‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 444 sur 701 · CHAPITRE VI. — POTBBIE BT FAÏENCE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — POTBBIE BT FAÏENCE

des ébaucheurs ou des gamîsseurs, que pour arriver au trempage, aux impressions ou aux décors à la main, aux fours et enfin aux magasins d'oïl on les expédie.

Cette manufacture comprend 18 fours, grands ou petits, consacrés aux produits céramiques, sans compter les moufles et les verreries (^) .

Six machines à vapeur fixes et trois locomobiles, représentant ensemble une force de 200 chevaux, mettent en mouvement 25 moulins servant à broyer les matières premières, les appareils destinés au mélange et à la préparation des terres, les tours des ouvriers, les divers outils servant à la réparation et à la construction des appareils de la manufacture et à la fabrication des caisses d'emballage.

Le combustible consommé pour les fours et les machines s'élève à 15,000 tonnes de charbon par an.

Le personnel occupé dans l'établissement s'élève au chiffre de 1,000 à 1,100 personnes, dont la moitié travaillent à leurs pièces; les autres, les manœuvres principalement, sont payés à la journée. Les hommes gagnent depuis 2 fr. 50 jusqu'à 15 fr. par jour, les femmes de 1 fr. 25 à 3 fr. 50 et les enfants de 0 fr. 15 à 1 fr. 50.

Le total des salaires des ouvriers peut s'élever à un million par an et la valeur des produits fabriqués à 2,500,000 fr.

Ajoutons que la France ne possède que 4 usines de produits céramiques du genre de la manufacture Vieillard, et aucune ne l'atteint en importance. On peut même dire que l'ensemble des bâtiQients et des terrains j attenants dépasse par son importance tout ce qui existe en Europe ; l'Angleterre, qui possède des manufactures de produits céramiques si renommées, n'en a aucune qui puisse lui être comparée.

Des médailles honorifiques nombreuses ont été décernées à ses produits dans diverses expositions où ils rivalisaient avec les produits des fabriques les plus renommées.

L'heureux développement de cette manufacture est bien fait pour contredire ceux qui prétendaient que Bordeaux est une ville exclusivement commerciale. Que des manufacturiers habiles arrivent à Bordeaux avec des capitaux suffisants, et on verra bien des industries dont nous sommes obligés de constater ici l'absence ou le peu d'importance, naître et grandir comme grandit la manufacture Vieillard après une chute que n'avait pu empêcher son courageux et zélé créateur, M. David Johnston.

Poterie et faïence. — Le département de la Gironde possède, pour la fabrication des faïences et poteries de tous genres, 35 petites usines, assez différentes par leurs proportions comme par la nature de leurs produits; elles occupent ensemble de 160 à 170 ouvriers, qui gagnent à leurs pièces de 4 à 6 fr. par jour, et environ 300 manœuvres payés de 2 fr. 50

(t) En 1860, à l'époque où lo traité do commorre pouvait menacer l'industrie céramique en France, mais favoriser au contraire l'exportation des vins en bouteille, M. J. Vieillard, qui était à la tête de cet établissement depuis 1815, y ajouta une verrerie à bouteilles qui se compose aujourd'hui de 3 fours de fusion pouvant produire environ 15,000 bouteiUos par jour, usine comprise dans notre Notice tur les verreries, page 601

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à 3 fr. 50 par jour. La valeur annuelle moyenne de la production de ees petites usines atteint 600,000 fr.

Les 3 centres principaux de fabrication sont (l'usine Vieillard mise à part) : Sadirac (')) Rions et Pessac. Ces usines produisent toutes sortes de poteries de ménage, brutes ou vernies, des tuyaux de tous genres et des formes à sucre. Elles sont généralement situées près des carrières d*aii^le qu'elles exploitent, et emploient des sables pris dans le département.

La majeure partie des produits de nos poteries est consommée dans le département; le reste va dans la Dordogne, la Charente et la Charente- Inférieure.

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