CHAPITRE VI. — INDUSTRIES DE L'aMEUBLBMBNT
centres de fabrication des manches à balai ordinaires sont : Saint- Sjmphorien, ou une usine occupe à elle seule plus de 20 ouvriers ; Bazas, Beliet, Salles, Saint-Médard-en-Jalle, Le Taillan, et Bordeaux où une usine à vapeur produit chaque année plus de 300,000 manches.
Les différents ateliers du département de la Gironde, petits ou grands, produisent ensemble au moins 1,500,000 balais, dont la valeur atteint à peu près 1 million de francs. Un tiers environ de ces balais, surtout les plus soignés et les plus chers, est exporté principalement en Angleterre, dans r Amérique du Sud et en Australie.
Fleurs. — Depuis quelques années la fabrication des fleurs a considérablement augmenté, à Bordeaux. 30 maisons, fabriquant au moins les trois quarts des fleurs qu^elles vendent, occupent ensemble plus de 250 ouvrières ; trois de ces maisons, plus importantes que les autres, en occupent à elles seules 50 en moyenne. Ces ouvrières travaillent presque toujours à la journée et sont payées de 1 fr. 50 à 2 fr. 50 par jour.
Toutes les matières premières et une certaine quantité de fleujrs fabriquées ou préparées viennent de Paris.
La valeur des fleurs fabriquées k Bordeaux peut s^élever, année moyenne, à 800,000 fr.; ces fleurs sont consommées dans les départements voisins et dans les colonies; mais par suite de la mauvaise situation conmierciale des républiques de la Plata, ce dernier débouché a sensiblement diminué dMmportance depuis quelques années.
La fabrication des fleurs est divisée à Bordeaux en deux branches assez distinctes : d^un côté, dans les environs du quartier Saint-Paul, on fabrique principalement les fleurs d^église, tandis qu^au centre de la ville, (tans les environs du cours de Tlntendance, on fabrique presque exclusivement des fleurs fines pour parures de bals, soirées, etc. Nous pouvons lire sans vanité qu^après Paris, Bordeaux est la première ville de France ^our la fabrication des fleurs fines.
Marbrerie. — Cette industrie a pris depuis 1845 environ un grand léveloppement par suite de la réduction du prix des matières premières. SUe occupe environ 100 ouvriers répartis dans 3 grands ateliers et 5 ateliers moins importants. Les ouvriers, généralement payés à la oumée, ont un salaire moyen de 4 fr. par jour; les sculpteurs sont )ayé8 jusqu^à 8 fr.
La majeure partie des marbres travaillés à Bordeaux viennent des Pyrénées, de TAnjou, de la Bourgogne et de la Flandre, à Pétat de ranches ou de produits manufacturés.
Les ateliers de Bordeaux sont presque exclusivement occupés au ravail des marbres destinés à Tarchitecture civile ou religieuse; les heminées nous viennent toutes faites des grands ateliers situés à côté ies lieux de production.
Deux de nos grandes marbreries sont réunies à des ateliers de menuierie et d^ameublement pour églises qui occupent environ 70 ouvriers.
Ces ateliers, très réputés et à juste titre, expédient les trois quarts e leurs produits dans les départements voisins du nôtre et dans les olonies. La valeur de ces produits atteint à peu près 500,000 fr.
Carrosserie. — La carrosserie a beaucoup grandi, depuis trente ans environ, dans la Gironde. Huit maisons principales, la Compagnie des Omnibus comprise, réunissent dans leurs ateliers la plupart des branches de cette industrie. Quinze maisons de deuxième ordre n^ajant pas d^ateliers proprement dits font faire pour leur compte dans dea ateliers spéciaux la charronnerie, la menuiserie, la forge, la. peinture, et s'occupent principalement de sellerie. Enfin, un grand nombre de maisons moins importantes, situées à Bordeaux ou dans les petites villes du département, font les réparations ou les petits travaux.
La carrosserie occupe environ 1,200 ouvriers qui, en moyenne, gagnent de 4 à 5 fr. par jour. Les ouvriers les plus habiles peuvent gagner jusqu'à 10 fr. On trouve, dans les grands ateliers seulement, près d'un quart des ouvriers travaillant à leurs pièces.
La carrosserie bordelaise produit des voitures en tous genres; mais Bordeaux est surtout renommé pour les voitures de luxe, telles que landaus,, calèches, berlines, clarences, coupés et omnibus de famille. L'omnibus de famille de divers genres y est très-élégant, et on y trouve depuis celui du boutiquier jusqu'à celui qui porte le cachet du grand luxe.
C'est à Bordeaux qu'ont été inventés les nouveaux systèmes de chasse-glaces, brevetés, pour landaus.
Les matières premières, telles que bois d'acacia, de frêne, d'ormeau, de noyer, fers forgés et aciers, sont en graude partie tirées des forets ou des forges de notre département et des départements voisins.
La valeur des produits de la carrosserie bordelaise atteint, dans une année ordinaire, 3,500,000 fr. environ.
Une partie de ses produits est expédiée dans les départements voisins dans un rayon de 250 kilomètres environ, en Espagne et dans les colonies.
Billards. — La fabrication des billards à Bordeaux remonte de 1800 à 1810. Elle se fait aujourd'hui dans 8 maisons spéciales occupant en moyenne 40 ouvriers; ces ouvriers sont presque tous employés à la journée et gagnent de 4 à 5 fr. Ils fabriquent environ 250 billards par an et une grande quantité d'autres jeux de salon ou de jardin.
La valeur des produits de ces ateliers s'élève à environ 250,000 fr. année moyenne, dont près de la moitié à la maison A. Durand et 0**, qui possède une succursale à Marseille.
Un quart des billards fabriqués à Bordeaux est expédié en Orient et dans l'Amérique du Sud ; un autre quart est vendu dans la Gironde, et le reste dans les départements voisins.
On fabrique quelques billards à Libourne, à La Réole, à Preignac, dans des ateliers d'ébénisterie faisant toute espèce de meubles, mais il n'y a de maisons spéciales qu'à Bordeaux.