‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 423 sur 701 · CHAPITRE VI. — INDUSTRIES ALIMENTAIRES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — INDUSTRIES ALIMENTAIRES

Dans Tusine de Bordeaux, le travail est organisé de telle façon que la coque provenant du décorticage des grains remplace absolument le charbon, à peu près à poids égal, et suffît au chauffage des chaudières.

L'usine d'Abzac, employant très-peu la vapeur, produit 4 à 5 millions de kilog. de tourteaux bruts en coque, valant 10 à 11 fr. les 100 kilog.

Alcools (Fabrication d^). — Le département de la Gironde ne possède qu'une usine de ce genre, mais c'est Tune des plus importantes du sud-ouest de la France ; elle possède une force de 300 chevaux-vapeur.

Elle occupe 25 ouvriers et a pour moteur principal une puissante macliine à vapeur.

Elle consomme par jour de 25 à 30,000 kilog. de mélasse, rendant 28 pour 100 d'alcool pur, 2,500 à 3,000 kilog. de maïs rendant 30 pour 100 d'alcool pur, et 15 à 16 tonnes de charbon.

Elle produit par jour environ 100 hectol. d'alcool à 95<* et 2,500 kilog. de potasse brute, représentant ensemble une valeur moyenne annuelle de 2,500,000 fr.

Les mélasses de betterave employées par cette usine viennent de l'Allemagne, de la Hollande et de la Belgique; les maïs viennent des Landes, de la vallée de la Garonne et d'Amérique.

Les alcools de cette usine, qui appartient à MM. Bernard frères et Laurent, grands industriels du département du Nord, sont employés aux usages ordinaires dans toutes les villes du sud-ouest de la France.

La potasse brute résultant de la calci nation des résidus de mélasse est envoyée dans les raffineries de potasse de Paris ou du nord de la France. Depuis un an, des quantités assez considérables de ce produit sont expédiées dans le midi pour servir à améliorer les engrais de la vigne.

Licnieiirs, Fruits confits, etc. — Cette industrie peut être considérée comme une des plus importantes du département de la Gironde. Fort ancienne à Bordeaux, elle y a pris depuis quelques années un grand développement. Ses produits jouissent d'une réputation universelle grâce à la perfection obtenue par nos grandes maisons dans la fabrication de leurs liqueurs, grâce aux fruits exquis que mûrit le chaud soleil de notre région privilégiée. Nous devons ici une mention spéciale à l'anisette de Bordeaux.

On compte dans le département 12 maisons de premier ordre et environ 40 maisons secondaires, occupant ensemble en temps ordinaire environ 1,200 personnes. Dans la saison des fruits et à l'approche du nouvel an, ce personnel est souvent presque doublé. La valeur annuelle des produits de ces 52 maisons peut être évaluée à 10 millions de francs.

Brasserie. — L'usage de la bière a pris, depuis quelques années, de grandes proportions dans tout le midi de la France, même dans les contrées les plus essentiellement vinicoles.

Depuis longtemps Bordeaux est alimenté par les brasseries de l'Alsace des duchés du Rhin, de l'Autriche, de l'Angleterre, et par la brasserie de Nérac et 5 ou 6 brasseries établies en ville (•). Ces dernières livrent à la

(<) Oa trouve en outre 5 petites brasseries dans les arrondissements do Blaye, do Libourue et de La Réole.

consommation des bières légères qui ont le double avantage d'être moins chères et plus hygiéniques que les bières étrangères qu'on est obligé d'alcooliser pour les faire voyager.

Quoique quelques-unes de nos brasseries soient arrivées à produire de très-bonnes bières, et que la production totale des 10 établissements da département ait atteint, en 1874, 21,224 hectolitres de bière ordinaire et 1,210 hectolitres de petite bière, elles ne fournissent qu'une faible partie de la quantité consommée.

Deux ou trois de nos brasseries produisent des bières alcooliques pour Texportation, mais elles luttent péniblement avec la concurrence des bières anglaises et allemandes.

Pêche. — La pêche est une des industries qui prennent tous les jours plus d'importance dans notre département. On l'exerce sur les bords du littoral, dans le bassin d'Arcachon, dans les étangs de Lacanau et d'Hourtins, dans nos grands cours d'eau : la Gironde, la Garonne, la Dordogne, llsle, la Dronne, etc. Son développement sera facilement constaté par les documents suivants, empruntés à la statistique officielle des pêches publiée par le ministère de la marine et des colonies.

En 1865, cette industrie occupait dans la Gironde 1,528 personnes, et produisait pour 962,255 fr. de poisson; en 1875, le nombre des pêcheurs était de 2,338, et la valeur des produits s'élevait à 1,469,013 fr. Cette augmentation porte surtout sur le quartier maritime de La Teste, où la valeur du poisson, qui était de 772,475 fr. en 1865, s'est élevée ti 1,205,095 fr. en 1875.

Les espèces les plus communément pêchées en mer ou dans le bassin d'Arcachon sont : le royan (petite sardine), la sole, le mule, la raie, le carrelet, le rouget, le grondin, les huîtres, les moules et autres coquillages et les chancres. Les canards sauvages forment une des prises les plus importantes qu'offre le littoral du bassin d'Arcachon et de l'Océan aux chasseurs.

Celles qu'on trouve le plus dans nos rivières ou étangs sont : l'anguille, le saumon, la truite saumonée, l'alose, la lamproie, la carpe, le barbeau, le goujon, la tanche, le brochet, la ânte ou gatte, l'esturgeon ou créac, l'aubour.

Depuis quelques années de nombreux réservoirs à poissons ont été créés sur les bords du bassin d'Arcachon et à l'embouchure de la Gironde. Us occupent près de 900 hectares, pris en partie sur d'anciens marais salants.

Nous donnons, page suivante, le tableau comparatif du produit de la pêche dans les six quartiers maritimes du département de la Gironde. Ces chiffres sont empruntés à la statistique officielle publiée chaque année par le Ministère de la marine et des colonies.

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Le taUesn qui préeedenoos montre nne augmentation très-sensible dans tous les quartiers da département, excepté dans eelui de Blaje, qui a tu rimportance de ses produits diminuer de près de 50 p. 100 de 1865 à 1875.

Diaprés la même statistique, on troure, pour les bateaux de pêcbe, les n4>portB suivants entre les années 1865 et 1875.

En {875 :

PaaiUac . . ^ bateaux jaugeant ensemble 55 tonneaux montés par 1^ hommes.

Blaye.... 36— — 82— 36 —

Libourue. 234 — ' — 293 — — 472 —

Bordeaux. 82 — — loo — — 95 —

Laogon.. 179 — — i87 — — 265 —

LaTeste.. 700 — — 1,431 — — 1.350 —

Les 100 bateaux du quartier de La Teste se divisent en 4 bateaux à vapeur, 15 chaloupes et 680 tilloles.

En 1865 :

PaaiUac . . G bateaux jaugeant ensemble 9 tonneaux montés par 8 hommes.

Blaye 15 — — 30 — — 18 —

Libourne. 229 — — 301 — — 4^3

Bordeaux. 44 — — 116 — — 49 —

Laogon... 86 — 100 — — 100 —

La Teste. 512 — — 883 — — 890 —

Il nous reste à indiquer quelques-unes des particularités que présente la pêche dans les six quartiers maritimes de notre département.

Nous avons encore pris les renseignements qui suivent dans la statistique des pêches publiée par le Ministère de la marine.

Quartier de Pauillac (Pêches du Verdon), — Les engins les plus usités dans ce quartier sont : les tramaux flottants, la courtine, le chalut.

On comptait au Verdon en 1866 : 27 pêcheries, 19 réservoirs à poisson, 237 claires, 36 parcs et 18 dépôts autorisés. Deux ans plus tard (1868), l'existant en poisson était évalué à 18,000 kilog. En 1871, après avoir introduit dans les réservoirs 6,695 kilog. de poisson valant 3,316 fr., on a vendu 8,565 kilog. valant 5,355 fr. Cette vente a été de 1,400 fr. en 1872; de 5,028 fr. en 1873; de 4,836 fr. en 1874; de 7,396 fr. en 1875.

En somme, on peut dire que si Tindustrie de la pêche a pris un rapide essor au Verdon depuis dix ans, celle de la pisciculture, encore k Tétat d'enfance, s'est développée beaucoup plus lentement.

Nous ne doutons pas que, grâce au chemin de fer du Médoc, récemment terminé jusqu'au Verdon, cette industrie ne prenne bientôt une plus grande importance par suite des facilités qu'elle aura pour envoyer ses produits à Bordeaux et au delà.

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