CHAPITRE IV. LES EAUX. — LA GARONNE
lUns cette partie du fleuve comprise entre Castets et la limite du département, où Ton a déjà exécuté des travaux pour la défense des berges sur une longueur de 30,000 m.
Lu moyens de traction employés par la navigation à la remonte de la Garonne sont : 1« la 'marée; 2** le vent; 3® le halage par des chevaux; 4® le remorquage à vapeur.
Noos n^avons rien à dire des deux premiers modes.
Le halage par des chevaux est presque totalement abandonné (*).
Des Compagnies de bateaux k vapeur font aujourd'hui le service du remorquage.
L'une de ces Compagnies est une véritable entreprise de halage. De Bordeaux k Castets, elle emploie la vapeur; au-dessus de Castets, elle a des chevaux.
Les prix de remorquage sont débattus et conclus suivant les circonstances, mais le prix de la tonne ressort ordinairement k de. 7i P^^ kilomètre.
Le remorquage s'opère en longs tmius de 10 k 20 bateaux k la file les UDs des autres. Il y a en moyenne un convoi tous les jours.
Deux demandes ont été présentées pour l'établissement d'une chaîne noyée dans la Garonne entre Bordeaux et Castets, et l'installation d'un service de touage a vapeur. Ces demandes n'ont pas été accueillies, mais un projet de cahier des charges a été étudié pour l'adjudication publique de ce service.
Le 30 janvier 1874, M. le Ministre a approuvé le projet et autorisé la mise k l'enquête. Cette enquête a eu lieu du 16 mars au 15 avril même année. Le cahier des charges modifié dans le sens indiqué par une seconde commission, a été envoyé le 14 juillet 1875 k M. le Ministre pour demander l'autorisation de procéder k l'adjudication du service qui fait l'objet de ce cahier des charges.
Les bateaiM^ à vapeur du haut de la Garonne, de 1840 k 1864, fournirent un service régulier et journalier de Bordeaux k Agen, luttèrent contre le chemin de fer jusqu'k la fin de 1858 ; mais en 1864, ces bateaux passant entre de nouvelles mains (Compaçnie Gironde et Garonne) élevèrent leurs prix, écartèrent ainsi les voyageurs, et par suite cessèrent le service d'Agen, qui ne dépassa plus la Réole. En 1868, une Compaçnie agenaise se forma pour reprendre le service d'Agen ; elle a été obligée de cesser en 1870; la Compagnie Girofide et Garonne a maintenant un service bi-hebdomadaire de Bordeaux k Agen, qui n'est interrompu que par les crues ou les basses eaux.
La Compagnie Gironde et Garonne dessert deux fois par jour les deux rives du haut de la Garonne dans notre département.
Les principales escales de ces bateaux sont : la Réole, Barie, Caudrot, Castets, Saint-Macaire, Langon, la Garonnelle, Preignac, Cadillac,
(1) Le chemin do halage existe sans interruption sur la rive droite de la Garonne, de Cul de Fer é Castets et à Bordeaux ; sur la rive gauche, ce fthemin nllro une lacune importante de Langon à Barsac ; il est en outre interrompu sur quelques points jusqu'à lV)rtets. Do Porlela à Bordeaux il est sans lacune.
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Béguey, Rions, Podensac, Paillet, Langoiran, le Tourne, Baurech, Cambes, Esconac et Quinsac.
Les deux Compagnies de steamers-omnibus les Hirondelles et les Gondoles desservent les environs de Bordeaux, en aval jusqu'à Bourg, et en amont jusqu'à la Tresne.
Indépendamment des services que ces Compagnies de bateaux à vapeur rendent aux populations riveraines, elles prêtent souvent à l'Administration un concours utile ; c'est ainsi que lors des dernières inondations de juin 1875 elles ont mis à sa disposition avec le plus grand empressement et le plus complet désintéressement tous leurs bateaux et ont ainsi contribué puissamment à l'organisation des secours et du sauvetage des populations inondées.
Budget du service maritime de la Garomie; — La navigation maritime de la Garonne entre Castets et Bordeaux est, depuis 1861, dans les attributions du service maritime du département. Les dépenses qu'ont entraîné l'entretien ou les travaux neufs de cette partie de la Garonne se sont élevées, d'après les budgets :
BatraUM.
En 1873, à 70,500f
En 1874, à 79,572
En 1875, à 69,000
Les travaux d'entretien comprenaient en 1875 :
EntretieH des ouvrages de la Garonne 30,000^
Entretien des esteys navigables 7,000
Salaire des cantonniers 18,588
Frais de déplacement et de découchers 2,500
Dépenses diverses : impressions, entretien du matériel, etc.. 3,200
Observations udométriques et hydrométriques 2,200
Dragages à vapeur 5,512
T^aïaii Milt.
T»bii.
L'amélioration de la navigation entre Castets et Portets, décrétée le 30 mai 1868, est l'objet de travaux incessants de la part des ingénieurs.
Pêche. — Les eaux de la Garonne sont très-poissonneuses, surtout i\ l'époque où les poissons voyageurs remontent où descendent sou cours. Nous reviendrons plus loin sur la pêche fluviale. Notons un passant une augmentation sensible depuis 1868 dans la pêche de la truite saumonée et du saumon. Ce résultat est probablement dû aux travaux de pisciculture auxquels l'Administration se livrait vers cette époque à Cadillac. Malheureusement l'atelier de pisciculture de Cadillac, qui ne fonctionnait plus depuis 1869, vient d'être démoli.
Mouilles ou Rades de la Oaronne. — En entrant dans la Garonne, aussitôt après avoir franchi la barre du Bec-d'Ambès, on trouve les mouilles de Purgue, du Marquis, de la Menavde et du Caillou; ces mouilles ont 6 k 10 m. de profondeur à l'étiage. Vient ensuite la barre du Caillou, ([ui a 3 m. k 3 m. 50 c. d'eau, et qui est suivie de la rade de Lagrange, longue de 2,000 m., large de 150 m. et profonde de 6 à 10 m.
CHiLPITRB IV. • — LES BAUX. — LA GARONNE. 101
La barre de Bassens, profonde de 2 m. 80 à 3 m., sépare cette dernière rade de celle de Lormant, qui a 1,200 m. de long, 100 m. de large, 6 à 11 m. de profondeur, et qui est plus fréquentée que les précédentes. Elle est séparée de la rade de Bordeaux, dont nous parlerons plus loin, par la barre de Bacalan.
Ports de la Garonne en aval de Bordeaux. — En remontant la Garonne, nous trouvons, tantôt sur la rive droite, tantôt sur la rive gauche les ports ci-après.
Port de Macau (rive g.)., à l'entrée du bras de ce nom, à 850 m. du bourg de Macau et à 1,150 m. de la gare du chemin de fer du Médoc, à 23,200 m. du port de Bordeaux, par 2**26'28' de longitude et 45^0*53' de latitude nord. Aux syzjgies, la pleine mer a lieu à 1 h., et la basse mer à 2 h.
Ce port est formé d'une cale haute à 5 m. 60 c. au-dessus de l'étiage, pavée, inclinée au 20®, de 49 m. de long sur 7 m. de large, et soutenue par un perré à 45®. Vers le milieu de sa longueur existe une cale saillante de 6 m. 10 c. de large et de 28 m. 40 c. de long. En arrière de la cale haute se trouve un terre-plein empierré de 49 m. de long et de 24 m. 50 c. de large. Les bateaux qui fréquentent ce port s'échouent sur les vases, a 1 m. 50 c. au-dessus de l'étiage.
Les travaux d'amélioration de ce port, comprenant deux cales longitudinales, l'une en amont, l'autre en aval de la cale saillante, ont été exécutés en aval de 1851 à 1853, et en amont en 1868.
Mouvement conmiercial en 1874 : 8,146 tonneaux; à l'entrée, matières employées par la construction et par l'industrie vinicole; à la sortie, vin et bois à brûler.
Au lieu dit Le Marchand (commune de Macau), se trouve un ancien port, réduit à l'état de simple escale des bateaux à vapeur.
Port d'Ambès (rive dr.), à 21,700 m. en aval de Bordeaux.
Il se compose d'une cale saillante de 18 m. de long sur 3 m. de large, inclinée a 24 c. par mètre, et en arrière de laquelle existe un terre-plein de 17 m. 20 c. de long, sur 7 m. 50 c. de large, pavé ou empierré sur une longueur de 6 m. Les travaux de ce petit port ont été exécutés en 1870.
Mouvement commercial insignifiant.
Port de Lagrange (rive g.), commune de Parempuyre, à 14,300 m. en aval du port de Bordeaux, par 2<>53'10' de longitude et 44^57' 13' de latitude. Aux syzygies, la pleine mer se produit à 7 h. 12, et la basse mer à 3 h.
Ce port est formé d'une cale saillante de 12 m. 20 c. de longueur et de 4 m. de largeur, inclinée au 20®, à la suite de laquelle se trouve une cale haute longitudinale de même inclinaison, ayant 15 m. de long et 10 m. de large; la première permet l'embarquement k basse mer; devant la deuxième, les bateaux s'échouent sur les vases qui s'élèvent jusqu'à 1 m. au-dessus de l'étiage. En arrière des cales, pavées en moellon, se trouve un terre-plein de 15 m. sur 10 m. Ces travaux, qui ont été exécutés en 1861, ont coûté 4,500 fr. Devant ce port se trouve le mouillage de Lagrange, bien abrité des vents.
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Le commerce de ce port est presque nul. Il sert, depuis Tincendie de la rade de Bordeaux, au déchargement des navires chargés de pétrole.
Port de Jourdanne (rive dr.), commune de Mont ferrant, a 13,900 m. en aval de Bordeaux.
Il se compose d'une cale saillante de 18 m. 90 de long et 4 m, de large faisant suite à une cale inclinée de 11 m. de long sur 8 m. 40 de large parallèle au fleuve. Ces travaux, exécutés en 1815, ont coûté 1,888 fr. 71 c.
Ce petit port aurait besoin d'être agrandi, car il dessert deux communes importantes : Montferrand et Ambarès. Il sert au débarquement des pétroles qui se dirigent par terre à l'usine de Queyries.
Port de lormont (rive dr.), à 6,000 m. en aval de Bordeaux.
Ce port, construit en 1847, se compose d'ime cale inclinée de 88 m. de long et d'un terre-plein de 39 ares 15 cent, de superficie. Il n'est fréquenté que par les steamers-omnibus faisant le trajet entre Bordeaux et Lormont.
Le nombre des voyageurs transportés en 1875 par ces steamers entre Bordeaux et Lormont a été, tant à l'aller qu'au retour, de 540,000.
Le tonnage des marchandises entrées et sorties a été de 3,100 tonnes.
Port de Bordeaux sur les deux rives de la Garonne, à 100 kilom. de l'Océan, et k 25 kilom. du confluent de la Garonne et de la Dordogne (Bec d'Ambès). Par 2°53'48' de longitude prise au milieu du pont de pierre et 44°50'21' de latitude septentrionale au même point.
Son développement sur la rive gauche, du boulevard J.-J. Bosc au passage de Lormont, est d'environ 7,100 m., dont 2,200 à l'amont du pont de pierre. Sur la rive droite, il s'étend de la Souys à la pointe de Carriet, située un peu en aval du port de Lormont sur une longueur de 8,455 m. Sa largeur moyenne est de 560 m. Il présente un arc demicirculaire s'avançant vers la ville; la corde de l'arc va du S. au N.
Marêez, — L'établissement du port de Bordeaux est de 7 h. 45 m., d'après V Annuaire du, bureau des longitudes.
En tenant compte de l'influence de l'état du fleuve, les marées de vive eau s'y élèvent en moyenne à 5 m. 2^4 c. au-dessus du zéro de l'échelle du pont, et au maximum à 6 m. 50 c, lorsqu'elles sont favorisées par les crues de la Garonne; il est rare toutefois que, même favorisées par les crues et les vents, elles dépassent 6 m. 40 c.
La hauteur des pleines mers de morte eau est au minimum de 3 m. 30 c.
La hauteur des basses mers est, en vive eau, de 0 m. 20 au minimum. En morte eau, son minimum est le zéro de l'échelle du pont de Bordeaux.
Le zéro de l'échelle du pont de Bordeaux correspond à 1 m. 359 c. au-dessous du niveau moyen de la Méditerranée, plan de comparaison du nivellement Bourdaloue.
Le^ mouillages du port de Bordeaux ont subi, à diverses époques et surtout depuis quelques années, de grandes modifications. Ils ont successivement diminué ou augmenté d'étendue et de profondeur sans qu'on puisse bien expliquer la cause de ces changements. En somme, ils présentent, depuis une vingtaine d'années, un état qui devient tous les jours plus gênant, par suite de l'augmentation du tonnage de In plupart dos navires qui fréquentent notre port, gêne (jui disparaîtra par l'emploi