‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 445 sur 701 · S XII.— INDUSTRIES S'EXERÇANTSUR LES MATIÈRES VÉGÉTALES · texte numérisé non relu

S XII.— INDUSTRIES S'EXERÇANTSUR LES MATIÈRES VÉGÉTALES

Produits résineux. — Le pin maritime croît dans une grande partie du département. On peut évaluer la superficie occupée dans la Gironde par ce genre de culture à 300,000 hectares, sans y comprendre les 125,000 hectares encore à Pétat de pacages ou de parcours et qui sont destinés a être avant longtemps transformés, en partie, en bois de pins.

Dans les envitons de Bordeaux et de nos grands vignobles, ces pins sont presque tous exploités comme bois de chauffage, poteaux de mines, échalas ou manches à balai ; dans un rayon plus éloigné, ils sont plus spécialement exploités au point de vue de la production de la résine et des bois de construction : dans ce but, ils sont éclaircis et aménagés de manière à leur laisser prendre le plus rapidement possible tout le développement qu'il peuvent acquérir.

A partir de la vingtième année, au moyen d'une incision pratiquée dans le tronc de Parbre, incision qu'on renouvelle alternativement une et deux fois par semaine du mois de mars au mois d'octobre, on détermine une exsudation de la sève gommeuse de cet arbre. Cette sève est recueillie sous le nom de gemme ou résine molle, dans un trou pratiqué dans la terre, ou mie'ux encore dans un récipient en terre cuite suspendu au-dessous de l'incision (procédé Hugues).

Cette culture est très-ancienne dans les landes de Gascogne; on en retrouve des traces remontant à l'époque de l'occupation romaine. Le rftle joué dans l'histoire par le captalat de Buch, la trace des routes qui existaient le long des étangs et de la mer, le souvenir des villes qui ont disparu sous les eaux ou le sable, témoignent que Tindustrie des résines devait avoir une assez grande importance dès la plus haute antiquité.

La production actuelle des gemmes dans notre département est, par année, d'environ 60,000 barriques de 250 litres, soit 15 millions de litres

(1) Oq compte dans la commune de Sadirac 13 çoterios occupant environ 5S porsonoes qui sont généralement payées 2 fr. par jour et nourries. Li'extrnction do l'argile y est faite «a moyen c^ puits qui n'ont pas généralement plus d'un môtro do diamètre et qui sont construits avec des branches do pin ou de cbéne.

Biazimon et Soint-Marlin-de-Lerm, dans l'arrondissement de La Réole.

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valant en moyenne 20 centimes lé litre, ou 50 fr. la barrique, ce qur constitue un revenu annuel de 3 millions de francs.

Le prix des gemmes est très-variable. Pendant la guerre de la sécession nous Tavons vu à 75 centimes, le litre; c'était im prix anormal causé par Tabsence de résine américaine sur les marchés d'Europe. Pour être rémunérateur, ce prix devrait se maintenir entre 25 et 30 centimes. Depuis quelques aimées nous Pavons vu descendre jusqu'à 13 centimes.

Les 60,000 barriques de gemme brute recueillies dans la Gironde sont manipulées et préparées dans 62 ateliers établis à Bordeaux et dans les cantons de Captieux, Grignols, Saint-Symphorien, Villandraut, Langon, Saint-Savin, Belin, Audenge, La Teste, Castelnau et Saint-Laurent (').

On extrait de ces gemmes Pessence de térébenthine, la colophane, les brais, la résine jaune, le pegle ou la poix. Le goudron végétal, qui se rattache à cette industrie, est le produit de la combustion en vase clos des parties de Parbre pin soumises pendant de longues années à Paction du résinage.

Ces matières s'emploient pour la peinture, l'éclairage, là fabrication des vernis et celle. de la cire à cacheter. Il entre aussi des brais clairs ordinaires dans la fabrication des savons communs, et de la colophane supérieure dans celle des savons fins et des bougies. La papeterie emploie une grande quantité de ces matières pour le collage des papiers. Enfin la sève de pin est employée dans la thérapeutique.

La consommation intérieure n'absorbe qu'une faible partie de ces produits. Le reste est expédié surtout en Angleterre, en Belgique, en Hollande et en Allemagne.

Les petits ateliers occupent en moyenne 5 ouvriers; les ateliers plus importants, au nombre de 12, en occupent 10, ce qui fait ensemble 360 ouvriers. Les résiniers et pignadiers occupés dans les forêts à la taille des pins et à la cueillette de la gemme sont au nombre de 5,000; ils ont comme salaire la moitié du produit brut de la récolte de la gemme. En divisant la moitié du produit, soit 1 million 500,000 fr. entre les 5,000 pignadiers, nous arrivons à un salaire de 300 fr. pour 200 jours de travail, soit 1 fr. 50 par jour.

Pà»te â. papier de bois. — La fabrication de ce produit se fait à Mi os, dans une usine récemment créée par la Compagnie française pour la fabrication de la cellulose de bois.

Cette usine, primitivement construite en vue de l'application du procédé de M. Tessié de Motay pour la récupération de la soude par la voie humide, procédé qui n'a pas réussi, vient d'être réorganisée sur les indications de M. Lespermont, ingénieur à Paris. Son matériel comprend des chaudières à haute pression pour traiter le bois avec des lessives caustiques, une machine à déchiqueter le bois, des laveurs, des citernes munies de puissants agitateurs, des piles blanchisseuses usitées en papeterie, des presse-pâte, des fours à évaporer les lessives, et enfin une

(i) Voir dans noire tome II les noms et lieux de rôsidonce des industriels fabriquant des priKiuiis résineux danq les cantons désignés ci-dessus.

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machine à vapeur de 60 chevaux système Corliss. Les générateurs et les fours à évaporer sont chauffés au charbon.

Le bois de pin, la soude, la chaux et le chlore sont les matières premières employées dans cette usine, qui produit actuellement chaque jour 3,000 kilogrammes de pâte à papier sèche et en fabriquera avant longtemps 5,000 kilogrammes. Les produits sont de deux sortes, h pâte bise valant 55 fr. les 100 kilos, et la pâte blanche valant 65 fr. les 100 kilos en gare de Facture. La pâte bise Vemploie pour les papiers bulle. La pâte blanche chimique de bois, quMl convient de ne pis confondre avec la pâte mécanique, trouve son emploi dans la fabrication des meilleurs papiers. Une fibre longue, vigoureuse, d^une parfaite égàUté, constitue la qualité principale de cette pâte.

L'usine de Mios est la première de ce genre qui ait été établie en France, fille occupe aujourd'hui ^0 ouvriers, hommes et enfants. Le chemin de fer des Landes qui est en projet reliera cette usine au réseau du Midi.

Papeterie. — Cette industrie est représentée dans la Gironde par 5 usines occupant ensemble environ 500 personnes et produisant dans une année moyenne pour plus de 20 millions de papiers de chiffon on de paille.

La plus importante de ces usines, qui occupe à elle seule près de 400 ouvriers ou ouvrières, est située à Monfourat sur la Dronne; elle ne produit que du papier de chiffon et rivalise avec les papeteries d'Angoulême(*).

Les quatre autres usines ne produisent que du papier paille ; la plus ancienne date de 1859; elles sont situées toutes sur les bords de la petite rivière le Ciron, 1 à Saint-Michel-de-Castelnau, 2 à Bemos et 1 à Cazeneuve. Elles emploient comme matières premières les pailles de seigle récoltées dans les environs de la vallée du Ciron.

Les papiers de ces usines ont une couleur jaune paille et sont généralement employés à remballage ; ils sont expédiés dans les principales villes de France, ainsi qu^à Calcutta, au Brésil, et dans toute PAmérique daSad.

Carton. — Cette industrie comprend une usine à Léognan et deux à

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(<) Les papeteries de Monfourat sur Dronne sont situées dans la communo et à deux kiiomôlres de la slalioa des Eglisollos, et à 7 kilomètres et demi de la station de Couins. k l'usiae de Monfourat, on u adjoint, il y a quelques années, le grand moulin de Reynud sur la Dronne qui a été converti en fabrique de pâles blanchies au chloro gazeux, alimeatcat largement Monfourat.

La force motrice de ces usines est à Monfourat : !<> une chute d'eau de S^ao faisant mouvoir 7 turbines système Fontaine réalisant une fjrco de 200 chevaux : !• une fnachino à vapeur système Wolf de 80 chevaux; à Heyraud, une chute d'eau de s mènes fuit mouvoir une turbine système Fontaine do 80 chevaux.

L'outillage do ces deux usines est très-complet, of l'on y rencontre tous los porfoctionoements qui permettent la plus grande rapidité et qualité dans la fabrication; cet outillage se compose notamment de 1 blultc, 3 lessiveurs rotatifs systè;ne Planche, 35 cylindres, 1 paire de meules verticales broyant la matière dont le produit est im>uté à celui des cytiadres; 8 machines à papier transformant la pâte en feuilles continues, S coupouses automatiques^ 1 coupeuse Massicot, 1 satineuse continue (dont la maison V^* Auguste Worster, qui exploite l'usine, possède le brevet), 6 lisses S glacer et à satiner, 8 presses à vis, S presses hydrauliques.

Le personnel de ce bel établissement est logé aux alentours de l'usine dans une sorte de cité où toute la population de l'usine est placée sous la main et sous l'œil paternel du directeur.

Les ouvriers ou ouvrières sont payés au mois, à la Journée ou aux pièces*

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