S XIU.— INDUSTRIES S'EXERÇANT SUR LES MATIÈRES ANIMALES
Sanssiies (Élevafce des). — Avant 1845, le commerce des sangsues était alimenté, à Bordeaux, comme dans presque toute la France, par des sangsues étrangères, venant en grande partie de la Hongrie, et de la Turquie. Vers cette époque plusieurs industriels entreprirent dans les marais des environs de Bordeaux l'élevage en grand des sangsues. La création de ces marais à sangsues fît augmenter considérablement la valeur des semences, et cette industrie fut pendant quelques années florissante ; mais vers 1858 la production ayant dépassé considérablement la consommation, il en résulta une baisse très-notable dans les prix et la diminution du nombre des éleveurs. Cette industrie entra alors dans Fétat normal où elle se trouve aujourd'hui et qui lui permet de répondre à toutes les demandes des différents pays d'Europe et d'Amérique, où elle expédie presque tous ses produits sans avoir recours à peine aux producteurs étrangers.
Les principaux marais à sangsues vertes landaises sont établis dans le canton de Bianquefort, où ils occupent une superficie de 240 hectares pour les bassins à sangsues, et de 400 hectares pour les marais où l'on met les chevaux au pacage. La commune de Bianquefort comprend à elle seule 160 hectares de bassins.
L'^organisation et l'entretien de ces marais est faite par 58 éleveurs aidés d'environ 200 personnes, soit hommes, femmes ou enfants, lesquels sont occupés indistinctement au gorgement, à la pêche et à la conduite des chevaux dans les pacages ; au moment de la pêche et du nettoyage des bassins, ce personnel s'élève à 300. Le gorgement du printemps, qui a lieu en avril, mai* et juin, réclame à lui seul de 1,500 à 1,800 chevaux dont le prix varie de 50 à 60 fr. ; celui d'automne, qui a lieu pendant les mois de septembre, octobre et novembre, réclame de 1,000 à 1,200 chevaux.
Ces marais produisent environ 10 millions de sangsues par an, dont le prix varie de 45 à 90 fr. le mille, selon les saisons et les quantités de ces annélides expédiées de Turquie et de Hongrie; ce qui représente une valeur totale d'environ 900,000 fr. par an. Le prix minimum a lieu en automne et au printemps, et le prix maximum en été, alors que la sangsue est enfouie dans le sol et qu'on est occupé à dessécher et nettoyer les bassins.
La sangsue grise, dont le prix est encore plus variable que celui de la sangsue verte, est élevée dans les marais voisins du bassin d'Arcachon, à Audenge, à Biganos, etc., où 30 éleveurs, la plupart très-peu importants, exploitent environ 30 hectares et produisent près d'un million de sangsues représentant une valeur de 70,000 fr.
Noir animal. — Cette industrie a pour produit unique le charbon d'os