CHÀPXTBB VI. — INDUSTRIES ALIMENTAIRES
Quartier de Blayo. — Les engins de pêche les plus usités sont : les haveneaux, la ligne, le tramail, le tirolet, le stronejre.
Les bateaux employés sont : des filadières ou yoles de 1 à 3 tonneaux, des lanches, gabares et canots.
Les pécheurs sont pour la plupart d'anciens capitaines du commerce et des marins hors de*seryice.
Presque tout le poisson est vendu dans Tarrondissement de Blaye sur les marchés ou à domicile et à Tamiable.
Les espèces de poissons que Ton pêche toute Tannée sont : le mulet, Tanguille, la plie et le saumon.
Quartier de Libournb. — Les engins employés sont nombreux. Le plus usité et le plus destructeur est Tescave, qu'on manœuvre au moyen d'un couralin et à Taide d'un cabestan.
Ce filet barre la Dordogne, et les poissons tels que les truites, les saumons, les aloses, sont facilement capturés.
Les -poissons le plus souvent péchés dans ce quartier maritime ont produit en 1875 :
Saumon 41,064f
Lamproie 6»724
Alos^ 21.875
Gatte 27,412
Mule 9,338
Report 106,413^
A reporUr.... 106,413^
Esturgeon 735
Chevrette 1,300
Anguille 2,989
Autres espèces 6,985
Total.... i18,422f
Cette somme, répartie entre les 472 pêcheurs de ce quartier, donne 251 fr. pour chacun, soit un peu plus que les années précédentes.
Les trois quarts des poissons péchés dans la Dordogne, l'Isle ou la Dronne, sont expédiés sur Bordeaux ou sur Paris.
Les.aloses remontent principalement l'Isle et la Dronne, tandis que les saumons remontent la Dordogne. Malheureusement pour les pêcheurs, ces poissons trouvent près de Centras et de Bergerac les barrages de plusieurs moulins qui nuisent beaucoup à la conservation et à la propagation de ces excellentes espèces.
Il est regrettable qu'on ne puisse établir dans le barrage de Bergerac un passage efficace pour le saumon. Des échelles établies en 1872 et 1873 aux barrages de Maurac et de Bergerac ont facilité la montée de l'alose et de la lamproie, mais le saumon n'a franchi ces obstacles que très rarement. On continue les travaux destinés à améliorer ces barrages dans le but de faciliter la montée du poisson de mer.
En somme, il est incontestable que depuis plusieurs années le poisson qui fréquente les rivières du quartier de Liboume a sensiblement diminué.
Quartier de Bordeaux. — La pêche en bateaux, filadières et yoles est la seule pratiquée.
Les pêcheurs, le plus souvent chargés d'une nombreuse famille, vivent dans la gêne et au jour le jour ; ce sont presque tous d'anciens marins impropres au service et des habitants riverains infirmes ou avancés en âge.
620 LIVRE vu. — INDUSTRIE.
Les espèces les plus productives sont : Talose et le mulet, qui fournissent un produit estimé à 50,000 fr. année moyenne.
Le saumon n'est péché qu'accidentellement.
Les anguilles et les lamproies sont assez communes.
Le poisson est vendu à la criée du grand-marché de Bordeaux oa expédié sur Paris, mais ne forme qu'un faible appoint pour Talimentation des marchés de Bordeaux. La Teste, Ârcachon, Rojan, Pauillac et les étangfs de Lacanau en sont les principaux pourvoyeurs.
Quartier de Lanqon. — Les bateaux employés sont les yoles. Il n'existe ni parcs ni viviers dans ce quartier.
La pêche n'y* a point l'importance d'une industrie. Les marins sont plus occupés de la navigation au bornage ('), infiniment plus lucrative.
La diminution du poisson dans la Garonne e^t un fait aujourd'hui bien constaté. Les pêcheurs l'attribuent k l'activité de la navigation à vapeur et aux travaux d'endiguement de la Garonne, qui rendent de plus en plus rares les portions du rivage ou le poisson peut déposer son frai k l'abri de toute atteinte.
Quartier de La Teste (Pêches au large). — Les marins de La Teste, de Gujan, de Mestras et de Meyran sont les seuls de ce quartier maritime qui se livrent à la pêche au large, dite dans le pays du péouçue (du mot latin pelaçiMi). Cette pêche se fait avec des bateaux à vapeur du port de 50 à 70 tonneaux, avec des chaloupes ou avec des tilloles. Les chaloupes ont 9"*75 de quille, 4 mètres de large, 2 mâts et autant de voiles ; elles ne vont presque jamais à plus de 14 kilomètres au large; ces péougues restent en mer plusieurs jours sans rentrer.
Les tilloles sont des bateaux plus petits (') qui ne vont presque jamais à plus de 4 kilomètres au large et qui rentrent à terre tous les jours.
La saison de la pêche commence ordinairement du l^' au 15 octobre et se termine du 15 au 30 mai.
En 1789, les pêches du péougue occupaient 16 à 18 chaloupes montées de 13 hommes y compris le patron ; les tilloles ne péchaient alors que dans l'intérieur du bassin.
En 1826, le nombre des chaloupes était réduit à 7 ; mais 4 ou 5 grandes tilloles faisaient aussi la pêche en dehors du bassin. Cet état se maintint jusqu'au 30 mars 1836, jour fatal oh 6 chaloupes furent englouties avec les 98 marins qui les montaient.
Après ce mémorable événement, M. D. Alègre conçut l'utile et généreuse idée de substituer aux chaloupes des bateaux à vapeur montés chacun de 15 à 17 hommes. Il en arma jusqu'à trois, mais les frais énormes de l'armement amenèrent la chute et la liquidation de l'entreprise. Le dernier de ces bateaux, le Testerin, désarma le 2 mai 1839, au grand
(<) Petite navigation d'un port ù un autre de la même rivière.
(*) Les liiioies, faites en forme de navettes, un peu relevées à l'avant et & l'arrière, sont à fond plat; elles ont 7 mètres environ de l'ctrave à l'étauibot, SmiQ dans leur plus gninde largeur; elles sont gouvernées par un simple aviron; elles portant un petit mât et une voile earréo; leur borda^e est on clin, chevillé en saillie, sans clou ni ferrures. Une ttUotc est si légère que six à huit hommes la portent facilomeal sur leurs épaules, et peuvent on abonlaut au rivage la mettre & l'abri do la mer.