CHAPITBB VI. — CAPSULES A BOUTEILLES, CAISSES
proTiennent des Landes, de Nérac, de PÂlgérie, de la Corse, de PEspagne, du Portugal et de l'Italie.
Capsules à bouteilles. — La fabrication des capsules, créée à Paris en 1833 par M. André Dupré, fut introduite à Bordeaux en 1848 par M. Fau, qui monta à Gaudéran, en société avec M. Pujos, Pusine que nous y voyons encore aujourd'hui. En 1853, M. Fau se sépara de son associé et monta une fabrique semblable dans l'impasse Michel; plus tard, deux nouvelles fabriques de capsules furent établies à Bordeaux, aux Chartrons. Ces 4 établissements existent encore aujourd'hui; seulement celui de l'impasse Michel, cédé à une Compagnie anglaise, a été transféré à La Bastide.
Chacune de ces usines occupe de 60 à 100 ouvriers, ouvrières ou enfants, dont le salaire moyen est de 1 fr. 85 par jour. Les 4 établissements produisent ensemble de 80 à 100 millions de capsules par an, représentant une valeur approximative de 1,100,000 fr. La matière métallique que l'on emploie pour la fabrication des capsules se compose d'étain et de plomb. Autrefois on se servait d'un alliage des deux métaux renfermant de 10 à 20 pour 100 de plomb. Aujourd'hui le métal des capsules est composé d'une lame de plomb centrale recouverte de deux lames d'étain (dont une sur chaque face) et passée au laminoir jusqu'à ce que les trois lames ne forment plus qu'une lame unique de l'épaisseur voulue. La production de ces 3 usines, qui emploient soit des machines à poinçons verticaux, soit des machines à poinçons horizontaux, réunissant la promptitude à la perfection des produits, ne suffit pas à la consommation locale. La maison Dupré, de Paris, possède à Bordeaux un représentant qui livre au commerce des capsules qu'il colore et marque dans ses magasins. Environ 7 à 8 millions de capsules sont fournies par l'usine de Paris ou par d'autres usines étrangères au département. Les matières premières employées proviennent d'Espagne et de Banca. Caisses. — La fabrication des caisses pour le transport des vins est opérée à Bordeaux soit à la machine, soit h la main. Deux établissements seulement emploient les machines. Ils occupent de 15 à 20 ouvriers chacun et peuvent faire : le premier, 1,800, et le deuxième, 1,500 caisses par jour. Les autres établissements, au nombre de 60 à 70 environ, ont en moyenne de 4 à 5 ouvriers, ce qui donne un total de 250 à 300 ouvriers qui seraient occupés à la confection des caisses à vin. Les plus importants des établissements qui fabriquent à la main sont au nombre de 4 oa 5 et peuvent fabriquer jusqu'à 500 caisses par jour.
Les ouvriers caissiers sont payés aux pièces, d'après un tarif assez rémunérateur dressé par une chambre syndicale.
L'importance de la fabrication est annuellement de 3 à 4 millions de caisses, qui, à 0 fr. 60 c. en moyenne, représentent une valeur totale d'environ 2 millions 500,000 francs.
Les fabricants de caisses n'emploient comme matière première que du bois de pin des landes; ils font quelquefois cependant, mais rarement, des caisses en bois du Nord. Toutes les caisses fabriquées à Bordeaux sont vendues dans la ville ou dans le département, le chiffre total de la
fabrication étant en rapport k peu près égal avec la consommation. Les deux usines mécaniques font cependant une certaine quantité de caisses en bottes qui sont expédiées en Espagne et dans les colonies. L^importance de cette exportation est de 100,000 caisses environ par an.
Dans chacune des deux usines mécaniques il existe un appareil spécial pour étamper les caisses à la marque à feu, suivant les marques et vignettes demandées.
Enveloppes -paille. — Il n^existe plus à Bordeaux qu'une seule fabrique d'enveloppes-paille pour bouteilles. Plusieurs industriels qui en faisaient autrefois ont cessé leur fabrication et font venir des environs toutes celles quMls livrent à la consommation. Dans le département, il existe 11 fabriques d'enveloppes-paille, savoir : 3 à Pessac, 2 à Blaje, 2 à Langon, 2 à Grignols, 1 à Saint-Ciers-La-Lande et 1 à Bazas. Chacune d'elles occupe en moyenne 30 ouvriers payés aux pièces et dont le salaire moyen est de 1 fr. 50 par jour. Si les établissements de Bordeaux ont presque tous cessé cette fabrication, cela tient à ce qu'ils ne pouvaient produire dans les mêmes conditions de prix que ceux du département. Le prix des enveloppes, qui était autrefois de 40 fr. le mille, est descendu à 15 fr. L'importance de la fabrication des enveloppes-paille dans la Gironde augmente chaque année ; elle atteint, année moyenne, une valeur d'environ 300,000 fr. ; cependant, elle est encore inférieure de moitié k la consommation ; l'autre moitié est tirée des fabriques du département des Landes. Cette industrie prendrait beaucoup plus d'extension dans la Gironde, si elle n'était entravée par le propriétaire du brevet, qui ne tolère, surtout à Pessac, qu'un nombre limité d'ouvriers par fabrique et exige un droit de fabrication qui enlève aux fabricants une notable partie de leurs bénéfices. La concurrence faite par le département des Landes (Dax et Mont-de-Marsan), d'où proviennent en partie les matières premières (paille de seigle), nuit également au développement de cette industrie dans la Gironde.
Cristaux de tartre et de lie de vin. . — Le département de la Gironde possède une dizaine de raffineries de tartre. 4 de ces établissements sont situés à Bordeaux ; les autres sont placés à La Souys, Loupiac de Cadillac, Branne, Bassens et Langon. Ces usines produisent environ 1,000 tonnes de cristaux de tartre par an, dont plus de la moitié provient des établissements de la ville. La valeur de ces cristaux variant de 230 à 260 fr., suivant qualité, l'importance annuelle de cette industrie peut être estimée à 2,500,000 fr.
La production approximative des diverses usines du département est la suivante :
Les 4 usines de Bordeaux produisent 58,000 kilog. par mois.
Celle de La Souys 6,000 —
Celle de Loupiac de Cadulac . . 4,000 ^
Celle de Branne 6.000 —
Celle de Bassens 3,000 —
Celle de Langon 6.000 —
Soit un total de 83,000 kilog. par mois.