CHAPITRE VI. — INDUSTRIES TEXTILES. 62Tf
points de la France. Les pays de consommation sont : Limoges, Castres, plusieurs petites villes du midi de la France, TAngleterre et la Belgique.
L'usine de Saint-Seurin-sur-risle a été au temps de Paciérie Jackson Tune des plus belles de France. Espérons qu'avec la nouvelle industrie que M. Bertin aîné y a implantée, elle reprendra son ancienne splendeur. Son emplacement n'a pas moins de 50,000 mètres carrés. Les bâtiments comprennent 2 belles maisons d'habitation, 2 pavillons pour les employés, une vaste caserne pouvant loger facilement 200 ouvriers, 3 inmienses halles-hangars, de grands magasins, de vastes cours, de beaux jardins, un établissement de baini^, etc., etc., enfin tout ce qui constitue une vaste manufacture comme celles qui existent en grand nombre dans le nord de la France.
Tapis et couvertures de laine (Manufacture de). — Cette industrie est représentée à Bordeaux par l'ancienne maison Jaquemet-Laroque fondée en 1786, et en partie transformée il y a quelques années.
La filature de la laine y a été supprimée ; la fabrication des tapis et des couvertures subsiste seule. Par suite de la grande quantité de literie qui arrive journellement dans l'usine de Bordeaux et qui nécessite de grands lavages, il a été urgent d'établir une deuxième usine sur un magnifique cours d'eau, au moulin d'Ornon, près Bordeaux, où ont été transportés les métiers à filer, les cardes dégraisseuses, etc.
Ces deux usines occupent aujourd'hui environ 80 personnes travaillant généralement à la journée, excepté les tisserands. Les hommes gagnent en moyenne 4 fr. par jour et les femmes 2 fr.
Les laines employées pour les couvertures viennent du Levant, du pays ou des Pyrénées, suivant les qualités que l'on veut produire; les tapis sont fabriqués généralement avec des laines du pays.
Tous les produits de ces deux usines sont vendus sur place ou livrés di^ctement à la consommation.
'^Goton (Filature et tissage du). — En 1779, on comptait à Bordeaux 7 fabriques de couvertures de coton, dont les produits annuels valaient 50,000 fr. En 1784, la valeur de ces produits avait doublé.
A l'époque où Bordeaux vit renaître son commerce et son industrie, ruinés par les guerres de la Révolution et de l'Empire, on réorganisa 4 filatures de coton, une fabrique iinportante de couvertures, et une manufacture de calicots ; ce dernier établissement a eu jusqu'à 200 ouvriers.
Aujourd'hui, l'industrie du tissage du coton n'existe plus à Bordeaux ; mais elle a pris une certaine importance à Sainte-Foy, pour la fabrication de la grisette.
Tissus de chanvre et de coton ou grisette. — Depuis plus de 70 ans on fabrique à Sainte-Foy des toiles de chanvre et des grisettes. Jusqu'en 1840, cette industrie occupa 30 à 40 ouvriers en ville ou à la campagne, travaillant pour leur compte et venant le jour du marché vendre la toile qu'ils avaient fabriquée à des négociants de Liboume ou de Bordeaux, qui ne pouvaient se procurer ailleurs ce genre de toile.
De 1840 à 1865, cette industrie prit un développement important par rapport à la population de Sainte-Foy, puisque vers l'année 1865 plus de
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400 ouvriers ou ouvrières y étaient occupés soit chez eux soit en fabrique et produisaient de 6 à 800,000 fr. de toiles ou de grisettes.
Aujourd'hui, la fabrication des toiles de chanvre est réduite k fort peu de chose par suite de la concurrence des maisons du Mans, d'Angers et du Nord; mais le tissage des grisettes est en pleine activité. Tout ce que peuvent produire 200 ouvriers ou ouvrières qui travaillent presque tous pour les deux maisons principales de Sainte-Foj, est vendu au fur et à mesure de l'entrée en magasin. Les grisettes de Sainte-Foj ont un cachet spécial qui les fait rechercher.
Les ouvriers ou ouvrières qui tissent, gagnent de 2 fr. 25 ft 3 fr. par jour; les femmes qui font le dévidage ou le tramage gagnent de 1 fr. à 1 fr. 50 par jour. Tous ces ouvriers travaillent à la façon selon l'ancien système de tissage ; aussi leur salaire est-il modique ; leur nombre diminue tous les jours. Espérons que les métiers mécaniques et la vapeur viendront avant longtemps développer cette branche de notre industrie girondine. Elle prend les cotons à Rouen et à Mulhouse ; les chanvres au Mans, à Alençon et à Angers; les lins à Lille, à Armentière et en Belgique. Elle vend ses produits, dont la valeur annuelle moyenne atteint 400,000 fr., dans la Gironde, la Dordogne, les Charentes et le Lot-et-Garonne. Ce dernier département fabrique aussi beaucoup de grisette, mais d'un prix plus élevé.
On compte en outre dans le département de la Gironde et en dehors du canton de Sainte-Foy environ 30 petits ateliers pour le tissage du chanvre et du lin, et occupant en moyenne deux personnes. Presque tous sont situés dans les arrondissements de Bazas et de La Réole. La production annuelle moyenne ô,e ces petits ateliers atteint tout au plus 100,000 fr.
Blanchiment et impression de tissus de coton. — CeUe industrie n'est représentée dans la Gironde que par une petite usine située dans la commune deVillenave-d'Ornon, sur le ruisseau l'Eau-Bourde. Les matières premières (tissus de coton écru) viennent principalement de Rouen et de Mulhouse.
Cette usine n'emploie que des couleurs solides, telles que l'indigo et la garance, et expédie ses cotonnades imprimées dans la région du Sud-Ouest.
Teinturerie. — Bordeaux possède 12 ateliers de teinturerie, dont six principaux emploient des moteurs à vapeur.
Le département n'ayant pas de manufacture de tissus importante, ces ateliers font presque exclusivement des travaux de ville pour Bordeaux et les environs. Les six ateliers principaux font la teinture de laines et de tissus en pièces qui leur sont fournis par les négociants de notre place. La valeur des travaux de cette industrie atteint, année moyenne, près de 500,000 fr.
Ils réunissent 150 ouvriers ou ouvrières, dont le salaire moyen est de 4 fr. à 5 fr. 50 par jour pour les hommes et 2 à 3 fr. pour les femmes.