I0III
■aiiaiB
mi
r.ioo
Aujourd'hui — 1876 — les navires calant plus de 6 m. n'ont à leur disposition qu'un mouillage de 19 hect. qui s'étend de la rue de la Douane aux allées de Chartres, sur une largeur moyenne de 70 m., vers le milieu du fleuve, et des allées de Chartres jusqu'à la rue Chan-
tecrit, sur une largeur moyenne de 130 m., en longeant le quai des Chartrons ; ce mouillage est compris dans un autre plus étendu pouvant recevoir les navires calant de 4 à 5 m., depuis le Magasin des vivres de la marine jusqu^au pont de pierre, sur une largeur de 200 à 300 m., toujours du côté de la rive gauche du fleuve. En amont du pont de pierre, ce mouillage de 4 m. passe sur la rive droite et s'étend jusqu'à La Souys, avec ime largeur de 100 à 300 m.
Le dragage du port est donné à l'adjudication ; il s'eifectue au moj^'eu de bateauic dragueurs mus par la vapeur et pouvant extraire 50 "ï-^*- de vase par heure. L'État consacre à cette opération environ 70,000 fr. par an, somme que les hommes compétents jugent insuffisante.
Bancs de sable, — Le port de Bordeaux a été constamment soumis à des atterrissements de sable ou de vase qui l'ont plus ou moins endomma^ et qui sont dus aux sinuosités de la rivière, en amont et en aval.
Trois bancs existaient au commencement du dix-neuvième siècle, celui de la Manufacture au S., celui des Queyries au centre, et celui de Bacalan ou du Tigre au N.
Banc de la Manufacture. — Depuis 1764, bien des efforts ont été tentés pour le détruire (^), et l'on n'a réussi qu'à le diminuer, assez cependant pour laisser au pied des cales une hauteur d'eau minima de 1 m., suffisante pour les gabarres du Haut-Pays.
Le banc des Queyries est celui qui porte les plus grands préjudices à notre port; rien n'a été tenté pour le détruire, car on estime que les eaux y déposent annuellement plus de 600,000 ™-^' de sable ou de gravier; seules, les grandes crues sont susceptibles d'abaisser sa crête. Depuis mai 1876, la drague du port est occupée à couper l'extrémité du banc des Queyries, vis-à-vis le cours du Médoc.
Banc du Tigre ou de Bacalan, — On construit en ce moment une digue destinée à faire sortir ce banc du lit de la rivière. Ce travail, autorisé par décret du 6 janvier 1874, doit s'étendre de l'entrée du bassin à flot, jusqu'au passage de Lormont.
Ancrage. — La rade de Bordeaux est d'un bon ancrage, son mouillage est sûr ; son fond est sablonneux avec mélange de vase argileuse, surtout près des rives et dans les parties rentrantes à l'abri des courants ; sur le banc des Queyries, le sable est mêlé de gravier ; sur le banc de Bacalan il est mélangé à des graviers abondants et gros.
En 1681, un règlement obligea les navires entrés dans le port sous la direction des pilotes, d'aller se placer aux points indiqués par le capitaine du port, et de mouiller à l'ancre. Ils ne purent plus, conmie l'usage l'avait établi, s'échouer sur les cales et quais du port pour faire à moins de frais leur déchargement, parce que cela occasionnait des envasements.
A partir de 1838, on admit un nouveau mode d'ancrage des navires^ c'est celui des corps-morts placés au fond de la rivière, et sur lesquels on peut attacher jusqu'à trois navires.
(ij \o\vÀcUs dt l'Académie de Bordeaux, 1807, p i3:i.