‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 443 sur 701 · S XL — INDUSTRIES S'EXERÇANT SUR DES MATIÈRES MINÉRALES · texte numérisé non relu

S XL — INDUSTRIES S'EXERÇANT SUR DES MATIÈRES MINÉRALES

Pétrole (Raffineries de). — Bordeaux possède deux usines où le pétrole d'Amérique est rectifié. Ces deux établissements sont situés au delà des barrières de la ville : l'un au nord dans la commune de Bègles, l'autre sur

CH.\PITBB VI. — péroOLB, SALPÊTRE. 649

les bords de la Garonne dans le quartier de La Bastide. Ils préparent, indépendamment des raffinés pour Péclairage, diverses essences ou huiles légères. Ces essences sont vendues sous le nom de benzine de pétrole et d'éther de pétrole. Uune de ces raffineries sépitre des pétroles bruts des huiles lourdes paraffinées que Ton emploie pour le graissage des machines.

Ces deux établissements ont une belle installation oii aucune précaution n*a été n%ligée pour éviter les incendies. Ils occupent de 70 à 75 personnes directement attachées au service de la raffinerie.

La quantité de pétrole brut raffiné annuellement dans ces deux usines s^élève à environ 60,000 barils de 160 à 165 litres, dont les produits sont en grande partie consommés dans le bassin de la Gironde. La valeur annuelle de ces produits peut être évaluée à 1,750,000 fr.

L^usine de Bègles distille aussi du brai sec ou résidu de la fabrication de l'essence de térébenthine. Cette opération produit une huile fluide que Von emploie concurremment avec Pessence de térébenthine et diverses huiles visqueuses pour graisser les voitures.

Salpêtre. — Depuis quelques années, cette industrie ne se borne plus à pourvoir aux besoins de PÉtat pour ses poudreries ; elle fournit aussi des engrais à l'agriculture, engrais dont l'emploi fait tous les jours des progrès, surtout depuis les travaux et les publications de MM. G. Ville et H. Joulie.

La ville de Bordeaux possède 3 usines particulières produisant environ 2,500,000 kilogrammes de salpêtre, et une raffinerie nationale, important établissement dont nous avons parlé page 592. Les trois usines particulières occupent ensemble environ 20 ouvriers, dont le salaire moyen est de 5 fr. par jour.

Les matières premières servant à cette industrie sont les nitrates de potasse importés des mines de Prusse, et les nitrates de soude venant de PLide et des mers du Sud.

Les relations commerciales de notre ville et sa situation tendent à en faire un centre d'approvisionnement pour un grand nombre de poudreries. Nous espérons, d'un autre cdté, qu'avant longtemps l'agriculture consommera d'importantes quantités de ces nitrates de potasse, dont la valeur fertilisante est considérable par rapport à leur prix, environ 60 fr. les 100 kilos.

Parmi les résidus du salpêtre, se trouve beaucoup de sel marin mélangé à 4 ou 5 p. 100 de produits fécondants : chlorure de potassium, nitrates, sulfates et carbonates de potasse, nitrates de soude, colle forte, etc. ; ce sel marin mélangé au fumier de ferme, pourrait rendre de grands services à l'agriculture, son effet principal étant de ralentir la décomposition des fumiers et de permettre aux plantes de s'assimiler une plus grande quantité de leurs principes fertilisants. Malheureusement l'administration des finances met de grandes entraves k l'emploi agricole de ce sel. La presque totalité des sels est livrée aux manufactures de tabac de l'État à 1 centime le kilogramme et sert à retarder la fermentation des tabacs.

Marais salants. — Cette industrie, qui occupait autrefois des étendues de terrain considérables sur les bords du bassin d'Ârcachon et

650 LIVRE vn. — INDUSTHIB.

dans le canton de Saint-Vivien, à rembouchure de la Gironde, esl aujourd'hui à peu près abandonnée. Une partie de ces oiarais salante a été transformée en réservoirs à poisson.

Produits chimiques. — Bordeaux possède une usine de produits chimiques assez importante, organisée par la Société anonyme des produits chimiques agricoles. Elle fabrique principalement de Tacide sulfuriqae, de Tacide nitrique, de Tacide chlorhjdrique, du sulfate d'ammoniaque, de la chaux vive et divers engrais chimiques. Le sulfate d'ammoniaque provient du traitement des eaux ammoniacales de l'usine à gaz de la ville.

Les engrais phosphatés sont préparés avec les phosphates naturels provenant de carrières que les propriétaires de l'usine font exploiter dans les départements du Lot, de Lot-et-Garonne et de l'Aveyron.

Poteries diverses. — Des traces assez nombreuses de &briques importantes de poteries gallo-romaines ont été reconnues dans notre département. Vers la fin du moyen âge, nous voyons cette industrie avoir une importance relativement considérable dans l'Entre-deux-Mers, du côté de Sadirac. En 1820, elle suivait «ncore dans la Gironde les vieux errements et la routine, alors que dans d'autres parties de la France, et surtout en Angleterre, de grands progrès avaient été réalisés.

Après avoir passé quelques années dans les nombreuses manufactures du comté de Staffbrd, M. de Saint-Amans est venu nous initier aux différents procédés nouveaux de cette industrie, et nous enseigner à fiure nous-mêmes ce que nous allions nous procurer à grands frais k l'étranger.

La première fabrique de poteries, à l'imitation de celles d'Angleterre, n'eut pas le succès que semblait lui promettre l'accueil fait à ses produits.

Aujourd'hui, Bordeaux possède une manufacture dont les produits sont à la fois élégants et à bon marché. Pour arriver à ces résultats, il fallait d'immenses capitaux, le goût du beau et du bon, une constance supérieure à tout obstacle, un entier désintéressement et surtout le désir profond de servir utilement son pays. Tout cela s'est trouvé dans le fondateur de la manufacture dont nous allons parler.

Manufacture de porcelaines et faïences. — Cette belle manufiieture fut fondée en 1836 sur l'emplacement des anciens moulins dits des ChartrùM, grâce à ime société à la tête de laquelle se trouvait M. David Johnston. Au début, les aspirations artistiques y reléguèrent trop au second plan la fabrication des articles de grande consonmiation ; aussi, après ime apparition brillante à l'Exposition de Paris en 1839, la manufacture ne tarda-t-elle pas à faire de mauvaises affaires. Elle fut réorganisée définitivement, en 1845, par M. J. Vieillard. Cet établissement occupe, sur les quais de Bacalan, une superficie de 50,000 mètres carrés, dont 30,000 sont aujourd'hui couverts de bâtiments qui se coordonnent admirablement pour simplifier le service des ateliers et leur surveillance. Les matières premières, déposées par les navires ou les allèges à la porte des premiers magasins, avancent dans l'établissement des ateliers de criblage et de nettoyage vers les moulins qui les broient, puis vers les ateliers où elles sont mélangées, tamisées, pressées, desséchées ; de là, suivant toujours une marche progressive, elles ne sortent des mains des mouleurs,

Page 1