‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 416 sur 701 · CHAPITRE VI. — TONNELLERIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — TONNELLERIE

nton de La Brède : 27 ateliers. — Les communes où la fabrication est le plus considérable, sont : Beautiran, Léognan et La Brode. On compte, en moyenne, dans cette dernière commune, une centaine d'ouvriers tonneliers.

nion de Podensac : 27 ateliers. — Les trois grands centres de fabrication de ce canton sont : Barsac, Gérons et Portets.

nion de Liboume : 26 ateliers. — Les deux centres principaux sont : Vayres, qui compte 10 ateliers importants, et Libourne, où plus de 200 ouvriers sont occupés à cette fabrication.

nton de CasiiUon : 14 ateliers importants. — La commune de Sainte-Terre [ïompte à elle seule plus de 150 ouvriers.

nton de Branne : 22 ateliers, dont 18 répartis dans les communes de Gabarra, Houlon et Branne, sont presque tous assez importants.

nton de Bourg et de Blaye : 47 ateliers, dont la fabrication excède peu la consommation locale.

Médoc, composé des cantons de Blanquefort, de Gastelnau et de l'arrondissenent de Lesparre : 105 ateliers ne suffisant pas & la consommation locale.

Plus de 4,000 ouvriers sont occupés une grande partie de Tannée dans département à la fabrication des barriques. Un ouvrier peut faire de 8 0 barriques par semaine. Quelques macbines permettant une fabrication iq à six fois plus rapide ont été essayées, mais les résultats obtenus )nt pas encore paru assez satisfaisants pour en généraliser Femploi. Le prix des travaux de tonnellerie, en général exécutés à façon, varie 35 à 45 fr. par douzaine de barriques. Le cbiffre annuel de la fabrican dans la Gironde atteint 1 million 200,000 barriques représentant e valeur moyenne de 17 millions de francs.

Indépendamment des barriques marchandes, du contenu de 29 à 30 veltes qui sont ordinairement comptées à 225 litres, la tonnellerie fabrique en antités variables des barils, demi-barriques et tierçons du contenu de veltes, des tonneaux d*une contenance de 4 barriques et des foudres de capacité de plusieurs tonneaux. Elle fabrique en outre des cuves et mes pour le transport de la vendange et la fermentation du raisin; des iiillards dans lesquels est reçu le vin sortant de la cuve, etc. La »rication des barils se fait plus spécialement dans Tarrondissement de zas et dans les cantons de Saint-Macaire et de La Réole. Les communes Castets, Casseuil, Gironde et Saint-Martin-de-Sescas sont celles où te fabrication a le plus d'importance. La Valeur moyenne de ces divers )duits de tonnellerie peut être estimée à un million. Les merrains ou bois de chêne employés pour les douves de ces divers isseaux proviennent soit du pays, soit de Tétranger. Les merrains du fs sont tirés de l'Auvergne, de l'Armagnac, du Limousin, du Périgord de l'Angoumois; ils sont employés presque exclusivement dans lés liers situés sur les bords de la Dordogne; les merrains étrangers ^viennent des bords de la Baltique, de la Bosnie, des bords de la mer riatique et, depuis quelques années, de l'Amérique septentrionale. Les rrains du Nord, dont les fibres sont très serrées et très résistantes, et it, par suite, la durée est plus considérable, sont préférables pour la iservation des vins ; toutefois, ils ne sont plus employés, vu leur prix vé, qui est le double de celui des merrains du pays, que pour les vins

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les plus précieux. L^inqioitation des memins étrangers dans le département est d^enTiron 7 à 8 millions de merrains, correspondant à 18 à 20 millions de douves. Le reste des merrains nécessaires pour les besoins de la tonnellerie est fourni par le pays.

Indépendamment du bois de chêne, les tonneliers emploient une certaine quantité de bois de pin du pays sous forme de planches, soit pour faire les barres à barriques, soit pour la fabrication des doubles fûts. Ils se servent, en outre, pour la confection des barriques, de cercles, et chevilles en châtaignier, qui font Tobjet d^ndustries spéciales à propos desquelles nous allons entrer dans quelques développements.

Chevilles pour barriques. — Cette industrie a dans le département deux centres principaux, qui sont Bazas et Targon. A Bordeaux, il n*y a qu^un seul fabricant et quelques petits faiseurs occupant tout au plus 15 ouvriers. Bazas est le centre le plus important; 200 ouvriers environ y sont occupés durant les mois d^hiver. Des machines très-ingénieuses ont été imaginées pour cette fiibrication, mais leur emploi n^est pas général. Une grande partie des chevilles employées dans le département est faite à la main par des ouvriers payés aux pièces. Le bois employé pour les chevilles est le châtaignier provenant des châtaigneraies du département. Il en vient également du département des Landes.

Verrerie pour bouteilles. — La fabrication du verre à bouteilles est très-ancienne dans la Gironde; elle remonte à Tannée 1720, époque à laquelle M. Patrice Mitchell, un ancêtre de la famille actuelle de ce nom, établit au village de Lescombes (commune d^Eysines) une verrerie qui portait alors le nom de Verrerie royale et qu'il transporta plus tard dans la rue de la Verrerie, ou elle marcha jusqu'en 1820.

En 1788, alors que Rive de Gier montait sa première verrerie à bouteilles, la Gironde en comptait 15; dont 5 à Bordeaux, 1 à Liboume sous le titre de Manufacture royale, 1 à Pauillac, 1 à Biganos et 7 dans les communes suivantes des landes du Bazadais : Beaulac, Goualade, Préchac, Villandraut, Saint-Symphorien, Castelnau-de-Cemes, Bourg.

A cette époque les fours étaient à 4 pots seulement et à 4 places, chacun produisant 450 bouteilles par fonte, soit 1,800 bouteilles par jour et 500,000 bouteilles par an en comptant environ 3 mois de chômage pour reconstruire les fours à neuf. Néanmoins, par suite de chômages souvent plus longs, la fabrication annuelle du pays ne s'élevait pas, d'après M. Manès, à plus de 3 millions de bouteilles qui suffisaient aux besoins; 2 millions étaient fabriquées dans Bordeaux même.

Dans l'intervalle de 1780 à 1840, pendant que Rive de Gier avait élevé 15 verreries produisant chacune un million de bouteilles, celles de la Gironde avaient été réduites à 6, dont 4 à Bordeaux, 1 à Biganos et 1 à Vendays ; mais comme les fours agrandis avaient reçu 6 pots fiaisant de 3,500 à 4,000 bouteilles par fonte, et que le nombre des fontes était devenu plus considérable, la fabrication du département avait en somme été portée à 5 millions, dont 4 à Bordeaux. Les verreries de la Loire nous expédiaient en outre 5 à 6 millions de bouteilles.

De 1853 à ce jour le nombre des verreries de Bordeaux s'est élevé

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*1j ayant en activité chacune 1 four à 8 pots et à 8 places, produisant i moyenne 5,000 bouteilles par fonte, soit 1,300,000 bouteilles par an : I qui donne 9,100,000 bouteilles pour les 7 verreries, dans 2 desquelles petits fours travaillent alternativement et portent la production totale ! Bordeaux à 10 millions de bouteilles.

Ces 7 verreries occupent chacune 75 à 80 personnes. Les ouvriers ufBeurs gagnent de 9 à 12 fr. par jour, suivant leur habileté ; le premier de gagne de 5 à 6 francs et le second environ 4 fr. ; quant aiix autres vriers, chauffeurs et manœuvres, logés dans les verreries, ils sont payés la journée et reçoivent de 2 fr. 50 à 5 fr. par jour. La verrerie de Vendays a été abandonnée. Celle de Biganos vient 3tre réallumée après un chômage de 25 ans au moins ; sa production, inte aux chifiTres cités plus haut, peut porter à 11,500,000 bouteilles r an la production totale du département de la Gironde : ce qui, au ix moyen de 18 à 21 fr. le cent, représente une valeur approximative 2,300,000 fr.

Cette fabrication ne suffit pas à la consommation locale ; Pimportation s bouteilles de la Loire et du Nord s'élève encore à plus de 12 millions. 3 quantités s'expliquent par les exportations considérables de vins qui font dans le département.

Les matières premières, sables, etc., sont tirés du pays; les sels de ide viennent de Saint-Gobain, et les terres à creuset de Normandie, combustible généralement employé est la houille anglaise. Verrerie à verre blanc. — « La fabrication du verre blanc fut itiquée dans la Gironde dès 1788, mais sur une très-petite échelle, à rcans ou Ton fit pendant quelque temps du verre à gobeleterie, et à Bazas Ton essaya avec peu de succès de faire du verre à vitre. Jusque *s 1840 on tira presque toute la gobeleterie dont on avait besoin des Teries établies dans les Landes et dans le Nord. Alors on monta ïcessivement dans. la commune de Gradignan la verrerie de Gayac qui 'es avoir marché quelque temps en gobeleterie de table, faite avec des tières du pays, dut être abandonnée, puis dans Bordeaux même 3 Teries à verre blanc pour conserves que l'on y voit encore aujourd'hui. 1852 la verrerie de Biganos entreprit aussi la fabrication du verre à re, mais eUe l'abandonna peu après (*). »

Bordeaux renferme actuellement 4 verreries principales fabriquant le Te blanc pour flacons à conserves et autres. Ces établissements occuit environ 300 ouvriers payés aux pièces ou à la journée, et dont le ùre moyen varie de 3 à 6 fr. par jour. Deux de ces verreries travaillent bois, les deux autres travaillent à la houille. ja, production moyenne est d'environ :

1,600,000 bouteilles à huile et à liqueurs; 1,400,000 bocaux à fruits; 400,000 flacons de parfumerie.

I Extrait d'une ootice sur quelques industries du département de la Gironde, par Maoés, 1857. ^

601 LfrBB vn. — ixdustbis.

Cette production, qui peut être estimée à 800,000 francs, est insafllsante pour la consommation locale. Bordeaux tire encore des Terreries da département des Landes :

900.000 boa tel Lies à haîle et à liqueurs; GOO.OOO bocaux à fruits; 20,000 flacons, de parlumerie ;

La consommation totale est donc de :

2,500,000 bouteilles à huile et à liqueurs; 2,000,000 bocaux; 420,000 flacons de parfumerie.

dont les deux tiers sont envoyés à Tétranger. Les bouteilles en Terre blanc sont expédiées yides dans les colonies espagnoles; quant aux bouteilles et flacons à conserves, ils sont expédiés avec leur contenu dans les colonies françaises, et les flacons de parfumerie dans les Indes.

Bordeaux reçoit, en outre, des verreries du Nord, de la Lorraine et de Marseille, tant pour ses besoins que pour ses exportations, des quantités considérables de gobeleterie consistant en verres de table, carafes, flacons de toute sorte dont il serait diflScile d'évaluer Timportance.

Boncbons. — Une quarantaine d'industriels, dont 35 k Bordeaux, s'occupent de la fabrication ou de la préparation des bouchons. Cette industrie emploie environ 15 ouvriers qui sont payés aux pièces, les coupeurs de 0 fr. 45 à 0 fr. 50 le mille, et les tourneurs 2 fr. et 2 fr. 50 le mille. Les salaires étaient autrefois beaucoup moindres : on ne payait aux tourneurs que 1 fr. 50 c. par mille. Cette élévation considérable dans les prix de la main-d'œuvre empêche de prospérer l'industrie dont nous nous occupons; aussi manifeste-t-elle une tendance à transporter son siège dans d'autres départements. La fabrication des bouchons dans l'un des établissements de la ville se faisait à ^l'aide de machines ; bien qu'il ait à peu près cessé de fonctionner, il ne faudrait pas en conclure que les reproches adressés aux machines par les fabricants de bouchons fussent entièrement fondés. Les résultats obtenus sous le rapport de la bonne exécution du travail ont été assez satisfaisants pour qu'il y ait lieu de désirer la reprise prochaine de cet établissement.

Les divers bouchonniers de Bordeaux travaillent plus de 180,000 kilog. de liège, qui produisent environ 10 millions de bouchons. Mais cette production ne suffit pas à la consommation locale. On tire des Landes, du Lot-et-Garonne, des Pyrénées-Orientales, des Basses-Pyrénées, de la Provence et du Var, plus de 100 millions de bouchons tout faits. La consommation en bouchons est donc d'environ 110 millions, représentant une valeur moyenne de 4 millions de francs. Dans ce chiffre la valeur des produits de l'industrie girondine n'entre que pour un dixième, soit 400,000 fr. Une faible partie est consommée sur les lieux; le reste est exporté au dehors, et principalement dans les Indes, les États-Unis, les colonies françaises et le Chili.

Les lièges employés à Bordeaux pour la fabrication des bouchons

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