‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 454 sur 701 · CHAPITRE ler — PREMIERE PERIODE : AVANT LA VAPEUR · texte numérisé non relu

CHAPITRE ler — PREMIERE PERIODE : AVANT LA VAPEUR

furent chargés dans le port de Bordeaux en 1740 ; sur ce nombre on compte 550 hollandais, 120 allemands, 165 américains, 200 petits navires de la Grande-Bretagne et 404 petits navires ou barques des côtes de France.

Marchandises expédiées da port| de Bordeaux

Année moyenne, de 47Z0 à 17â0»

Vin 40,000 tonneaux.

Eaux-de-vie 25,000 barriques.

Vinaigres 3,500 tonneaux.

Pruneaux 17,000 barils (de 4 à 500 l'un).

Miel 250 tonneaux (ou 15 tierçons).

Graine de lin 3,500 boisseaux ou sacs.

Térébenthine 35 tonneaux*

Huile de térébenthine 35 —

Résine 150 milliers pesant.

Safran du pays 45;quintaux.

Amandes du Languedoc et de Provence. 1 1 —

Savons de Marseille et de Bordeaux. . . 1,700 caisses.

Indigo 650 barriques.

Sucre 5,500 —

Sirop commun 1 ,700 pièces (de 10 quintaux l'une).

Coton d'Amérique 2,000 balles.

Rocou d'Amérique 350 quintaux.

Verdet du Languedoc 250 —

Papier 2,500 balles.

Farines (Minot) pour l'Amérique 35,500 barils de 150 livres chaque.

Bœuf s^lé d'Irlande pour l'Amérique. 35,000 barils:

Huiles du Languedoc, Liqueurs, Gon-) sans chiffre dans le mémoire de

fitures, Bois des îles, Fruits secs. . • . > l'abbé Bellet . Harnais, Livres, Cartes à jouer, Ins-)

truments de fer, Draps, Toiles,! pour l'Amérique, sans chiffre.

Chapeaux, Souliers )

Marchandises en retoor (*) à Bordeaux

Année moyenne, de 1750 à 47âO,

Hollande : Fromages, 50 à 55,000 pièces.

— Huiles de baleine, de navette et de lin, 1,500 barriques.

— Poivre, canelle, girofle, muscade, Angleterre ( Charbon de terre, 300 tonneaux. ECOSSE I Bœuf salé, 25,000 barils.

Irlande ( Ëtain, plomb, suif, beurre, fromages.

Hambourg : (^uivres, acier, fil de laiton, planches de sapin, bordages de cliène,

merrains pour barriques, amidon.

Suéde : Fer en barre, cuivres, acier, fil de laiton, til de fer, sapin, goudron, brai,

cire.

RfiKMEN ( *'®''*'*^"' sapin, amidon, plomb, ferblanc et fer en barre.

(<) L'auteur de cet état observe qu'il ne s'applique qu'aux marchandises en retour et ne rumprend pas celles que les étrangers pouvaient importer d'après l'arrêt du conseil du 30 décembre 1710, ni colles dont l'importation a été permise par les traités de paix et de commerce faits depuis.

666 LIVRE Vni. — COMMERCE.

RosTOCK et Stettin : Merrain, sapin.

Bretagne : Sardines, harengs, toiles, grains, merrains.

GÔTBS-DB- France : Amidon, harengs, fromages, huile de navette.

Louisiane : Tabacs et pelleterie.

Amérique : Sucre, «indigo^ coton, gingembre, bois jaune, cacao, cafés, confitures

et sirop.

Guinée : Or en poudre, morOl ou dents d'éléphant, nègres ou esclaves qu'on portait

aux colonies pour les troquer contre des sucres, des indigos ou de Targent.

De 1*740 à 1754, avant la guerre, Bordeaux recevait des colonies, année moyenne, 132 navires, ainsi chargés :

Indigos 350,000 kilogrammes.

Sucre terré 10,575.000 —

Sucre brut 10,900,000 —

Café 2,717.500 —

Coton 379,500 —

24,922,000 kilogrammes.

Ces chiffres disent assez combien la prospérité commerciale de Bordeaux était grande à cette époque.

La guerre de 1754 fut désastreuse pour le commerce de Bordeaux. La plupart des bâtiments qui quittèrent notre port tombèrent entre les mains de Pennemi ; plusieurs de nos colonies devinrent sa proie ; la paix de 1765 elle-même ne nous rendit ni les îles du Vent, ni le Canada, ni nos pêcheries. Mais ces pertes n^abattirent point le courage des colons et des négociants. La partie française de Saint-Domingue multiplia ses plantations de café et de canne ; la Martinique et la Guadeloupe entrèrent aussi dans la voie du progrès. Il fallut alors pourvoir aux approvisionnements qu'exigeaient de nouveaux besoins, et Bordeaux expédia la plupart des vivres, habillements, outils, etc., demandés par nos colons, et reçut en échange de nombreux produits coloniaux : sucre, café, indigo, cacao, rocou, coton, cuirs, caret (tortue des côtes d'Afrique), etc.

Le tableau ci-après donnera une idée de la reprise et du développement des relations du port de Bordeaux avec nos colonies en 1775.

Importation de Saint-Domingue.. 77,210,107 livres, valant 38,516,602'

— de la Martinique 14,020,055 — — 7,085,355

— de la Guadeloupe.... 15,286,818 — — 7,562,067

— deCayenne 82,903 — — 7,371

106,599,880 livres, valant 53,171,395'

Ces importations furent opérées par 220 navires, dont 45 venant de la Guadeloupe, 39 de la Martinique, 135 de Saint-Domingue et 1 de Cayenne (*).

Ainsi, en 1775, année ou Ton évaluait le produit cumulé de toutes nos

(1) Voir, pour la valeur de chaque espèce do denrée importée de cUacuoe do nos colonies le tome II, page 336, de la Siatistiçue do Jouaunet.

Page 1