CHAPITRE Vil. — BIJOUTERIE, INDIGOS, ETC
B^outerie d'or ou d'argent. — La valeur de cet article a atteint à l'importation, en 1874, 6,095,000 fr.; en 1875, 3,524,000 fr.; en 1876, 1,522,000 fr. Une partie notable de cette bijouterie importée à Bordeaux vient de Suisse. Mais Paris est le grand fournisseur du commerce de la bijouterie à Bordeaux, qui a une très grande importance comme commerce intérieur.
Nous venons de passer en revue ceux de nos articles d'importation qui ayant acquis ou conservé une certaine importance, concourent à la prospérité du commerce de notre place. Nous devons maintenant dire quelques mots des articles, heureusement peu nombreux, dont le commerce de Bordeaux a vu depuis quelques années diminuer l'importance.
Indigo. — La valeur de l'indigo importé à Bordeaux a suivi la décroissance ci-après : en 1841, 13,000,000 fr.; en 1858, 12,200,000 fr.; en 1869, 13.820,000 fr.; en 1873, 5,000,000 fr.; en 1874, 3,356,000 fr.; en 1875, 1,380,000 fr.; en 1876, 2,328,000 fr., équivalant au poids de 133 tonnes. En 1877, ce poids n'a atteint que 110 tonnes, dont 63 venant des Indes anglaises, 9 de l'Angleterre et 38 d'autres pays.
Le poivre est bien encore au nombre de nos articles d'importation notables, mais il a un peu perdu depuis quelques années le rang qu'il tenait il y a dix ans. La valeur des poivres importés à Bordeaux a été de 368,000 fr., en 1841; 900,000 fr., en 1858; 3,100,000 fr., en 1862; 2,324,000 fr., en 1869; 2,300^000 fr., en 1873; 1,700,000 fr., en 1875, équivalant à 1,244 tonnes. En 1877, ce poids est tombé à 211 tonnes, dont la plus grande partie nous vient des Indes anglaises.
Cotons en baUe. — Cette branche de notre commerce d'importation, presque nulle il y a vingt ans, a atteint le chiffre de 2,900,000 fr. en 1862; cette importation est tombée à 1,100,000 fr. en 1873; à 422,000 fr. en 1875, équivalant à 212 tonnes; elle a été presque nulle pendant les années 1876 et 1877, durant lesquelles elle n'a été que de 60 tonnes.
Le cachou est encore un des articles d'importation qui ont beaucoup décliné. Bordeaux en recevait, il y a vingt-cinq ans, pour près d'un million de francs par an. En 1858, nous en recevions encore pour 320,000 fr. équivalant à 508 tonnes; en 1877, cette importation est tombée à 28 tonnes.
La cochenille est dans les mêmes conditions. De 82 tonnes valant 827,000 fr., reçues en 1858, nous n'en comptons plus que 8 tonnes aux importations de 1877.
Les bois de teinture ont aussi beaucoup perdu d'importance. Nous en recevions en 1858 6,762 tonnes, valant 1,272,000 fr. Nous n'en trouvons plus aux importations de 1876 que 3,738 tonnes, et à celles de 1877 que 1,040 tonnes.
S rV. — MONNAIE.
La fabrication du numéraire a lieu à Bordeaux depuis très longtemps; nous en avons parlé page 593.
L'importation et l'exportation du numéraire et des lingots d'or et
d'argent a à Bordeaux une certaine importance, ainsi que le prouvent les chiffres ci après :