‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 432 sur 701 · CHAPITRE VI. — INDUSTRIE DU VÊTEMENT · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — INDUSTRIE DU VÊTEMENT

sur commaDde par des ouvriers qui travaillaient à la façon, en chambre ou dans de petits magasins.

Les moyens mécaniques appliqués à la couture ont déterminé la fabrication de ces produits sur une grande échelle, et créé ainsi une branche spéciale et distincte de ^industrie du'vétement.

n existe aujourd'hui à Bordeaux douze maisons principales et quelques maisons secondaires qui font ce genre d'articles, dont Pimportance atteint un chiffre annuel de 2 millions de francs.

Les trois quarts de ces produits trouvent leur écoulement dans le département de la Gironde et dans les départements limitrophes. Le reste, soit environ pour un chiffre de 500,000 fr., est dirigé vers les pays d'outre-mer.

En temps ordinaire, le nombre des ouvriers occupés à la confection des chemises est de 1,000; il s'élève à 1,200 dans les moments de presse; il a été beaucoup plus grand encore en 1870; leur salaire varie entre 1 fir. 50 et 1 fr. 75 par jour. Il faut ajouter 40 coupeurs travaillant toute l'année, et payés en moyenne de 5 fr. 50 à 6 fr. par jour. Les machines et les moyens mécaniques entrent environ pour les deux tiers dans l'ensemble du travail.

Les matières premières nécessaires à cette industrie proviennent : les cotons, de l'Alsace et de Rouen ; les tissus de fil, de Lille, de Cambrai, de Cholet et de la Belgique ; la flanelle, de Reims, de Mazamet et de Castres.

Vêtements confectionnés. — L'industrie des vêtements confectionnés a pris une réelle importance à Bordeaux depuis trente-cinq ans environ. Jusqu'alors il n'y avait eu que des tailleurs sur mesure, dont la clientèle était circonscrite aux habitants de la ville. Quelques petits confectionneurs ou fripiers préparaient à l'avance des vêtements grossiers qui étaient vendus aux habitants de la campagne, surtout à l'époque des foires.

Mais en 1842 la maison connue sous le nom des Cent mUle PdUtots donna à cette industrie une grande impulsion. A côté d'elle sont venues se grouper quatre maisons de premier ordre et cinq ou six moins importantes, vendant ensemble dans une année moyenne pour 2,250,000 fr. de vêtements confectionnés. Ces maisons occupent pendant toute l'année de 250 à 300 employés et ouvriers. Le nombre de ces derniers augmente d'un tiers à l'époque du printemps et de l'automne.

Les moyens mécaniques entrent environ pour un tiers dans l'ensemble du travail.

L'écoulement de ces produits a lieu principalement dans l'intérieur.

L'exportation pour les pays lointains et les colonies, qui avait il y a quelques années une certaine importance, se trouve considérablement réduite par suite de la concurrence de l'industrie parisienne.

Chapellerie de feutre ou de sole. — Cette industrie comptait à Bordeaux, avant 1789, 16 fabriques, dont le produit brut était évalué à 120,000 fr.

Elle prit, de 1830 à 1848, tm développement considérable. Le nombre de ses ouvriers s'élevait vers 1848 à 1,200, et la valeur de ses produits

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dépassait 4 millions de francs. Une partie de ces chapeaux était expédiée dans r Amérique du Sud et les colonies espagnoles.

Depuis une vingtaine d^années, les exigences des ouvriers chapeliers, rétat permanent de grève dans lequel ils se sont placés au moyen d^iine vaste association, la hausse de la main-d^œuvre qui en a été la conséquence, toutes ces circonstances ont exercé une influence fâcheuse sur Pindustrie bordelaise, qui n^a pu lutter avec la Belgique et rAllemagne pour les produits communs, et qui a ainsi perdu peu à peu tous ses débouchés des colonies.

Réduite à la consommation locale et aux produits d^une qualité supérieure, cette industrie a promptement décliné. Elle n'est plus représentée dans notre ville que par trois maisons de quelque importance et plusieurs maisons secondaires, faisant un chiffre d'affaires de 600 à 800,000 fr. et occupant environ 200 ouvriers et une cinquantaine d'ouvrières.

Chapeaux de paille (Fabrication des). — Cette industrie, presque inconnue à Bordeaux avant 1858, a pris depuis cette époque une certaine importance, par la création de la maison J. Giraudeau et C. Cet établissement modèle, muni de machines perfectionnées, fabrique à lui seul plus que tous les autres ateliers de Bordeaux réunis. Il a son centre à Bordeaux et deux ateliers à La Brède et à Barsac ; il occupe 70 ouvrières pour la couture des chapeaux.

Les autres maisons de Bordeaux sont presque toutes fondées par des Italiens, fabriquant moins de chapeaux qu'ils n'en reçoivent tout cousus prêts à mettre en forme.

En somme, cette industrie occupe dans la Gironde environ 50 hommes et 150 femmes, et met en vente pour 600 à 700,000 fr. de chapeaux de paille de différents genres, rivalisant pour la qualité comme pour l'él^ance avec ceux des fabriques les plus renommées. Un tiers environ de ces chapeaux est exporté dans les colonies françaises, aux Antilles, dans l'Amérique du Sud, en Orient et dans l'Inde; les deux autres tiers sont vendus à Bordeaux et dans les principales villes de France.

Les matières premières, le plus souvent tissées, nous arrivent de l'Angleterre, de la Belgique, de la Suisse, de l'Italie, de l'Amérique et de Tlnde.

Parapluies (Fabrication des). — Cette fabrication était presque nulle a Bordeaux et dans les départements voisins avant 1815, époque vers laquelle M. J.-P. Noyer fonda une maison de gros qui occupa d'abord 20 à 30 personnes. En 1852, M. J. Saulière succéda à M. Noyer et donna à sa maison un développement considérable. Il en a fait une véritable manufacture. Elle emploie environ 300 ouvriers ou ouvrières, presque tous occupés à leurs pièces et gagnant, les hommes de 3 à 5 fr., et les femmes de 1 fr. 50 à 3 fr.

Plus de 400,000 articles sont annuellement fabriqués par la maison J. Saulière, qui les expédie sur tous les points de la France et à l'étranger, surtout en Espagne et en Portugal.

La Gironde possède, en outre, une maison de gros occupant environ 100 ouvriers ou ouvrières, et une centaine de maisons de détail faisant fabriquer pour leur compte et occupant ensemble au moins 300 ouvrières.

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