faire autrefois leurs transports k bras, raction d'ânes ou de bœufs, emploient maintenant pour la plupart 'ès-bons chevaux qui occasionnent plus de frais, mais , font, en Lche, gagner du temps.
cheval a remplacé le bœuf au timon de nombreuses charrues, en .'une économie de temps assez notable.
us croyons à propos de rappeler ici les expositions hippiques orga* 3 à Bordeaux en 1876 et en 1877, oîi figuraient plus de 150 chevaux utes espèces et oii les produits de notre département obtinrent les 9 les plus éclatants.
S n. — ESPÈCE ASINE.
es. — Le nombre des ânes vivant dans le département était 500 en 1820; en 1840, d'environ 8,000. Le dernier recensement 72 porte ce nombre à 9,233. Presque tous ces baudets appartiennent race moyenne des petits ânes à bande cruciale du Bas-Poitou. Ce es animaux de travail employés dans nos campagnes à l'exploitation irrières, au transport des denrées, des fumiers, etc. !;our de Bordeaux et des autres villes du département de la Gironde, $ve beaucoup d'ânesses destinées à fournir leur lait aux poitrines tes.
ilets. — Le nombre des mulets du département, qui s'élevait en 1820 e en 1840 à environ 2,000, a été réduit à 966. Le service de cet 1 est ici très-borné ; il est le plus souvent employé par les meuniers charbonniers landais comme bête de somme.
deaux expédie presque tous les ans outre-mer un assez grand *e de mules et de mulets venus de la Saintonge ou du Poitou ; c'est objet de commerce.
as ce nombro de chovaux entiers sont compris ceux du régimont do cavalerie et du ss haras établis à Libourae.
S ni. — ESPÈCE BOVINE (*).
L^espëce bovine présente dans notre département quatre races bien distinctes qui occupent presque toutes nos étables :
1^ Race Garonnaise. — Cette race, Tune des plus répandues, présente les caractères suivants : robe alezan clair ou froment ; pourtour des yeux, lèvres et face interne des cuisses plus pâles; peau épaisse mais souple, poil court et brillant ; tête longue ; cornes très-fortes à la base, blanches, et le plus souvent basses ; fanon bas ; encolure un peu longue, de moyenne grosseur; corps long et cylindrique; ligne de la croupe horizontale; queue attachée haut sans dépression; membres antérieurs forts dans leur région supérieure ; genoux larges, formant saillie en avant et rapprochés en dedans quand les bœufs sont soumis de bonne heure au travail; canons longs; jarrets excellents, coudés, crochus; pointe da calcanéum très-prononcée ; onglon manquant de dureté ; taille : I°^55 à 1™72.
Les vaches garonnaises sont plus petites; elles ont à peu près la même conformation; leurs cornes se tourmentent souvent et prennent une position k laquelle il faut remédier par une amputation; leurs mamelles sont peu développées, quoiqu'elles soient généralement bonnes nourrices. Leur lait ne passe presque jamais à la consommation, parce qu'on leur laisse ordinairement à nourrir leur veau, qui donne toujours un bon profit. Elles ont, comme les bœufs, de Taptitude à Tengraissement,
Le bœuf garonnais est très-doux ; son allure est lente ; il rend peu de travail, mais en revanche il est très-propre à l'engraissement; il est friand et aime beaucoup les farineux. Ses modifications sont nombreuses.
Nous citerons, entre autres, dans les environs de Castillon des garonnais à la robe rougeâtre ou froment, à la peau fine, au poil ras, au toupillon énorme et soyeux, à la taille au moins aussi grande que celle des bœufs du bassin de la Garonne, aux allures plus vives. Ces bœufs ont subi évidemment Tinfluence d'une nourriture et de soins excellents, ainsi que feelle du croisement avec la race périgourdine.
Du côté de Créon et sur tous les plateaux de l'Entre-deux-Mers, on trouve le garonnais généralement plus petit que dans le bassin de la Garonne, mais il est bien proportionné, moins lent, plus propre au travail, plus facile à nourrir et plus sobre que le garonnais pur, quoique très-propre à l'engraissement.
Ses caractères spéciaux sont : peau velue, dure et épaisse ; tête large et carrée, pieds durs, ossature grosse et saillante qu'on peut attribuer à la nature essentiellement calcaire des terrains sur lesquels ils vivent.
Dans presque toute cette contrée on exploite les vaches au point de vue de l'allaitement de veaux de boucherie qui donnent de très-bons revenus.
(*) Voir lo Mémoiro de M. Dupont intitulé : Description des races et variétés des heitîamx; Historiqve et appréciation des méthodes qui ont été emplot/éis pour leur amélioration (Kxtrail dci Actes de F Académie de Bordeaux, 18i7). ia-8", 88 pages.