V. CoxHrNAY, Parlement de Jl
DUyiONBAU (Pierre-Hyacinthe), surnommé FîTON, né à B» en 1754 ou on 1752, guillotiné à B* le 26 juil. 1794. Avocat et procureur au Pari. ; greflier au trib. cnminel de la Gir. ; littérateur, auteur dramatique, il a publié : Suzetif., comédie en prose, B*, 1775, in-S»; Otie aar la mavi de j.-J. Rou9Hean qui a remporté le prix de TAcad. de La Bochelle, B», Racle, 1780, in-4«'; La Fête iVAstrée, cantate allégoiif|ue, musique de Beck, B», Roche, 1780, m-4»; Poésies
diverses, Genève, 1776; un curieux Discours sur la pivfession de procureur, Genève, B>, 1703, in-^ de XU-39S pp.
(Duviffneau nous apprend, pp. xxviii-xxix de ce discours, au'ii fut Télève de Sébastien Mercier, alors logent de 5* à B>), et divers opuscules dont on trouvera le relevé dans \e C. R. de la Conini* des mon, hist., année 1855, p. 104. Duvigueau a i^igé \e Journal de Guienne, les Annales de la municipalité deB^et du département de la Gironde (1790) et a laissé en outre plusieurs éciits relatifs à ladministration des Etats de la province de Guyenne et aux questions politiques qui s*âgitèrent dans les premières années de la Révolution. B. de F.
V. Notes manuscrites de M. J. Delmt, et AxDRiKr, Bibliographie agenaiae,
DUYIGNEAU (Jacques), administrateur, né à Audenge (Gir.) le 21 août 1834 ; propriétaire à Audenge et dans plusietn-s autres communes cTu canton ; républicain d'origine, combattit sans cesse et énergiquement le gouvernement de Napoléon III ; maire d'Audenge de 1871 à ce jour, en exceptant les périodes des 24 mai 1873 et 16 mai 1877 ; memb. du cons. gén. de la Gir. depuis 1871 ; secrétaire de la comm. départementale de 1881 à 1888.
DTMAHnJS, avocat et rhéteur du iv s., né à B*, d'où une accusation d'adultèi^ le forya de s exiler; il so rétXigia en Espagne, s y mai*ia, y profes.sa sous un nom d'emprunt ety'mourut. M. Coroet a recueilli dans l'appendice du t. l** de sa ti^duction d'Ausone un fragment qui lui est attribué. B. de F.
EDOUARD, prince de Galles, surnommé le Prince Noir à cause de la couleur de son armuro, né à Woodstock en 1330, mort en 1376. Fils d'Edouard III et de Ph. de Hainaut. Dès l'âge de quinze ans il accompagna son père en Fi-ance et se distingua à la bataille de Crécj; (1346). Investi du commandement de la liuyenne et des possessions anglaises en France, il ne cessa presçjue pas de ravager les pays fidèles au roi do b rance et de lutter contre ses armées; en 1350, il gagna la célèbre bataille de Poitiei-s, qui mit le sceau à sa réputation de grand capitaine; le roi Jean y fut fiiit prisonnier avec l'un de ses fils. Il aifecta les plus grands éganls pour eux. En 1300, le trail<^ do BitHigny le lixa à B» avec le
titre de prince souverain d'Aquitaine.
Il y fut entouré de l'admiration de ses sujets et sut gagner leur affection pendant Quelques années. Il ne ouitta B< qu'en l3l)7 pour aller souttMiir Piemî le Cruel, chassé du tif^ne de Castille; il y gagna la batiiille do Najara, contre Duguesclin, en se couvrant de nouveau de gioii-c. Mais Pierre le Cruel n'ayant pas tenu ses engagements, son armée dut i-enti-er en Guyenne décimée par la famine. Cette campagne lui valut une maladie incurable et dos dettes qui l'obligèrent à imposer ses sujets, lesquels se soulèveront contre ses exactions, sans être intimidés par le sac de Limoges (1370). Il retourna en Angleterre où il succonïha à ses soufirancos. U avait
KMK
EPK
c?pousé Jeanne, fille du c*« de Kent, veuve du c*« de Salisbury et de Thomas Olland. De ce troisième mariage elle eut à Loi^ mont un ills, Hichai*d, qui fut nourri à Cadiilac-sur-Dordogne et qui régna sous le nom de Richard IL
ËLÉONORE, V. Aliénor.
EUE-ANDRÉ, V. André.
ËMËRIGON (Marc-Pierre-Marie), né à St-Pierre (Martmique) en 1761, moi-t à B» le 28 fév. 1847. Fit ses études et ses premiers débuts à Aix où son oncle, le célèbre auteur du Traité des assurances, était cens, au Pari.; il avait un autœ oncle procureur du roi à St-Pierre de la Martinique où son père était lieutenants gén. de Famirauté.
M.-P.-M. Ëmérigon débuta à B* comme avocat en 1788; nit nommé comm. du gouv. près le trib. de Montguyon (Charente-Inf. ) en 1791 ; avocat à B*. très occupé de 1795 à 1816, et bâtonnier de l'ordre en 18 15 ;1"*' avocat gén. de 1816 à 1819 ;memb. du cons. gén. de la Gir. de 1818 à 1829 et de 18ai à 1883; présid. du trib. de B> de 1819 à 1847 ; pœsid. du Cercle philharmonique de 1837 à 1847. Son salon fut l'un des plus fré<]uentés par la haute société de B>, où vit encore le souvenir de ses brillantes soirées musicales etlittéraiiDS. Voici le portrait que trace de lui M. Chauvot : « Petit de taille, œil scintillant et fin, bouche souriante et sensuelle, voix grêle et perçante à Taccent créole, il n'annonce ni un profond jurisconsulte, ni un brillant orateur, et cependant ce contemporain de Laine, de Ravez, etc., se fait entendre plus souvent que ses illustres confrères. Sa parole manque d'ampleur, comme son geste ; elle émeut rarement, mais elle est si claire et si facile qu'elle satisfait presque toujours. La finesse, nous allions dire la ruse, est son arme la plus redoutable; ses confrères le surnommèrent : le chat. » A la tête du tribunal, il l'eprit l'ascendant qu'il avait perdu à la barre. On parlera longtemps de la merveilleuse lucidité avec laquelle il motivait ses jugements. L'amitié et les égards pour le sexe aimable exercèrent chez lui jusqu'à SCS derniers jours un puissant empire. En 1830, il se maria avec M*** Dupont, musicienne distinguée. Survint un charivari mémorable qui nécessita l'intervention de la force armée. Avec un esprit charmant, il feignit de considérer ce charivari comme fait à Tadi-esse de son voisin M. St-Marc.
Son portrait a été peint par M. Mousquet et décore la chambre des avoués. Il a été aussi gravé, en colonel de la garde nationale 0790), et fait partie die la collection Qnenedey.
EMERT (d'), xvir s., médecin distingué. Pi-of. royal au collège de méd. de H».
Auteur, en 1680, d'un Mémoire sur un nouveau moyen pour prévenir Irs défaillances qui sont causées par la crainte de la saignée. B. de 1'.
EHILION ou EMILIAN (Saint), naquit à Vannes, entra comme domestique dans la maison du comte de la ville ou, grand ami des pauvres, il fut bientôt accusé d'user, aux dépens du maître, de trop de libéralité envers eux. Un miracle vint le disculper. Un peu plus tard, dit la légende, on le trouve en Saintonge dans un monastère de Tordit de Saint-Benoît; il vint ensuite, comme ermite, s'établir dans les grottes de la forêt de Cumbis ou Combis sur les coteaux qui boi*dent la Dordogne et auxquels on donna son nom. Sa haute réputation de vertu lui attira un grand nombra de disciples qui fondèrent la ville de Saint- Emilion. Il mourut en 767.
V. GuADET, Sttint'Emillon et ses enrirons. — Léo DnoiiTn, Gnide à St-EmlUoH. — Géographie des légendes, Paris, 1740.
EMPIRICUS, V. Marcellus.
ENBELECHIU8 ou SAHGTUS SEVE- RUS, poète et rhéteur chrétien du iv" s., né à B^,' mort vers 409. Il se lia dès son enfance avec saint Paulin. 11 écrivit des hymnes qui sont perdues. Il ne reste de lui qu'une églogue chrétienne imprimée dans divers recueils, notamment dans les Epigramniata et Poemata t^eterûni de Pithou (1590). M. Collombet en a donné une traduction française dans les notes du 4» V. des Lettres de saint Jérôme, Lyon, 1838, in-8».
ENOELBRBGHT (Ulvssc), éditeur do musique bordelais établi en 1853 sur les allées de Toumy. A publié des compositions de P. Repetto, M**" Lucchesi-Landi, Henri Barbara, Arthur Phlox, xVlIVed Ollivier-Bonnet, Edmond Labrouche et autres musiciens. Il a fait paraître eu 1H54 un journal de théâtre, le Sylphe, qui prit bientôt le titre plus ambitieux de Bordeaux et qui contient des articles de Charles Dupont, Jules Cardoze, Ulysse Engelbrecht, etc. En 1856, il donna une édit. de la fameuse romance Marguerite fei^mcz les yeuœ, (jui avait été publiée un an auparavant a B' sous le nom de Jules Michel dit Micheli, et qui fl^re aujourd'hui dans les catalogues parisiens de Colombier et d'Alphonse Leduc sous le nom du compositeur Auguste de Saint Priest. A. L.
ÉPERNON (Jean-Louis de Nogaiiet do la Vallette, duc d'), na(]uit près de Toulouse en mai 1554, était le second (Ils de messiiie Jean de la Vallette (voir ce nom). Jean-Louis, d'abord appelé Caumont, du nom du château paternel, Ht ses pre-
iiiiùi'es armes (mi 1570, au combat de Mauvezin^ où il sauva la vie à son |H're; arriva à Paris en 1574, lut présenté à Henri III, dcnint Tun de ses plus intimes conlldents et t(>llement puissant qu'on le nommait la garde-robe du roi ou le toi^ rent des faveunt, 11 prit le nom île duc d'Iilpernon en 15K1, à la suite du don de celte chAtellenie qu'Henri 111 éri^^eapour lui en duché-pairie. Nommé gouverneur de Metz et du pays Messin, du Dauphiné, »le Boulogne, Calais, La Fèiv, Loches, de la citadelle de Lyon en iTM; colonel-gén. de l'infanterie française et gouverneur de Provence en 1585; amiral de France, gouverneur de Normandie, de Caen, du Uavi-e-de-OrAce en 1587. D'Epernon commandait l'armée à Saint^loud, lorsque Henri IIl fut assassiné ; il refusa d'aider à établir Henri IV parce qu'il était huguenot. Olui-ci lui en garda rancune et ne lui ménagea pas les sujets de mécontentement. D'Epernon étiut dans le carrosse du roi l0i*sque Ravaillac le poignarda. Quelques auteurs l'ont accusé d'avoir préparé ce meurtre, ce qui est invraisem- Mable. Mais il s'empai-a du pouvoir et se tint aux ordres de Maiie de Médicis dont on a lieu de croire qu'il fut l'amant. Les iiitrigues et les brouilleries de la cour eurent une inlluence constante sur sa vie. Il prépara avec son lils, le c^irdinal de la Vallette, l'évasion de la i-eine-mêre à Hlois, la conduisit à Angouléme et fit bientôt la paix avec le roi (KJ'iO). Nommé fcouverneur de la Guyenne, le 27 août U)22, par Tiunuence de Richelieu qui voulait j'éloijçner de la cour, il fut bientôt en butte a la haine du premier ministre. Richelieu soutint le Parlement contre d'Epernon, prit fait et cau.se pour Henri d'Escoubleau de Sourdis, archevêque de H<, sur lequel le duc avait osé lever sa caïuie. De Sourdis l'excommunia, et après mille vexations de ce turbulent sc.'viteur de Richelieu, d'Epernon dut faire amende honoi-able à la porte de l'église de Couti-as (l(xH). Il fut remplacé par Condé dans le commandement des troupes opposées à l'Espagne et dans le gouvernement de Guvenne (1638), et fut obligé de se retirer à Vlassac. Son fils fut accusé du désastre de Fontai*abie (1()39). Enfin, exilé à Loclios il y mourut le 13 janv. 1(312. Vn magnifique mausolée, sculpté par Pierre Riai'd en 1598, qui recouvrait le tombeau de sa famille à Cadillac, fut détruit pendant la Révolution.
Jean-Louis de Nogaret fut mêlé à toutes les afl'aires politiques des ivgues de Henri IH, Henri IV et Louis XllI. Ambitieux, vindicatif, orgueilleux, insolent, mais courageux iusfju'à la témérité, ne connaissant pas de bornes à sa puissance, d'Epernon est la dernière pei-sonnification de l'ancienne noblesse. C'est une dos plus grandes figures de son temps, mais la
calomnie s'est tellement acharnée sur lui
3u'il est diflicile de disœrner la véiité et e juger sa mémoire. Accusé de toutes les infamies comme niigtion de Henri III, de l'assassinat de Henri IV, de ti*ahison envers l'Espagne, d'exactions, de pillages à Montauban et en Guyenne; la Ligue, les ]>rotestanLs, Richelieu, tous ses ennemis, vouèrent son nom à l'exécration publique et le supprimèrent en quelque soile de l'histoire, au point qu'aujoura'hui encore on le confond avec son fils Hernard.
Cependant on lui a conseiTé la réputalion de l'homme le plus fidèle à sa parole, du plus reconnaissant envtM-s ses bienfaiteurs et du meilleur des fils.
Le premier duc d'E|>ernon a donc été mal jugé. Objet de l'envie des uns, de la haine des autres, il osa résister aux ministres, aux princes du sang, aux rois eux-mêmes, à l'inUuence cléricale personnifi(>c par Souixlis et Richelieu; ce fut là qu'il fut l)risé. Sa fin fut un exemple frappant des revers de la fortune. Il connut tout(^s les grandeurs, il endura toutes les tortures {mysiques et morales. De l'immense puissance qu'il avait créée il ne restait rien dix-neuf ans après sa mort, pas même son nom I
D'Epernon avait dû épouser Christine, belle-sœur de Henri III, Catheiine, s(Hur de Henri IV. Il eut trois fils de Marguerite de Foix-Candale, l'une des plus riches héiitières de France, qu'il épousa à Vincennes le 7 août 1587 : Henri, comte de Caudale; Iteniard, deuxième duc d'Epei^ non; Louis, cardinal de la Vallette. Sa femme mourut en 1593, à Angouléme.
On a découve K récemment un acte de mariage seci'et avec Anne de Monier, du 24 fév. 159(5, qui reste inexplicable. Ce qui est certain, c'est que d'Epernon eut plusieurs bâtants : Jean-Louis de Nogaret, le chevalier de la Vallette ; Louise de Nogar«t,*abbesse de Ste-Glossine, à Metz ; I^uis de Nogaivt, évêquede Cai*cassonne; Bernard de Nogaret, prieur de Uellefonds, et un moine coi'delier.
ËPERNON (Bernard de Foix et de la Vallette, duc d'), second fils de Jean- Louis, né en avril 1,592, fit ses premières armes au siège de St-Jean-il'Angely en 1()21, se distingua à celui de Royân en l(i22, servit contre les FIsnagnols sous les ordres de son péitî (l(i3(>) et fut chargé de pacifier la Guyenne, quoique accusé de conspiration contre Richelieu (l(5îl7). Le duc d'I'^pernon, son père, ayant été relégué à Plassac et remplacé ^dans le gouvernement de (iuyenne par le prince de Condé, chargé du commandement en chef de l'armée d'Espagne, le duc de la Vallette fit trop paraître son mé<^ontentement de cette injustice. La haine de Richelieu l'accusa du désastre de Fontarabie; il fut jugé et condamné, à Paris, en i>résence du roi, à pei-dre la vie, les
ÉPE