CHAPITRE VII. — INSTITUTIONS CHARITABLES
cotisation qui est de 10 fr. par an, comme celle des membres honoraires. Le taux des pensions est fixé chaque année par une assemblée générale; le minimum est de 100 fr. pour les veuves, 30 fr. pour chaque enfant de huit à seize ans, 15 fr. pour chaque enfant au-dessous de huit ans.
Au 31 octobre 18T7, on comptait 30 membres participants, 80 membres honoraires et la Société servait 682 fr. 60 de pensions par an; elle possédait en rentes et titres divers un capital de 23,751 fr. 17, assurant pour longtemps le bon état de ses finances.
Diaconat de TÉgllse protestante de Bordeaux. — Le diaconat est une institution qui a existé de tout temps dans PÉglise protestante; celui de Bordeaux, réorganisé au commencement de ce siècle, comprend un corps de 24 laïques appelés diacres et élus par le Consistoire pour recueillir dans les temples les aumônes des fidèles et les distribuer aux pauvres de la ville, divisés en vingt-quatre quartiers. Le corps des diacres est réélu tous les trois ans, par moitié.
En 1877, une somme de 16,000 fr. environ a été distribuée entre 140 familles ou individus isolés. Les secours sont presque toujours distribués mensuellement, en argent, et affectés aux loyers; en hiver on fait aussi des distributions de bois. Ces secours sont presque entièrement fournis par des collectes, cependant le Consistoire possède quelques rentes affectées à cette destination.
Tous les mois les diacres et les pasteurs se réunissent en commission des pauvres pour statuer sur Tallocation ou le retrait des secours.
Société protestante des amis des pauvres. — Cette Société a pour but de travailler au relèvement matériel et moral des personnes ou familles momentanément embarrassées. Elle s^occupe spécialement de ceux que son secours peut empêcher de tomber dans la misère et qui ne sont secourus par aucune autre Société, quel que soit le culte auquel ils appartiennent. Les demandes, après avoir été adressées au président, sont remises aux assesseurs chargés de visiter les familles qui les ont faites ; la Société statue ensuite sur ce que leur situation semble réclamer.
Toute personne assistée par la Société reçoit du comité un patron qui surveille ses intérêts, Tassiste de ses conseils, fait les démarches nécessaires pour la mettre en état de se passer de secours et la visite tous les mois. Cette Société fut fondée en 1843, sous la généreuse inspiration de M. le pasteur Vaurigaud, à cette époque suffragant de Bordeaux. Le caractère de cette Société fut un peu oublié et son œuvre était devenue en 1 856 une œuvre de bienfaisance pure et simple. Elle fut reconstituée le 21 mars 1863 par MM. Monod, Douesnel, Preller, Schacher, Pozzi, La Harpe, etc., etc. Elle est aujourdUiui composée de 150 membres environ et n^a d^autres revenus que ses cotisations annuelles variant depuis 5 fr. jusqu'à 100 fr. et montantà 1,480 fr. en 18'76, à 1,613 fr. 50 c. en 1877; auxquels il faut ajouter quelques dons et les produits des collectes faites après chaque réunion de la Société.
Ses prêts se sont élevés en 1876 à 4,950 fr. répartis entre 35 familles, et en 1877 à 3,900 fr. répartis entre 29 familles.
Les remboursements ont été en 1876 de 2, 180 fr. 50 faits par 52 familles
en 180 versements, et en 1877 de 1,918 fr. 75 faits par 53 familles en 164 versements.
Comité consistorial Israélite de secours à domic&e. — Ce
comité, a pour mission la distribution de secours en nature ou en espèces. Sa caisse est alimentée par des souscriptions, des dons, des legs et les offrandes pieuses faites au Temple. Elle est administrée par un comité de douze membres nommés par le Consistoire. Elle distribue de 9 à 10,000 fr. par an. En dehors et à côté de ce comité, le Consistoire fait ^re des distributions de vêtements, de viande, de pain azyme et d'argent pendant toute Tannée et spécialement à Toccasion des diverses fêtes religieuses.
Société de laJeuiesse Israélite. — Cette Société s'occupe de placer en apprentissage les jeunes garçons au sortir de Técole et, pour les encourager à apprendre des métiers, leur donne des gratifications en argent et leur distribue des vêtements et de la chaussure. Cette Société fait aussi les mêmes distributions deux fois par an à un certain nombre d'enfants des deux écoles israélites.
Un Comité de dames, dont les membres sont nommés par le Consistoire, est chargé de surveiller l'école des filles et de placer en apprentissage les jeunes filles qui sortent de l'école après qu'elles ont accompli leur devoir religieux, et les encouragent par des dons en argent et en nature. •
Ateliers de charité. — 11 existe à Bordeaux des ateliers de charité ou les hommes et les femmes sans travail sont employés à nettoyer les places et voies publiques, à servir d'auxiliaires aux cantonniers des rues, k casser les matériaux de macadamisage.
C^ ateliers, qui se recrutent le plus souvent parmi les vieillards et les in^rmes qui ne peuvent plus exercer aucun métier, sont multipliés dans les temps calamiteux. La journée des hommes est ordinairement de 1 fr. 50. Une subvention de 24,000 fr., votée par la ville, couvre ordinairement les frais de ces ateliers.
Dames de charité. — IL existe dans toutes les paroisses de Bordeaux des comités de dames de charité qui recueillent en faveur des pauvres des sommes assez importantes, distribuées à domicile par leurs soins. Il n'existe pas de documents de statistique au sujet de ces comités.
Fourneaux économiciues. — Ces fourneaux offrirent d'abord aux pauvres des portions à prix réduit ; organisés ainsi ils ne réussirent pas. Depuis 1872 ils sont gratuits. Dans les paroisses ou il en existe (voir p. 913), il est formé un comité de dames qui souscrivent chacune pour un certain nombre de bons de portions par semaine qu'elles distribuent elles-mêmes aux pauvres. Les locaux et le matériel sont fournis par les bureaux de bienfaisance.
Les bons, livrés à 30 centimes, donnent droit à demi-litre de bouillon gras trempé avec 100 grammes de pain, à une portion de viande de 100 grammes environ, et à une portion de légumes cuits de 400 grammes.
Ouvroirs. ^ On nomme ainsi des réunions de dames ayant lieu dans presque toutes les paroisses dans le but de travailler à confectionner ou à raccommoder des vêtements recueillis pour les pauvres.