CHAPITRE VI. — INDUSTRIES ALIMENTAIRES
tous les progrès de la science ont pu soutenir la lutte, et ont vu tomber à côté déciles toutes les petites usines. C^est ce qui a fait croire parfois à la diminution d^une industrie alors qu^elle augmentait d^importance. Ces perfectionnements permettent à nos raffineries de soutenir la concurrence de Nantes et des autres centres de raffinage.
Nos 5 usines consomment de 11 à 12,000 tonnes de charbon anglais et environ 1,500,000 kil. de noir animal; elles occupent directement de 425 k 450 hommes et 40 femmes employés généralement à la journée et dont le salaire moyen est de 4 fr. pour les hommes, 2 fr. pour les jeunes gens de seize à dix-huit ans, et 1 fr. 25 pour les femmes. Le personnel accessoire est plus considérable et se compose de gabariers, charretiers, mécaniciens, fondeurs en cuivre et en fer, chaudronniers, fabricants de futailles, de sacs de papier, de ficelle, etc.
Les sucres les plus employés par les raffineries bordelaises sont ceux de la Réunion, de la Havane, de la Guadeloupe, de la Martinique, les sucres indigènes de betterave, enfin quelques sucres de Java et de Maurice.
Nos sucres raffinés sont consommés principalement dans le bassin de la Garonne et dans celui de l'Adour. Les États de TAmérique du Sud, le Chili surtout, en importent des quantités notables.
Les principales améliorations introduites dans nos raffineries depuis quelques années sont : la substitution de la cuite à la vapeur et dans le vide à la cuite à feu nu, le chauffage par la vapeur des chaudières étuves, etc., au chauffage à feu nu et direct. Le blanchissage à Taide de la terre de pipe y est totalement abandonné et remplacé par le clairçage; de ce dernier mode résulte une grande amélioration dans le travail ; en effet, avec le blanchiment à la terre il fallait 28 à 30 jours pour faire arriver un pain de sucre au point ou il pouvait être livré à la vente; aujourd'hui ce résultat est obtenu en 6 à 7 jours au plus.
Plusieurs de nos raffineries possèdent des scieries mécaniques pour casser le sucre et emploient des femmes à ce travail; toutes ont un atelier pour le pilage du sucre.
Mouture des grains. — Un relevé fait en 1835 et emprunté à la Statistique générale de la France porte à 1,624 le nombre des moulius de notre département. Aujourd'hui le nombre s'en élève tout au plus à 325 qu'on peut diviser en trois catégories :
1^ Les moulins à vent, qui disparaissent peu a peu; 2^ les moulins k moteur hydraulique, qui sont aujourd'hui les plus nombreux ; 3° les moulins à vapeur ou les moulins mixtes, c'est-à-dire employant l'eau ou la vapeur alternativement.
Les moulins à vapeur existant aujourd'hui sont situés k Bordeaux : l'un, rue Cabanac, possède 6 paires de meules ; l'autre, près le boulevard de Bègles, possède 4 paires de meules.
Les autres grands moulins du département emploient autant qu'ils le peuvent la force hydraulique. La minoterie la plus importante est celle de Laubardemont, qui possède 12 paires de meules et qui peut moudre à elle seule près de 400 hectolitres de blé par jour. Cette usine, qui peut être considérée comme l'une des plus belles du Sud-Ouest de la France par ses
vastes proportions et les perfectionnements apportés à son outillage, mérite ici une mention spéciale. La valeur moyenne annuelle de sa production s^élëve k 3 millions de francs. Viennent ensuite :
Sur le Giron Usine du Pont 10 paires de meules.
Sur le Canal latéral. . Usine de Gastets 5 —
— Usine de Lauriole, à Hure 4 —
Sur risle Usine d'Abzac 9 —
— Usine de Penot à SainUMédard-
de-Guizières d —
— - Usine de Lapouyade, à Saint-
Médard-de-Guiziôres 6 —
— Usine des Barrages, à Porchères 6 —
Sur la Dronne Usine de Centras 6 —
— Usine de Sablons 7 —
Sur le Lary Usine du Grand-Moulin, à Gui-
très 5 —
— Usine de Piet, à La Gorce 5 —
— Usine d'Ardouin, à La Gerce... 4 —
La Gironde possède, en outre, 310 moulins hydrauliques ou à vent ayant 1, 2 ou 3 paires de meules, ce qui élève le nombre des paires de meules servant à la mouture des grains dans la Gironde au nombre de 600 environ.
Un grand nombre de ces moulins ne fonctionnant pas toute Tannée, il est très difficile d^évaluer sûrement la valeur des produits de cette industrie; nous croyons cependant qu^elle peut être estimée à 40 millions de francs.
Le prix de mouture est généralement d^un seizième de la valeur da grain moulu ou de 1 fr. 50 par hectolitre.
Quoique le nombre des moulins ait diminué dans le département de la Gironde, ces usines suffisent largement à la mouture des grains qu^on y récolte ; une partie des grains de l'extérieur qui servent à combler notre déficit y sont aussi motdus.
Sasseurs mécaniques. — Bordeaux possède, pour la fabrication des sasseurs mécaniques et autres appareils destinés au traitement et à répuration des gruaux et farines, \m atelier spécial dans lequel son propriétaire, M. Henri Cabanes, fabrique principalement des sasseurs mécaniques d'après un système pour lequel il est breveté. Les importants services rendus par ces appareils les ont fait apprécier, et ils sont aujourd'hui presque aussi indispensables à la fabrication des farines que le sont les meules, les criblages et les blutoirs. Près de 4,000 sasseurs mécaniques « Cabanes » sont actuellement employés par l'industrie meunière de tous les pays.
Riz (Décorticage du). — L'industrie du décorticage et nettoyage du riz a pris naissance en France dans le département de la Gironde; la première usine de ce genre fut construite en 1842, à Bordeaux-Bacalao.
Longtemps après furent créées celles de Beautiran et de Saint- Antoine sur l'Isle. Quoique ces deux dernières usines soient situées à un certain
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ombre de kilomètres de Bordeaux, le siège de ces deux maisons est sur otre place, et leurs importations et exportations se font par notre port. Le travail de ces usines consiste à rendre propres à la consommation )S riz venant directement des pays de production, soit à Tétat de riz 1 grains, soit à Pétat de riz en paille. Les principaux produits provenant B ce travail sont : riz entier, riz brisé, farine, son et paille de riz. Les z, brisures et farines, sont livrés à la consommation française ou à i réexportation; les produits secondaires servent à Talimentation du 3tail. »
Bordeaux est le plus grand marché de France pour les riz, dont il içoit aimuellement à Tétat brut de 10 à 15 millions de kilog. Du reste 1 dehors des trois maisons de Bordeaux, il n^existe en France que trois unes importantes, celles de Nantes, du Havre et de Paris ; Marseille en )ssède bien une, mais elle est beaucoup moins considérable. Les pays de production qui alimentent notre marché sont, par rang importance : Akjab, Rangoun, Bassein (Birmanie anglaise), Saigon, stngkok, Madagascar, Pondichérj, Calcutta et la Caroline. Une grande partie des riz travaillés par les usines bordelaises est me à la consommation française; le reste est réexporté dans les loniesy principalement dans les possessions françaises. Chacune des usines de Bordeaux emploie dans ses magasins de 20 25 hommes et quelques femmes pour la couture des sacs, mais elle cupe en dehors de ses magasins un nombre considérable de portefaix, ibariers, charretiers, etc.
LVsine de Bordeaux-Bacalan a une machine à vapeur de la force de ^ chevaux environ ; celle de Beautiran emploie comme moteur à la fois au et la vapeur; celle de Saint- Antoine ne se sert que de Teau. Le montant total des produits de ces trois usines varie de 4 à 5 millions francs par an.
Sécheries de Morues. — Le département de la Gironde possède X environs de Bordeaux ou en ville 19 ateliers ou sécheries pour la 3paration des morues. Ces ateliers occupent, pendant neuf mois de anée, environ 400 ouvriers payés 3 fr. 50 par jour, à Pexception des itre-maitres, qui sont logés, nourris et blanchis avec des appointements es de 100 fr. par mois. Les charretiers sont payés 5 fr. par jour, lépendamment des ouvriers occupés dans les sécheries, Tindustrie des «rues donne du travail, pendant les six mois de Tannée que durent les chargements de navires, à 100 hommes par jour environ pour le -tage, le pesage, le triage ou le gabarage des morues; ces ouvriers ; un salaire de 4 à 5 fr. par jour, à Texception des entrepreneurs de lie, triage, etc., dont le gain est basé sur Fimportance des arrivages. u,es morues qui alimentent cette industrie sont pêchées sur les bancs Terre-Neuve et sur les côtes d'Islande et transportées sur des navires tartenant aux ports de la Manche et de la Bretagne. Bordeaux envoie la plupart de ses produits dans la partie méridionale la France. La place de Cette expédie aussi beaucoup de morues dans lidi, mais ses expéditions ne vont pas au^ delà de Toulouse.
LIVHE VII. — INDUSTRIE,
Morues exploitées par V indus trie bordelaise de 4809 à I87i (six années).
Pèche d'Islande
Pèche du banc
Total des deux pèches en six années Moyenne par an
NAVIRES •rriTéa
à Bordeaux charge
NOMBRE
de