‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 414 sur 701 · CHAP. VI. — VOILURE ET CORDBRIB POUR LA MARINE · texte numérisé non relu

CHAP. VI. — VOILURE ET CORDBRIB POUR LA MARINE

Voilure — Le département de la Gironde possède 20 ateliers de voilure, dont 17 à Bordeaux.

Cette industrie qui occupait, il y a dix ans, plus de 150 personnes, ne compte plus aujourd'hui qu'environ 60 ouvriers et 15 apprentis. Les ouvriers sont tous payés à la journée au prix moyen de 5 fr. par jour.

Les voiles sont faites avec des toiles de Landemau, de Dunkerque, d'Angers et de Rennes.

On travaille, dans ces différents ateliers, environ 609 mètres de toile par jour, soit 180,000 mètres par an, dont un quart pour voiles neuves et trois quarts pour réparations. La valeur annuelle moyenne des produits de cette industrie est d'environ 400,000 francs.

Gorderie. — Cette industrie est très ancienne dans le département. Avant 1789, Bordeaux et ses environs possédaient 24 corderies, ou se fabriquaient tous les câbles et cordages nécessaires au gréement des navires. En temps de paix, leur produit brut s'élevait, d'après Jouannet, à 4,000,000 fr. En temps de guerre, il était réduit de près de moitié.

Aujourd'hui, nous trouvons cette industrie transformée par les machines, et les petits ateliers englobés par les grands.

En effet, nous n'avons à Bordeaux que 3 corderies, mais elle.s occupent ensemble 150 ouvriers, c'est-à-dire plus que les 24 corderies du siècle dernier n'en occupaient dans leurs meilleurs jours.

Les corderies de Bordeaux travaillent principalement les chanvres de Riga, de Saint-Pétersbourg et de Kœnigsberg, dont le prix varie de 70 à 95 fr. les 100 kilog., suivant qualité; on y traite aussi des chanvres français coûtant de 90 à 120 fr. les 100 kilog., des chanvres de Manille valant environ 130 à 150 fr.; on y fait enfin des cordages métalliques.

La production moyenne annuelle de ces trois établissements est environ de 1,200,000 kilog. de cordes et cordages, dont le prix varie de 100 a 200 fr. les 100 kilog., soit une valeur totale de 1,800,000 fr.

Ces cordages sont, en partie, consommés à Bordeaux et dans les environs ; il en est cependant expédié par quantités assez notables soit à Marseille, soit à la Guadeloupe, la Martinique, le Sénégal, Maurice, Bourbon et Saigon.

En 1814, M. J.-E. Duboul apporta quelques améliorations au système mécanique qui avait été créé par M. Margeon. Plus tard, M. Lafaye ajouta au système en vigueur la machine à vapeur et le filage mécanique, pour lequel il emploie un système perfectionné et breveté. Son exemple a été suivi par ses confrères MM. Caillabet et Rousseau, et Bordeaux peut se flatter de posséder aujourd'hui trois vastes corderies modèles.

Depuis deux ans, xme machine à câbler à pression directe fonctionne dans l'usine de MM. Rousseau père et fils, inventeurs de cette machine.

Depuis quelques années, cette industrie souffre beaucoup par suite de la préférence donnée de toute part aux navires à vapeur.

Indépendamment des grandes usines dont nous venons de parler, on trouve dans le département 33 petits industriels fabriquant des cordes de tout genre pour l'industrie ou l'agriculture. Ils sont situés dans les communes suivantes : Saint-Ciers-Lalande, Saint-André-de-Cubzac, Liboume,

600 LIVRB VU. — INDUSTRIE.

Branne, Sainte-Terre, Sainte-Foj, La Reole, Lamothe-Landerron, Fontet, Sauveterre, Saiht-Macaire, Villenave-d'Ornon, Podensac, Portets, Preignac, La Teste, Gujan, Lesparre, Saint- Vivien.

La plupart de ces ateliers n'occupent qu'un ou deux ouvriers, aidés d'une femme ou d'un enfant.

Poulierie. — Bordeaux possède 6 ateliers de poulierie occupant de 15 à 20 ouvriers. Dans un seul la vapeur est employée comme moteur. Les rouets sont généralement f&its en bois de gajac des Antilles, les chapes en bois d'orme du pays.

Dans une année ordinaire la valeur des produits de cette industrie peut s'élever à 70,000 fr., dont un dixième tout au plus est exporté du département. Malheureusement, nous pouvons dire de cette industrie ce qui est vrai pour presque toutes les industries se rattachant à la marine : elle produit à peine la moitié de ce qu'elle produisait il y a quelques années.

Avirons fabrication des). — Cette [fabrication a lieu dans plusieurs petits ateliers, mais principalement dans une maison spéciale fabriquant à elle seule plus que toutes les autres réunies. Elle tend à augmenter et atteint actuellement, année moyenne, le chiffre de 9 à 10,000 avirons d'une valeur moyenne de 10 fr. l'un

Les deux tiers de cette fabrication sont exportés dans les différents ports de France, en Orient, en Afrique et dans l'Amérique du Sud.

Les matières premières employées sont des frênes de l'Amérique du Nord de différentes qualités.

Avitaillement. — Les moyens d'avitaillement de la marine sont des plus faciles dans le port de Bordeaux, situé au milieu d'une contrée riche en produits agricoles de toutes sortes, et dans une ville où de nombreuses fabriques de produits alimentaires et de conserves ont une réputation imiverselle et une importance considérable. (Voir, pour plus de détails, le S v : Industries alifnentaires,)

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