‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 375 sur 701 · S IV. — ESPÈCE OVINE · texte numérisé non relu

S IV. — ESPÈCE OVINE

Le recensement officiel des bétes k laine de notre département a présenté en 1830 et en 1872 les chiflTres suivants :

Béliers 6.010 4,891

Brebis 248,092 200,062

Moutons 53,523 32.824

Agneaux 60,829 54,829

La différence est de 75,848 têtes, c'est-à-dire que depuis 40 ans, ou plutôt depuis le décret de 1857 ordonnant la vente et l'ensemencement des parcours communaux, l'espèce ovine a diminué d'un cinquième au moins, car si nous avions pu comparer le dénombrement de 1872 à un dénombrement moins ancien, à celui de 1855 par exemple, nous aurions certainement trouvé une différence plus forte.

Troupeaux des landes. — De temps immémorial, l'éducation des bêtes à laine a été, dans nos landes, une des principales branches de l'industrie locale. Mais cette éducation, malgré son antiquité et son importance capitale au point de vue des récoltes de céréales, n'en est pas moins excessivement négligée dans presque tous les domaines ('). Insouciant pour lui-même, le pasteur landais ne l'est pas moins pour le troupeau confié à ses soins, quoiqu'il soit souvent quelque peu intéressé dans les produits du troupeau.

La brebis des landes est ordinairement de couleur blanche avec la tête nuancée de jaune, et de taille moyenne. Sa toison donne environ 500 grammes de laine quand elle nourrit et 1 kilogramme quand elle ne nourrit pas; ce dernier poids est celui de la toison du mouton. La tonte se fait en juin ou en juillet et le lavage des laines en août ou septembre par les soins des marchands de laines habitant presque tous les chefs-lieux de canton.

Le régime des troupeaux landais, assez bon au printemps et en automne, parce qu'alors une herbe courte, mais fine et parfumée, tapisse le plateau des landes, est très-mauvais dans les autres saisons. En été, les plantes sont dévorées par un soleil brûlant, et en hiver les landes sont couvertes de grandes flaques d'eau ; alors on donne, le soir, du fourrage aux brebis pleines ou nourrices, jamais aux moutons, excepté cependant lorsque la terre est couverte de neige.

Pendant tout l'été, le pasteur, accompagné de son chien, métis du chien de montagne et de l'espèce du pays, fait sortir son troupeau dès le point du jour ; il le ramène au parc ou à la bergerie à 10 heures ; retourne au

(<) Nous (levons sigociler copendant d'honorablos oxcoptions et de bons exemples à suivre. Depuis quelques années, plusieurs prupriélaircs, tels (^ue M. Dcsbarais à Saint* Morillon, M™» Bert à Talais, ont amélioré leurs troupeaux par des croisements ot des soins iulelligents et eu Uroul des revenus bien meilleurs <]u auparavant.

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