‹ Statistique générale, topographique, scientifique, administrative, industrielle, commerciale, agricole, historique, archéologique et biographique du département de la Gironde (volume 2)Chapitre 46 sur 701 · CHAPITRE IV. LES EAUX. — LA GIRONDE. *Î · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. LES EAUX. — LA GIRONDE. *Î

on a, enfin, établi une digue transversale de 280 m. de longueur, destinée à fermer plus efficacement le bras situé du côté de la rive gauche.

Ces travaux ont été exécutés en 1854 et 1855, et ont donné lieu à une dépense totale de 418,261 fr. 05, La profondeur sur la barre, qui avait été réduite à 97 cent, en 1767 et 1769, h 66 cent, en 1849, à 1 m. 32 c. en 1850 et à 1 m. 78 c. en 1853, a été portée à 3 m. 66 (5. au minimum et à 4 m. en moyenne^ sans avoir diminué la profondeur de la rade de Lagrange.

Barre de Basêens. — Cette partie de la rivière présentait deux passes qui se détérioraient successivement Tune Tautre ; elle a été améliorée par une digue de 4,800 m. de longueur, destinée à fermer Tanse profonde de la rive droite et à réunir les deux passes ; et par une autre digue de 1,788 m. qui vient aboutir à l'extrémité amont de l'île de Grate-Qui-N'a. Pour faire disparaître l'élargissement qui existait en amont de cette île, une décision ministérielle du 19 juin 1871 a prescrit de relever la digue de Bassens à la cote + 3 m. Les travaux sont terminés.

Les travaux exécutés sur ces deux barres dé Bassens et de Montferrand ont amené leur jonction et la destruction du mouillage de Bassens qui les séparait.

La profondeur moyenne de la 'barre de Bassens a été de 2 m. 02 c. de 1853 à 1860, mais elle est descendue à 1 m. 42 c. Après les travaux indiqués ci-dessus, la profondeur moyenne a ét3 de 2 m. 28 c. en 1864, 2 m. 65 c. en 1865, 2 m. 45 c. en 1866 et 1867, 2 m. 10 c. en 1868, et I m. 80 c. en 1869. Depuis 1870 cette profondeur a été en augmentant; au mois d'avril 1873 elle était de 2 m. 65 c, et elle a conservé presque sans variations cette profondeur.

La barre du Caillou a été en diminuant de profondeur depuis 1858; en 1868 elle était descendue à 1 m. 86 c. Une digue projetée en 1867 est aujourd'hui exécutée dans sa partie la plus importante, et la passe présente une profondeur d'environ 3 m.

La barre de Bacalan est celle qui gêne le plus la navigation et l'accès du port de Bordeaux. On construit actuellement, dans le but de l'améliorer, une digue qui partira de l'entrée des bassins à fiots et aura - 1,200 m. de long.

En résumé, les travaux exécutés dans le bas de la Garonne, sous la direction des ingénieurs du département, ont donné les heureux résultats qu'on en attendait, et leur coût, estimé d'abord 3,500,000 fr., n'a atteint que 2,628,453 fr. 66 c. Leur entretien a coûté : en 1868, 83,504 fr.; en 1869, 130,000 fr.; en 1870, 110,989 fr.; en 1871, 76,268 fr.; en 1872, 99,568 fr. ; en 1873, 50,706 fr. La dépense annuelle des années suivantes a été estimée à 74,000 fr.

Les passes présentent aujourd'hui, à marée haute, assez d'eau pour que les plus grands navires puissent les franchir; malheureusement elles sont étroites, et d'une navigation difficile pour les navires à voiles, à moins d'avoir un vent favorable.

n reste toutefois k apporter à l'état des passes de notre beau fleuve bien des améliorations qui pourraient compromettre l'avenir commercial de

Tfi LIVRE I«' — TOPOGBAPHIE.

Bordeaux et qui doivent constamment attirer Tattention des armateurs et des ingénieurs du service maritime de la Gironde. -

Il faut surtout approfondir au plus vite la barre de Bacalan, séparant les mouillages de Bordeaux et de Lormont, qui n'a que 2 m. d'eau environ à mer basse, et terminer Tamélioration de la barre du Caillou, qui sépare les mouillages de Lagrange et d'Âmbès. En ce moment (1876), les derniers travaux, conmiencés sur cette barre en 18*74, ont déjà pour résultat de doubler le nombre des jours où les grands navires peuvent passer. On espère, quand tous les travaux des passes seront terminés, que les grands navires pourront partir de Bordeaux une heure plus tard qu'ils ne le font habituellement; alors, la question des passes aura fait un immense progrès. Des études très-sérieuses se font en ce moment pour essayer d'obtenir ce résultat, et nous espérons qu'elles auront une suite favorable.

Sondages. Les sondages des principales passes de la basse Garonne sont faits au moins une fois par mois, et les sondages généraux sont renouvelés tous les ans.

Postes électro-sémaphoriqnes. — Deux de ces postes, servant aux capitaines pour annoncer leur arrivée aux maisons de commerce de Bordeaux desquelles ils dépendent et auxquelles ils sont adressés, sont situés à l'entrée de notre fleuve, l'un à la pointe de la Coubre, l'autre à la Pointe-de-Grave.

Balisage et éclairage de l'entrée de la Gironde. — Les passes extérieures entre l'embouchure de la Gironde et la Po'nte-de-Grave sont balisées au moyen de 21 grandes bouées.

Les passes intérieures de la Gironde entre la Pointe-de-Grave et Pauillac, sont balisées au moyen de 23 bouées.

Ces bouées sont presque toutes en tôle et présentent des formes qui permettent de les reconnaître à distance (').

La bouée de l'entrée de la passe du Nord est surmontée d'une grosse cloche et d'un miroir prismatique.

Les bouées de la Gironde sont, d'après le système de coloration généralement adopté, peintes en rouge du côté que les navigateurs doivent laisser à tribord ou à droite en venant du large, et en noir du côté qu'ils doivent laisser à bâbord ou à gauche.

Les passes de la Gironde sont éclairées pendant la nuit au moyen de feux qui déterminent des alignements que doivent suivre les navires.

Les phares destinés à supporter ces feux sont les suivants :

Pour la passe du Nord, les phares de la Coubre, de la Palmyre, de la Falaise, de Terre-Nègre, de Saint-Georges et de Suzac, dans le département de la Charente-Inférieure ; dans le département de la Gironde, le phare de Cordouan, le phare de la Pointe-de-Grave et le ponton du Grand-Banc, phare flottant mouillé à l'embouchure de la Gironde et au milieu des dangers.

(1) En outre de ces 44 bouées guidant les nnviffatours à i'enlrce de la Gironde, nous en trouvons encore 61, réparties commo suit: 16 de Pauilluc au Duc-d'Ainbès; 8 dans la Garonne; 19 dans la basse Dordogue; 18 dans le bassin d'Arcachon. Les crédits ullouéii eu 1875 sur les fonds du Trésor pour le servico du balisage du dèpartemont s'élèvent eu totalité à &t,40l)fr.

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