‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 418 sur 701 · CHAPITRE VI. — DISTILLERIES DE VINS · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — DISTILLERIES DE VINS

Les raffineries de tartre occupent en temps ordinaire de 40 à 50 ouvriers. Quand les matières premières sont abondantes et d^un prix modéré, ce chiffre peut être doublé. Ces matières sont les tartres bruts et les lies de vin du pays. Les tartres proviennent en grande partie du midi de la France, du Gers principalement, de l'Espagne, du Portugal et de l'Italie. Les lies de vin du pays étaient autrefois entièrement consommées par les fabricants de cendres gravelées. Un outillage perfectionné permet actuelled^hul d'en extraire le tartre dans des conditions avantageuses, de sorte que la lie de vin, quoique d'un rendement faible par rapport à celui du tartre, est devenue une matière première de raffinerie. Aujourd'hui l'usine la plus importante du département travaille exclusivement avec des lies de vin. Cette circonstance tend h. réduire de plus en plus la production des cendres gravelées qui n'a plus de raison d'être. Tous les tartres que produit le pays ne sont pas raffinés dans les usines du département. Une quantité considérable est exportée vers l'Angleterre. Les produits raffinés ou plutôt mi-raffinés, préparés dans la Gironde, sont principalement dirigés vers l'Angleterre et les États-Unis. On en expédie également en Allemagne et en Russie. En Angleterre, ce sont surtout les fabriques d'acide tartrique qui les utilisent; aux Etats-Unis, au contraire, ces produits sont épurés complètement dans les raffineries et transformés en crèmes de tartre.

Avant l'établissement des droits élevés qui frappent les crèmes de tartre à l'entrée, les États-Unis recevaient directement ces produits tout purifiés des usines françaises. Aujourd'hui ces produits sont expédiés mi-raffinés aux États-Unis, qui trouvent avantage à en terminer eux-mêmes le raffinage.

Cendres gravelées. — On avait autrefois la coutume d'incinérer * quelques tartres pauvres pour en faire des cendres gravelées. Cette industrie, par les raisons que nous venons de donner plus haut, n'a plus aucune importance dans le département et tend à disparaître complètement.

Distilleries de vins. — Le département de la Gironde compte à peine aujourd'hui 9 brûleurs de cru, situés à Saint-Palais, Laruscade, Périssac, Guîtres, Bayas, Sauveterre et Ruch. Cette industrie, qui avait autrefois son importance dans les arrondissements de Blaye, de Libourne et dans l'Entre -deux -Mers, a aujourd'hui presque entièrement disparu. Son anéantissement a coïncidé avec le développement de la fortune agricole du département, en 1853 (année qui vit aussi commencer les ravages de l'oïdium). A cette époque les vins d'enrageat, qu'on payait de 40 à 60 fr. le tonneau nus, furent tous achetés pour être coupés avec les vins rouges du Midi, et payés jusqu'à 250 fr. le tonneau. Les brûleurs purent dès lors éteindre leurs feux. Depuis que le soufre a permis de combattre l'oïdium et que la production des vins de la Gironde a repris son état normal, quelques feux ont pu être rallumés dans les parties du département les plus éloignées de Bordeaux, où le prix des vins d'enrageat est redescendu à 80, 90 et 100 fr. le tonneau nus et où les vins sont le moins favorables aux coupages.

608 LIVRE vu. — INDUSTRIE.

Les eaux-de-yie produites par les vins blancs de la Gironde, celles de TEntre-deux-Mers surtout, sont très-estimées.

Vinalgn^e (B'abrication du) . — Cette industrie est très-ancienne dans le département de la Gironde ; toutefois elle n'y était représentée, il j a cinquante ans, que par quelques usines de peu d^importance. Aujourd'hui il n'existe pas moins de 25 fiabriques de vinaigre de vin dans le département, et Bordeaux en compte pour sa part 20. Ces usines, qui occupent une centaine d'ouvriers, produisent annuellement 40,000 hectolitres de vinaigre au prix moyen de 25 fr. l'hectolitre.

La fabrication bordelaise se faisait autrefois exclusivement à l'aide d'un système dit système à la râpe. Aujourd'hui plusieurs fabricants ont adopté le système de fabrication d'Orléans, qu'ils emploient concurremment avec la méthode bordelaise. Les vins qui servent à la fabrication des vinaigres de Bordeaux sont tirés de l'Entre -deux -Mers et da Cubzadais. La nature de ces vins et leur force alcoolique produisent dfô vinaigres d'une très-bonne qualité de plus en plus appréciée à l'étranger.

Industries diverses. — Parmi les industries se rattachant an commerce des vins, nous aurions encore à signaler plusieurs petites industries diverses, telles que celles qui concernent la fabrication de la cire à cacheter, des mèches soufrées, des étampes à feu, etc... Mais leur production est trop peu importante pour figurer dans notre travail. Nous aurions également à parler des cercles en fer pour barriques, pour lesquels on avait monté autrefois une usine à Bacalan, mais cet établissement a cessé de fonctionner depuis plusieurs années, et aujourd'hui les cercles en fer employés par la tonnellerie de la Gironde proviennent en totalité d'usines étrangères au département.

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