‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 433 sur 701 · CHAPITRE VI. — INDUSTRIES METALLURGIQUES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — INDUSTRIES METALLURGIQUES

La valeur totale des produits de cette industrie atteint année moyenne au moins 4 millions de francs.

On trouve en France la majeure partie des matières premières servant à cette fabrication. Nos bois fournissent l'élément de la canne; nos usines métallurgiques, les objets employés dans la construction des montures; nos fabriques de Lyon ou de Rouen, les tissus de soie et de coton qui font les couvertures des parapluies, ombrelles ou en-tous-cas. L'industrie parisienne fournit la plupart des cannes ou montures ; Bordeaux ne tire de rétranger que quelques joncs exotiques (façonnés en France) et quelques tissus anglais.

S VIIL — INDUSTRIES MÉTALLURGIQUES.

Les industries métallurgiques, quoique d'assez faible importance dans le département de la Gironde, peuvent être le sujet d'études intéressantes.

Haats-foumeauz, affineries, moulage. — Vers 1840, les hauts fourneaux destinés à traiter les minerais de nos landes au moyen du combustible dont elles regorgent sur différents points, commençaient à prendre un grand développement : 5 hauts-fourneaux étaient en pleine activité, cinq autres venaient d'être organisés et promettaient les bons résultats qu'ils ont donnés plus tard. Ces hauts- fourneaux et leurs forges occupaient en moyenne 250 ouvriers (') et produisaient annuellement 2,250 tonnes.

Bordeaux possédait aussi plusieurs petites forges, et les ateliers de mécanique commençaient à s'y multiplier. Ces forges et hauts-fourneaux continuèrent à prospérer pendant quelques années; protégés par des droits de douane très-élevés qui frappaient les fers étrangers, ils

(*) Voici ceg dix forges :

jo Forffe dite du Brun ou de Lugos, sur le Brun, affluent de la Lnyro 40 ouvriers.

2o ^- de Bélict, sur le ruisseau de Saiat-Magne 22 —

3o — de La Trave, commune d'Uzesie, sur fe Cirou 43 —

4© — de Cazeneuve, commune de Pompéjac, sur le Ciron 14 —

5o — de Castelnau-de-Mesme, sur un petit affluent du Ciron 37 —

&> — du Haut-Giron, a Castetnau-de-Mesme 7 —

7« — de Biganns, sur un affluent de la Loyrc 37 —

8o — de Beaulac, commune do Beruos, sur le Giron 13 —

9« — du Pontet, commune de Beliot 15 —

lO» — de Bacalan, à Bordeaux 30 —

Total 258 ouvriers.

Les dnq premières de ces forges, en pleine activité on 1889, produisaient snouellement :

en fonte moulée, 800 tonnes à 250 fr., ci 200,000 fr.

en fonte brute, 1,450 tonnes à I50 fr., ci 217,000

Total... 2,250 tonnes valant 417,000 fr.

Elles consommaient en minerai, costine et charbon de bois 161,062

Produit net, dont il faut déduire le prix de la nwiu-d'œuvre. . 255,938 fr.

Sept feax d'affinerie produitaiont ensemble annuellement :

fer en barre, 700 tonnes à 45 f^j'ci 315,O0OfE.

et consommaient :

1 .060 tonnes de fonte brute à 15 f^., ci ... : 157,S00 fr. ) 997 raa

et 1,750 tonnes de cliarbon de bois 70,000 ) gg/»aw

87,500 fr. 87.500

Total du produit net, dont il faut déduire le prix do la main-d'œuvre. 343,438 fr.

atteignirent un chiffre d^ production beaucoup plus élevé que celui que nous venons de signaler pour 1840.

En 1860, une ère commerciale nouvelle fut ouverte par les traita de commerce que la France conclut avec différents pays étrangers; eUe débuta par une crise très forte dans toute Pindustrie métallurgique française. Cette crise concorda avec Fépuisement de la mince couche de minerai de fer de nos landes. Il en résulta que la plupart des usines de notre région tomborent les unes après les autres.

Seuls, les forges et hauts-fourneaux qui ont été organisés sur une grande échelle et selon tous les procédés nouveaux, conmie le sont les usines de Beaulac et de Labouhejre, ont pu lutter avec les forgœ étrangères. La production de la fonte et des usines de la Gironde s'est élevée en 1874, alors que deux ou trois usines seulement fonctionnaient, à 10,500 tonnes de première ou de deuxième fusion, c'est-à-dire à un chiffre trois fois plus fort que celui de 1840, époque à laquelle la Gironde possédait dix usines en {ictivité. La valeur de ces produits est d'au moins 2 millions de francs. En 1876, cette production a été réduite à 5,500 tonnes de fonte et 944 tonnes de fer.

Sur les cinq usines qui existent dans la Gironde, deux fonctionnent aujourd'hui (1877); la plus prospère est celle qui est la plus considérable et la mieux outillée : nous voulons parler de celle de Beaulac (*).

L'autre usine en activité est celle de Pont-Nau, à Biganos, qui fait surtout de la fonte de première fusion avec des minerais venant d'Espagne ou du Périgord. Elle occupe de 12 à 15 ouvriers et produit par 24 heures environ 2,500 kilog. de fonte destinée en grande partie à l'État.

Les trois autres hauts-fourneaux sont ceux du Brun, à Lugos; de Bacalan, à Bordeaux, et de La Trave, à Uzeste. L'état de chômage danâ lequel ils se trouvent, les uns depuis un an, les autres depuis plus longtemps, peut être l'effet de causes différentes ; mais la principale est à coup sûr leur situation défavorable au point de vue des approvisionnements en minerai ou en combustible.

Fonderies de cuivre, zinc, étain et bronze. — Il y a trente ans il n'existait dans le département que deux fonderies de cuivre et de bronze. Aujourd'hui, cette industrie a pris un très grand développement depuis l'établissement des chemins de fer et de nombreuses usines où les machines tiennent une large place. On peut la diviser en deux branches :

l^ Fonderies pour V industrie et cloches. On en compte 10 dans le département, dont 8 à Bordeaux. Ces usines fondent des cuivres ou bronzes bruts ou ouvrés pour la mécanique, pour la robineterie pour l'eau et le gaz, enfin pour les objets d'art. Parmi ces fonderies, on en remarque une

(1/ L'usine de Beaulac est située sur les bords de la petite rivièro le Ctron, près de la roule natioaaio de Bordeaux en Espagne, à 7 kilomètres du chemia de fer de Basas, où elle reçoit les minerais d'Espagne presque directement. Elle offre % immenses liauts-foumoaux, 4 feux d'ofllnerie, 2 cubilots, % moteurs hydrauliques puissants dont un dessert une ma^oitique machine soufflante, entin une machine à vapeur faisant mouvoir 2 marteaux pilons et divers outils. Les deux huuts-foumeaux ont une production moyenne de 7 tonnes par jour, et ses deux cubilots, servant à la douxiômo fusion, peuvent produire 90 tonnes de fer par jour.

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