‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 422 sur 701 · CHAPITRE VI. — INDUSTRIES ALIMENTAIRES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — INDUSTRIES ALIMENTAIRES

Les conserves de légumes sont fabriquées à Bordeaux dans une vingtaine le maisons, dont 10 environ font aussi la conserve des viandes. Ces aaisons occupent ensemble de 450 à 500 ouvriers, ouvrières ou employés, 3urnissant environ 12 millions de francs de produits par an à la consommation locale et au commerce d'exportation.

Quatre de ces établissements sont importants, largement installés, car Is figurent à eux seuls pour près de 10 millions de francs dans le chiffre le production.

PÀtes alimentaires. — .Longtemps tributaire de Tltalie pour les •âtes alimentaires, la France possède aujourd'hui des usines dont les Toduits rivalisent dignement avec les premières marques de Gênes.

Les blés durs des provinces méridionales, de PAlgérie et de la province e Valence (Espagne) alimentent la fabrication bordelaise.

Lyon est à la tête de cette industrie pour la quantité produite; mais u point de vue de la qualité, Bordeaux s'est placé au premier rang, urtout depuis la création d'une usine spéciale.

Cet important établissement consomme de 500 à 600 kilogrammes de emoule par jour, occupe 20 ouvriers ou ouvrières, et trois chevaux pour lire marcher les engins. 11 exporte annuellement pour 250,000 fr. de âtes, à lui seul, par l'entremise du commerce de Paris, de Londres et de .iverpool.

En outre, Bordeaux possède deux maisons fabriquant les pâtes et utres produits alimentaires.

Biscuits. — Bordeaux fabrique depuis des siècles des biscuits de ler, qui sont généralement recherchés à cause de leur bonne qualité b de leur longue conservation. Jusqu'en 1840, cette fabrication s'est faite bras dans deux fabriques spéciales et chez quelques boulangers.

Aujourd'hui, Bordeaux possède quatre grands établissements, munis e machines à vapeur, de fours perfectionnés et d'appareils mécaniques our la fabrication du biscuit.

La production moyenne annuelle destinée aux navires qui sortent du ort de Bordeaux et à l'exportation est de 1,200,000 kilog. au prix Loyen de 50 centimes le kilogramme.

Durant la guerre de 1870-71, ces usines ont fourni à l'administration 3,000 kilog. de biscuit par jour.

La fabrication des biscuits fins, qui depuis plus de cinquante ans a ris un grand développement en Angleterre, existe à Bordeaux depuis rès de trente ans. L'exportation de ce produit, qui s'élève a près de 00,000 fr., tend chaque jour à augmenter. Elle est faite par deux taisons principales qui expédient au Sénégal, à Maurice, à Bourbon, dans [nde, la Chine et le Japon, et dans toute l'Amérique méridionale.

Les biscuits de Bordeaux n'ont rien de commun avec ceux de Reims; s ressemblent peu à ceux de Marseille, plus spécialement exportés en rient ou sur la côte d'Afrique.

GliOCOlats. — La fabrication du chocolat, très ancienne à Bordeaux, 'a pris une réelle importance que vers 1830, quelque temps après la 'éation de la maison Louit, qui s'est maintenue à la tête de cette

industrie, non seulement à Bordeaux, mais dans tout le midi de la France.

Aujourd'hui le département de la Gironde possède, en dehors de la maison Louit qui occupe 240 ouvriers ou ouvrières ('), 3 usines mécaniques, occupant environ 50 personnes, et une douzaine de petits fabricants travaillant à bras et irrégulièrement avec un ou deux ouvriers.

En somme, cette industrie occupe près de 350 personnes. Les ouvriers comme les ouvrières travaillent tous à la journée; le salaire moyen des premiers est de 4 fr. par jour; celui des ouvrières est de 1 fr. Ib.

La fabrication girondine atteint année moyenne le poids de 800,000 kil. de chocolat, valant environ 2,800,000 fr. (*).

t)es chocolats sont exportés dans toutes les villes de France et à rétranger, principalement en Russie, dans le Brésil et dans TAmérique du Nord.

Huiles de graines (Fabrication des). — Cette industrie, qui n^a été importée à Bordeaux qu'en 1858 dans l'usine de MM. Maurel et Prom et qu'en 1867 à Abzac dans celle de MM. £. Calvé et C% a déjà une importance considérable : 83 presses hydrauliques triturent annuellement environ 13 millions de kilo^. de graines (d'arachides plus spécialement), et produisent environ 4 millions de kilog. d'huile et 6 millions de kilog. de tourteaux décortiqués, d'une valeur totale de 5 millions de francs.

Ces usines occupent chacune environ 100 personnes ('). Le salaire moyen des manœuvres, qui forment la majeure partie de ce personnel, est de 2 fr. 50 à 3 fr. 25 pour les hommes, de 1 fr. 25 à 1 fr. 50 pour les femmes et les enfants.

Elles ont pour force motrice : à Bordeaux 2 machines à vapeur de 50 chevaux chacune, et à Abzac 2 turbines Fontaine, remplacées par une machine à vapeur dans les basses eaux.

Ces moteurs font marcher les pompes des presses hydrauliques, les meules, décortiqueurs, laminoirs, blutoirs, remonteurs, sasseurs, ventilateurs, monte-charges et plusieurs autres machines-outils qui économisent une main-d'œuvre considérable.

Ces usines emploient presque exclusivement les graines d'arachides de choix venant de la côte occidentale d'Afrique.

Elle produisent des huiles de table pouvant rivaliser avec l'huile d'olive et en grande partie expédiées à Paris, dans le sud-ouest, l'est de la France et en Angleterre.

Les tourteaux décortiqués sont expédiés dans le nord de la France pour y être employés à la nourriture des bestiaux ou à l'engrais de la terre.

Ces usines produisent aussi des engrais plus ordinaires qu'on expédie généralement dans le midi de la France.

(1) Uno partie de cos 210 ouvriors est occupée aux divers produits aliniOD tairas qui sorrent de la maison Louit.

(>} Les cacaos, dont plus de 6 millions de kilogrammes sont annuellement importés i Bordeaux, viennent de l'Amérique centrale.

(') Celle d'Abzac occupe une partie de ces 100 personnes daus la minoterie que nous venons de signolor page 610.

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