CHAPITRE VI. — CARTON, BOIS DE TEINTURE
Bordeaux; la première occupe environ 4 hommes et 5 femmes, et produit 300 kilog. par jour; les deux autres n'occupent que 3 à 4 ouvriers ou ouvrières et produisent de 100 à 150 kilog. par jour. La valeur moyenne des cartons de ces fabriques est de 34 fr. les 100 kilog., y compris Timpôt de 5 fr. 20 par 100 kilog. La majeure partie est expédiée dans les départements voisins, surtout dans le Midi, la Haute-Vienne, les Deux- Sèvres et la Charente.
Carton bitumé* — Deux petits ateliers occupant de 2 à 4 ouvriers exploitent pour cette industrie une partie des cartons fabriqués à Bordeaux.
Cartonnage. — Cette industrie, très ancienne dans la ville de Bordeaux, a pris depuis 1830 un développement qui a augmenté à mesure que le goût du luxe s'est répandu dans toutes les classes de la société. Aujourd'hui Bordeaux possède 16 ateliers de cartonnage, dont un plus important que les autres occupe, en temps ordinaire, 60 ouvriers ou ouvrières; les 15 autres ateliers occupent ensemble environ 60 personnes. Les hommes sont payés de 3 fr. 50 à 5 fr. par jour, les femmes de 1 fr. 50 à 2 fr. Ces ouvriers sont très rarement payés à leurs pièces.
Parmi les produits les plus recherchés de la fabrication bordelaise nous citerons la poche et le sac à bonbons, et la boîte à prunes pour l'exportation.
Cette industrie consomme environ 100,000 kilog. de carton; elle emploie une partie de celui qui se fabrique à Bordeaux et en fait venir de Paris, de Lyon et de Montauban. Les papiers de luxe, gravures en chromo et la plupart des autres fournitures servant à cette industrie viennent de Paris.
Les produits fabriqués qui, dans une année moyenne, s'élèvent à la somme de 550,000 fr. environ, sont expédiés sur les divers points de la France, ou ils rivalisent avec les produits similaires de Paris. Ils sont aussi exportés en Espagne, en Angleterre, en Italie, en Orient et en Amérique.
Bois de teinture» — L'industrie de la préparation des bois de teinture a pris à Bordeaux depuis quelques années un certain développement. Ses produits ont beaucoup gagné en qualité, par suite de l'emploi des outils perfectionnés.
Cette industrie est pratiquée dans 3 usines à vapeur, ou les bois sont coupés, rifles, effilés ou pulvérisés, selon les besoins du commerce ou de l'industrie de la teinture. Ces usines, situées l'une à Bordeaux, l'autre au Tondu, près Bordeaux, et la troisième à Beautiran, occupent de 15 à 20 ouvriers et produisent de 180,000 à 200,000 fr. de bois préparés.
Les bois qui y sont le plus fréquemment rifles, pulvérisés, etc., sont: pour la couleur jaune, les bois de Santiago, de Cuba, de Guayra, les Tuspan, les Carmen, les Maracaïbo, les racines de Fustel d'Italie (ces racines sont employées tantôt pour la production du jaune, tantôt pour la production du vert); pour la couleur rouge, les campêches espagnols et les campêches des Antilles, les bois de Sainte-Marthe, de Sapan et de Lima, connus sous le nom de bois du Brésil.
656 LIVRE Vn. — INDUSTRIE.
Les bois de Calliatour reçus des Indes sont très demandés par tous les pays de manufacture. L^ensemble des produits de ces usines trouve son principal écoulement dans les manufactures du Midi et de quelques départements du Centre.