CHAPITRE VII. — INSTITUTIONS CHARITABLES
hospice mixte destiné, non seulement à héberger les pèlerins qui passaient par Bordeaux, mais encore à recevoir les enfants exposés. Le fondateur avait établi qu'ils y seraient nourris et élevés jusqu'à l'âge de connaissance. U paraît que ces conditions furent religieusement observées, puisque ce fut à la condition de les suivre encore qu'en 1574 les jurats unirent cet hospice au don que le conseiller Baulon avait fait aux Jésuites dans le prieuré Saint- James.
En 1662, par une convention faite entre les jurats et les Jésuites, ceux-ci furent déchargés de l'éducation des enfants exposés; la ville les fit élever à ses frais chez divers particuliers qui promirent de s^acquitter religieusement de cette mission. Ils ne tinrent pas leur promesse. Cinq ans plus tard, les jurats se virent dans la nécessité de recourir à d'autres mesures. Plusieurs mode» d'administration furent tour à tour essayés, mais toujours sans succès; un hospice créé spécialement pour cet objet, en 1714, sous l'invocation de tâaint Louis, ne répondit pas aux espérances. Enfin les enfants exposés, dits alors enfants rouges, de la couleur de leur vêtement, furent transférés, en 1778, à rMpUal des Métiers, connu sous le nom â: hospice de la Manufacture (*). Ils y ont été maintenus jusqu'à présent.
L'hospice de la manufacture avait été fondé en 1639, grâce aux libéralités de M. de Tauzia, à un legs considérable de M^^^ de Brezets, aux dons de M"*^ de Qourgues et de plusieurs autres personnes charitables.
Il est situé à l'entrée de Paludate sur un sol alluvial, mais pourvu de bonnes eaux.
Il occupe ime superficie de 41,840 mètres carrés, y compris une grande cour ombragée d'ormeaux, un vaste jardin et diverses dépendances. Les difPérents bâtiments et leurs distributions intérieures ont, à plusieurs reprises, reçu des réparations importantes, tant sous le rapport de la salubrité que sous celui du service. Des constructions nouvelles harmonisées avec celles qui existaient ont permis d'utiliser l'établissement et sa nombreuse population au profit de tous les hospices de Bordeaux. On y a établi un vaste cellier et une manutention centrale destinés à fournir aux autres maisons de charité, au prix coûtant, les objets de consommation.
Ces deux services subsistent encore; mais les ateliers de confection de vêtements et de chaussures, de menuiserie et de maçonnerie, ont dû être en grande partie désorganisés par suit^ de la diminution progressive de la population demeurant à l'hospice.
Personnel de r/iospice,
1 aumônier, 15 sœurs de charité, 1 médecin et 1 chirurgieD, 1 interne en méde- ^ne, 24 nourrices, 6 préposés et domestiques, 161 enfants.
Les 50 enfants habitant l'hospice au 31 décembre 1877 étaient divisés comme suit : 39 trouvés ou abandonnés et 11 orphelins.
(1) Ces noms de métiers et de mantffaeture vienoent de ce que, dans le principe, rétablissement fut une maison de travail et de secours; on y recueillait les pauvres infirmes et l'on y donnait de l'occupation aux mendiants valides.
888 LIVIIE IX. — ADMINISTRATIONS.
En 1861, le nombre des enfants habitant Phospice était de 284, et il était de 409 en 1838, époque à laquelle la fermeture des tours, sunrenue en 1852, et les obstacles apportés aux admissions afin d^oblig^er les filles mères à rester, moyennant des secours temporaires, chargées de leuis enfants n'étaient pas encore en usage.
Mouvement ancien de la population (Voir, page 907, le mouvement actuel).
Koyttnii* doi «aBiai 1630 à ISW
Restant au l«r janvier à l'hospice 363
— r — à la campagne 3571
Mis en nourrices ou pension 820
Revenus de nourrice 423
Sortis pour être remis à des particuliers ou à leurs familles . . 357
Décédés à l'hospice ,. 222
— à la campagne .... ! 525
Si aujourd'hui le mouvement de la population de Phospice des Enfants Trouvés est moins important qu'autrefois, c'est que les secours à donucile qui font l'objet d'un service spécial, dont nous parlerons plus loin, ont pris un grand développement. Aujourd'hui le budget des hospices porte au tableau de ses dépenses pour 1876 :
1» Mois de nourrice et de pension 11914 63
2« Layettes et vôtures 21325 95
3» Versement à la caisse départementale des revenus
spéciaux du service des enfants assistés 17389 59
Hospice général Pellegxiii*— -En 1862, l'administration des hospices a foimé le projet de construire dans la banlieue de Bordeaux, un hospice général de 1000 lits destiné à centraliser, à l'exception de Thôpital Saint- André, tous les établissements hospitaliers existitnts. Les domaines de Pellegrin et de Canolle, d'une contenance totale de 23 hectares 69 ares et '65 centiares, furent achetés dans ce but. Les plans de construction da futur hospice dressés par M. Laval, architecte, et adoptés par la coomiiâsion des hospices le 26 juin 1865^ prévoyaient une dépense de 4,813,158 francs.
Ces plans furent approuvés le 9 mars 1866 par le Conseil municipal qui vota à cette occasion une subvention de 1,500,000 francs pour concourir aux travaux qu'on avait en vue et auxquels devait être en outre affecté le produit de l'aliénation des anciens hospices estimés 2,771,105 francs.
Les adjudications ayant eu lieu le 24 janvier 1867, les travaux commencèrent le 13 mars suivant; ils furent continués jusqu'au mois de mai 1870, époque où les constructions entreprises durent, faute de ressources disponibles, être interrompues, la commission des hospices n^ayant pi trouver des acheteurs pour les vieux hospices destinés à disparaître.
Les dépenses déjà faites pour l'hospice Pellegrin s'élevaient à la clôture de l'exercice de 1873 à 2,677,547 fr. 90 c. achats d'emplacement compris.
Lors de la reprise des travaux, complètement abandonnés depuis cinq ans, il y aura lieu d'établir à nouveau le décompte des subventions supplémentaires, indispensables pour l'achèvement de l'œuvre commencée.