‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 44 sur 701 · CHAPITRE IV. — LES BAUX. — LA OIRONDE · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — LES BAUX. — LA OIRONDE

» iiCteiut fiujourii'hm Si) Iiecl., sur loaiuels 60, entourés de digues, sont (consacrés aux vignes, terres labourables et prairies.

Cette tie appartient â M. Fonade, qui a fait établir eo 1875 un puits art^ioD de â5 m. de profondeur, débitant 1,200 litres par minute, k 3 m. 50 c. au dessus du sol. — Population sédentaire, 40 personnes.

L'Ile Nulivëlle ou SANs-PA.i>f, située a 12 kilom. du Bec-d'Amb&s, dépend de la commune de Slave. LonpruGur, 3,300 m., lar^ur maximum, 500 m. Sa superficie était en 1812 do 49 hect.; elle atteint aujourd'hui 130 hect., dont 112 hcct., entourés de digues, sont consacrés aux Tlgnes, terres labourables et prairies.

Cette île, il y a peu de temps pro[>i'iélé domaniale, était vers 1858 menacée de destruction par l'aetion des himea et des courants. Considérant qu'elle abritait trés-effleacemeiit la nidf ilu port de Blaye contre les vents d'ouest, l'administration des ponts et l'ijaussées, avec l'aide de celle des domaines, a dépensé, de 1S59 k IISOU, une somme de 314,194 fr. 94 c. pour la défense de cette île; elle n. {ii>iir cela, &it exécuter un cordon d'enrochements submersible sur l'estruii. à la droite des beiges corrodées par les lames; l'immersion d'enrocbi: minuta au pied des parties de riTSS aflbujilées par les courants et la construction d'une di^e, élevée de i m. 50 c. au dessus de l'étiik^e, destinée à fermer le passage existant entre l'ile Sans-Pain et l'île Qouelmud. Ces travaux ont très-bien réussi et cette île a été vendue par les Doraiiiiu's en 1866 à M. La Fonta, qui y a créé un magnifique vignoble de 00 bci-t.. et y a fait construire un puits artésien ayant 90 m. de profondeur et iloimant 500 litres par minute, à 2 m. 50 c. au-dessus du sol. Population sédentaire, 12 familles; population Bottante, 50 !k 60 personnes.

L'Ilb DU Pâté, située il 10 kilom. iIu I!ci.'-d'Ambès, dépend de la commune de Blaye. Longueur, 900 m., largeur m^iïimum, 200 m. Elle se trouve & 1,200 m. de la rive droite de la Glroude. et k 1,800 m. de la rive gauche. L'époque de sa formation doit remonter au dix-septième siècle. Sa superficie est de 12 hcct., dont 2 beet. sont occupés par un petit fort. Le reste, non endigue, est en prairii^s .servant de pacages et affermées ],'Î05 fr. n n'y a pas d'autre populutum que la garnison du fort, qui est de 15 hommes.

L'Ilb Vehte, située ti 5 kil. du Be(.'-i.r.Vmbë9, dépend de la commune de Plasaac. Longueur, 3,200 m., largeur maximum, 450 m. Elle se trouve à 2,000 m. de la rive droite de lu Uiroode, et à 800 m. de la rive gauche. Sa superficie était en 1812 de ôij hect.; elle a atteint aujourd'hui 110 hect., dont 120, entourés de digues, sont consacrés aux vignes, aux terres labourables et aux prairies. I.ks digues occupent une superficie de 10 hect.; le reste est en prairies.

Le propriétaire actuel, M. Abel I.»uri<iit, la fait exploiter avec un soin tel, qu'elle peut être considérée eumnie une propriété modèle. Il y a fait creuser un puits artésien qui, a S.'j m. de profondeur, donne 4,500 litres d'eau à la minute, k 10 m. au-dessus du sol.

Le beau vignoble de l'Ile Verte tsi: appelé à produire 50 tonneaux de vin. On récolte sur cette île euviron 4,000 kilog. de prunes et

68 LIVRB I*' — TOPOGRAPHIE.

300 hcctol. en pommes et poires. Population sédentaire, 79 personnes ; population flottante, 40 à 60 personnes.

L'île Verte est aujourd'hui réunie à l'île du Nord par des alluvions qui ont presque atteint la hauteur de l'ancien sol, mais qui n'ont pas «encore assez de consistance pour être mises en culture.

L'Ile de Fumadelle, située dans le bras de Macau, au droit de Tîle du Nord, fait partie de la commune de Soussans; longueur, 2,400 m., largeur maxima, 200 m.; elle a 33 hect. 32 ares de superficie, qui se divisent comme suit : terres labourables, 20 hect., vignes, 3 hect. 66 ares, prairies et aubarèdes, 8 hect. 66 ares. Sa population est de 9 personnes.

L'Ile de la Tour-de-Mons ou de Maroaux est située dans la commune de Margaux; longueur, 900 m., largeur maxima, 250 m.; elle a ane superficie de 16 hect. 33 ares, en terres labourables et aubarèdes.

Ile du Nord. Cette île est située partie dans la commune de Villeneuve et partie dans celle de Gauriac; longueur, 3,600 m., largeur maximum, 600 m.; elle a une superficie de 149 hect. 28 ares, qui se subdivisent en vignes, '7*7 hect. 65 ares ; terres labourables, 34 hect. 32 ares ; aubarèdes et pacages, 28 hect. 32 ares; prairies, 8 hect. 99 ares.

Les alluvions qui forment la partie supérieure de cette île, reposent sur im fond très-propice à la viticulture, oîi se trouvent les deux excellents vignobles de MM. Sourget et Dupouy.

Alluvions du Garguil. L'île Cazeau et l'île du Nord étaient autrefois séparées par un détroit au milieu duquel se trouvait l'îlot du Garguil, et par ou passaient I,es navires qui voulaient entrer dans la Garonne par la passe de Macau. En 1856 et 1857, l'administration a fait construire un barrage en enrochements, entre l'extrémité ouest de l'îlot et la pointe sud de l'île du Nord ; en 1858 et 1859, ce barrage a été prolongé vers l'amont et raccordé avec la rive ouest de l'île Cazeau. La construction de ce barrage a provoqué un dépôt d'alluvions dans toute l'étendue du détroit de Grarguil, et depuis plusieurs années des plantations d'oseraies et d'aubarèdes y ont été faites avec succès.

Ile Cazeau. Cette île, située dans la commune de Bayon, appartient k M™® Auguste Pierlot. Longueur 3,800 m., largeur maximum, 1,000 m.; sa superficie est de 266 hect. 65 ares, divisés comme suit : terres labourables, 75 hect.; vignes, 26 hect. 33 ares; prairies, 43 hect. 33 ares; vimières, 12 hect. 66 ares; aubarèdes et pacages, 109 hect. 33 ares.

Sa population est de 99 habitants. On y trouve un puits artésien donnant environ 200 litres par minute.

L'Ilot de Macau, situé à l'extrémité amont de l'île Cazeau, fait partie de la commune de Macau. Il appartient à l'État, n'est pas habité et comprend 8 hect. de prairies. L'administration a affermé cette île à M"*® veuve Pierlot, en se réservant le droit de l'occuper en cas d'érosions ou pour l'amélioration des passes. En amont de cet îlot, il s'est formé depuis quelques années un autre îlot qui n'est séparé du premier que par un chenal qui découvre à mer basse. Il y croît des joncs, des roseaux et des herbages. Il n'est pas afi^ermé.

Dans le bras de Macau, au droit de Garguil, il existe un petit îlot

CSAPIIBB IV. LUS EAUX. — LA OIKONDE. 09

'l'environ 20 ares, qui pi^ndant jilusieurs um4es tendftit à disparaître; il semble depuis quelque temps se rcronuer en s'allon^eant vers Taval. Il est, comme les précédents, la propriété de l'État.

Entrée et passes de la Gironde et de la Garonne. — Sur i» rive rlrnice, la Gironde, coustaiument agitée, attaque les biaises abruptes 'le k Saintonjre et les détruit peu s peu, tandis que sur sa rive gauche dps euToseuients se sont opérés et s'opèrent sans cesse. Ainsi le banc de Tiiiais, qui ne s'apercevait pas en 1812 à mer basse, découvrait en 1825; en remontant plus haut, on trouvi" que Jau, Di^nac et Loirac formaient '4 Iles et que le vieux Soulac ctuît au douzième siècle plus rapproché du Seuve de la Gironde que de l'Ocêau,

La Gironde paraît avoir eu, à ùca temps très-reculés, son embouchure entre les rochers de Cordouan et la conohe de Bonne-Anse (Charente- Inférieuref; ces rochers devaient rejoindre ceux de" Saint-Nicolas et de Barbe-Grise, et se trouver âur ia cOte unie qui vient en ligne droite d'ArcachoQ. La Pointe-de-Grave, minée par la mer, s'avance de 1,200 m. lie moins qu'en HSO. Il est donc incontestable que l'Océan tend à gagner kcrs l'Est, et que le fleuve U Giriinde, à son embouchure, gagne vers le Nord, tandis qu'il abandonne constamment des terrains au Sud. Ainsi, k la pointe de Vallières, au-dessus de Eojan, le fleuve gagne, depuis quarante ans, dans un terrain de roche calcaire, environ 1 m. par année.

En 1152, il y avait n l'emboucliure de la Gironde, d'après M. Magin, auteur de la première carte exacte de ce fleuve, des bancs de rocher et de sable laissant six passes courtes. A ce moment, au mo^en de la carte et dea balises, les plus gros navires entraient k basse mer par la passe du iftUlier ou de Saiatonge, comprise entre le banc rocheux de la Maueaite et le banc sableux de la pointe de Vitirre.

Les autres passes étaient pratiirables à mi-marée pour les navires calants m. Depuis lors, les sables ont détruit plusieurs de ces passes.

En 1815, on n'en comptait plu-f que trois également praticables ; celle du Nord, dite de la f'ou'irf : celle du Sud, dite de Grave, et celle du Matelier, intermédiaire.

.^ujourd'lmi, l'entrée de la rivière se fait par trois passes connues boub If-s noms de ptste d» Nord, paise du Sud, paite des CharentaU.

La pMK du Nord, la plus fréi^uentée, présente seule de la sécurité pendant les mauvaises mers; ellp longe la côte de Saintonge; elle est limitée, à gauche, par les bancs de Montrevel, de Grand-Banc, de la MauTaittc, et à droite par le banc de la Coubre,

La paue dex Charenlais. qui traverse le Grand-Banc, est moins profonde que la précédente et ne peut élrn suivie que par do très-beaux temps.

Va p4UH dtt Sud est la moins profonde des trois passes; les grands nHTÎres ne peuvent s'y engager qu'à mi-marée; elle est moins sûre que la passe du Nord, mais en morte eau les courants de flot j sont plus forts que dans la passe du Nord, svantaffe fort apprécié des navigateurs; cette passe est bordée : à gauclie par In cdt« du Médoc, et à droite par le banc ■\a Gros-Terrier, les roclicrs di? Cordouan et le hanc du Clievrier, après lequel vient celui des Olives.

ifO LIVRE I«' — TOPOGRAPHIE.

Dans rintérieur de la Gironde, entre la Pointe-de-Grave et Pauillac, on rencontre de nombreux bancs que nous avons énuméres précédemment (p. 65). Ils divisent le fleuve en deux parties et constituent la passe de Saintonge et la passe du Médoc. Les principaux de ces bancs sont : le banc des Marguerites, le banc de Goulée, le bamc de Saint-Seurin.

La passe de Saintonge est peu fréquentée par les grands navires ; elle présente des dangers et en outre des courants qui portent à la côte.

La passe du Atédoc, quoique entourée de bancs de tous côtés, est fréquentée à toute heure de marée, et les courants y suivent le chenaL

De Pauillac à Bordeaux, notre beau fleuve présente, avons-nous dit, un grand nombre d^îles ou de bancs formés par les vases que charrient la Dordogne et la Garonne, et qui se déposent par suite de Télargissement de leur lit commun.

Ces îles, dont nous avons donné la nomenclature p. 67 et 68, ont depuis fort longtemps formé deux passes qui paraissent, diaprés les recherches de M. Pairier, avoir souvent varié de profondeur : l'une, appelée la Passe de Macau, se trouve sur la rive gauche du fleuve ; l'autre, appelée Passe du Bec, est située du côté de la rive droite.

Au commencement du dix-huitième siècle, la passe du Bec était seule fréquentée par les grands navires, qui, vers 1752, durent changer de route et ne plus suivre que la passe de Macau. En 1780, la passe du Bec redevint praticable pour la grande navigation, qui depuis lors ne l'a plus quittée.

Vers 1848, il y eut un retour des courants vers le bras de Macau; on dut alors penser à modifier cet état de choses, qui faisait perdre à la passe du Bec une partie de sa profondeur, et l'on mit à l'étude les travaux dont nous allons bientôt parler.

Du Bec-d'Âmbès à Bordeaux, il y a toujours eu une succession de chenaux facilement navigables à toutes heures, et de barres difficiles à franchir, même au moment de la pleine mer. Ces barres, formées de sables, n'ont fait que varier quelque peu de position et de hauteur; elle.s ont toujours existé aux mêmes lieux.

Quatre de ces barres ont offert des obstacles sérieux à la navigation ; ce sont : la barre du Bec-d'Ambès, la barre de Montferrand, la barre de Bassens et la barre de Bacalan.

Sur la barre du Bec, d'après les observations de M. Pairier, le tirant d'eau, après avoir été faible en 1752, s'est augmenté en 1813 et en 1825; il est devenu très-faible en 1842, mais il a surtout diminué de 1848 à 1850, époque à laquelle il est descendu à 1 m. 50 c. Il est aujourd'hui de 2 m. 50 c. à 3 m. à mer basse.

Sur la barre de Mont/errand, le tirant d'eau a peu varié de 1752 à 1842 ; mais de 1818 à 1850, il a eu le même sort que celui de la barre du Bec; il est aujourd'hui de 3 m. 90 c. à mer basse.

La barre de Bassens, située entre le mouillage de Bassens et celui de Lormont, a souvent aussi présenté des difficultés à la navigation.

La barre de Bacalan est actuellement celle qui gêne le plus l'accès du port de Bordeaux aux gros navires ; aussi est^Ue l'objet d'un endiguement

Page 1