S V. — INDUSTRIES ALIMENTAIRES
Raffineries de sucre. — D'après le dernier rapport de l'inspecteur des manufactures de Guienne, la prospérité des raffineries de Bordeaux avait atteint son plus haut degré en 1787; elle commençait à déchoir en 1789, et cependant nos rafflneurs opéraient sur 14,000 boucauts de sucre brut du poids de 1,700 livres l'un, soit 11,900,000 kilog., valant environ 18,564,000 fr.
En 1840, les 35 raffineries établies à Bordeaux opéraient, d'après Jouannet, sur 12 millions de kilog. A cette époque, la totalité des sucres des Antilles, ainsi que la moitié ou les deux tiers du sucre de Bourbon reçus à Bordeaux étaient destinés au raffinage. Le sucre étranger passait directement à la consommation dans une proportion difficile à apprécier.
Aujourd'hui, Bordeaux ne possède plus que 5 raffineries, mais elles sont beaucoup plus importantes que celles qui existaient en 1840, puisqu'elles opèrent sur 22 à 25 millions de kilog., valant 36 millions de francs, c'est-à-dire le double de la production de 1840. Il s'est accompli dans cette industrie la révolution que nous avons constatée ou que nous constaterons dans presque toutes les industries qui ont eu à lutter avec la concurrence étrangère : seules les usines montées en grand et selon