‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 411 sur 701 · CHAP. VI. — MANUFACTURES NATIONALES ET MUNICIPALES · texte numérisé non relu

CHAP. VI. — MANUFACTURES NATIONALES ET MUNICIPALES

Monnaie de Bordeaux (^). -^ QuoîquMl existe des espèces fabriquées

Bordeaux sous le règne de Charlemagne et même antérieurement, il emble que le capitulaire de Charles le Chauve du mois de juillet 864 est i véritable époque de rétablissement de cette Monnaie. Après avoir été iiverte et fermée dans différentes circonstances, elle fut rétablie par ittres-patentes du 9 mai 1455.

On sait qu'au cours de la Révolution, la suppression de tous les hôtels 3 monnaies fut décrétée : c'était logique, les assignats avaient déjà ipprimé le numéraire. Bordeaux subit le sort commun; son hôtel des onnaies fut fermé jusqu'en 1795. A cette époque, l'Hôtel des Monnaies, tué jusqu'alors sur la place qui porte encore le nom de place de la onnaie, fut transféré dans les bâtiments qu'il occupe aujourd'hui rue du ilais-Grallien, près la place Pauphine. Cet édifice, bâti en 1*739 pour L séminaire des Missions étrangères, était devenu, en 1791, propriété itionale et le siège du gouvernement révolutionnaire; Tallien, Julien

Paris, y séjournèrent, et c'est, dit-on, du balcon donnant sur la rue du Llais-Grallien qu'ils assistaient aux exécutions qui avaient lieu sur la ice Dauphine.

La France possédait encore en 1837 14 hôtels de monnaies; à cette ^me époque, on en supprima 7, et plus tard 4 autres, situés dans les les de Lille, Rouen, Lyon, Marseille. L'atelier de Bordeaux, qui leur rvécut avec ceux de Strasbourg et de Paris, fut lui-même un instant mé en 1868; mais lorsque survinrent les événements de 1870, que ris et Strasbourg, bloqués, ne purent prêter au commerce le secours de ir fabrication, la Monnaie de Bordeaux fut remise en activité et rendit grands services en ces temps malheureux (').

Le nombre des presses qui servent à frapper les monnaies dans cet . blissement pourrait très-facilement être doublé, le local dans lequel it installées ces machines étant suffisamment Vaste; mais avec celles [ existent actuellement, c'est-à-dire avec 2 grandes presses, 2 moyennes me petite, on pourrait faire par jour, en pièces d'argent de 5 ft*. et en ces d'or de 20 fr., une somme de plus de 1,200,000 fr.

C'est à l'obligeance de M. Aristide DuraDd-MoraDge, commissaire des Monnaies, que 3 devons les détails dans lesquels nous entrons à ce sujet.

Placée, en effet, loin des ôvenoments de la guerre, en communication directe avec la , mais assez éloignée pour n'avoir pas à craindre la surprise d'une flotte, Bordeaux, en smps de trouble, présentait aux métaux précieux des conditions de sécurité que nul e grand centre n'ourait à ce moment-là. Cette situation exceptionnelle, en présence des aces et des incertitudes de l'avenir, assure l'existence de la Monnaie de Bordeaux, qu'il le l'intérêt de la ville do conserver.

s chiffres suivants donneront, du reste, l'idée des services que cet établissement a pu re en Jetant sur la place une quantité de numéraire dont voici l'importance.

Monnaie de Bordeaux a fabriqué, depuis 1795, en argent :

De 1795 à 1815 )

Del815àl830 146,368,000*

De 1848 h 1868 30,000,000

De 1868 à 1870 fermée.

De 1870 à 1875 70,000,000

Total «46,000,000*

A laquelle somme il convient d'ajouter. . . . 10,450,000

en monnaie de bronze.

Total GÉNÉRAI 256.450,000*

Le personnel de notre atelier monétaire se compose de : un commissaire du gouvernement, chef de service, nommé par le chef de TÉtat; un directeur de la fabrication, comptable des métaux précieux quMl reçoit; un contrôleur au change qui surveille Tapplication des tarifs et veille aux intérêts des porteurs de matières ; un contrôleur au monnayage dont la dénomination indique la mission spéciale de surveiller la conversion des matières en monnaies; et, de plus, les commis, mécaniciens, essayeurs et gens de service nécessaires.

Le nombre des ouvriers employés aux diverses manipulations par lesquelles passe un lingot pour être converti en espèces, n^est pas relativement considérable ; il varie, pour le travail de la Monnaie de Bordeaux, entre 50 et 80. Il est inutile de dire qu'ils doivent remplir des conditions de moralité qu'explique la nature du travail qui leur est confié. Ces diverses manipulations sont : l^' la fonte ; 2^ la coulée des lames ; 3^ le laminage de ces lames et recuit; 4^ le découpage des pièces; 5^ Tajustage ou pesage de ces pièces; 6° le blanchiment ou décapage et recuit; 7^ la frappe qui donne Tempreinte ; 8^ la vérification du titre, du poids et des empreintes de chaque pièce.

Les pièces frappées à la Monnaie de Bordeaux portent pour marque spéciale un K. Un édit de François P', du 14 juillet 1539, a fixé ainsi cette marque, qui n'a jamais été changée.

Il y a, près l'Hôtel des Monnaies, un bureau de change auquel le public a droit d'apporter des matières d'or et d'argent. Tout porteur de matières doit recevoir un bulletin indiquant le poids, le titre et la valeur payée des matières qu'il apporte. Ce bulletin doit être visé par le contrôleur au change, qui a pour mission expresse de veiller à ce que le public soit payé conformément au prix du tarif.

Tabacs (Manufacture des). — Cette manufacture, créée en 1816, est l'une des plus importantes de France; ses bâtiments et cours occupent une superficie de 17,000 mètres carrés. Elle occupe environ 160 honmies et 1,400 fenmies dont le salaire moyen est de 5 fr. pour les hommes et 2 fr. 10 pour les fenmies.

Elle consonmie dans sa fabrication 1,500,000 kilogrammes de tabac par année moyenne, et produit des cigares de tous genres, des tabacs à fumer dont la valeur annuelle moyenne atteint 14,650,000 fr.

Gaz et Eaux de la ville. — Nous avons étudié ces deux grandes opérations industrielles au chapitre Consommation de notre livre lY : Population, pages 335 et 339.

S in. — INDUSTRIES SE RATTACHANT A LA MARINE.

Constructions maritimes dans la Gironde. — D'après les rapports des deux derniers inspecteurs des manufactures de Guienne (1775 à 1789), il sortait en moyenne du port de Bordeaux 20 navires de 200 à 600 tonneaux du prix moyen de 50,000 fr., et 20 barques du prix moyen de 10,000 fr. On comptait de 10 a 15 chantiers en activité et 700 à 800 ouvriers occupés à ces constructions.

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