‹ Statistique internationale (population);Chapitre 34 sur 260 · I.XXV · texte numérisé non relu

I.XXV

férents pays, les heures et les hauteurs des marées de chaque jour? et cependant le savant sait fort bien qui] ne peut soumettre au calcul tous les éléments qui contribuent à amener le résultat qu'il a en vue de déterminer. Souvent ce résultat exactement calculé, d'après les éléments existants, ne s'accorde pas avec le résultai qu'on observe : on peut soumettre au calcul, pour chaque lieu du globe, les passages au méridien de la lune et du soleil, qui sont les causes premières du phénomène; on peut avoir égard à rétablissement du port et à d'autres circonstances, mais qui peut tenir compte d'avance de la direction et de la forée du vent qui régnera tel jour indiqué? Ce sont ces derniers éléments qu il faut nécessairement abandonner; aussi les éléments calculés ne seront-ils que probables. 11 en est de même des résultats statistiques : parmi les causes qui les produisent, les unes peuvent être appréciées d'avance et soumises au calcul, d'autres échappent au* appréciations et peuvent altérer, clans certains cas, les résultais déduits de l'analyse. Les éléments soumis au calcul sont en effet modifiés par d'autres dont la science ne peut mesurer les effets. Tout ce que l'on peut faire en pareil cas, c'est de les apprécier par une autre voie et de les constater par l'expérience. Après avoir observé attentivement les marées dans un même port et avoir constaté, pendant un espace de temps suffisamment long, les écarts que présentent les résultats calculés avec les résultats observés, on peut arriver à apprécier les valeurs de ces influences accidentelles, si l'on ne peut en déterminer exactement l'époque des retours.

Ce qui a fait généralement le plus de tort à la statistique, ce sont les mauvaises interprétations qui en ont été déduites, souvent par des personnes qui ont écrit sur cette partie sans s'en former une idée juste. Tout résultat statistique esl plus ou moins probable: car s'il était précis, il appartiendrait plutôt aux sciences exactes. La grande difficulté est de bien déterminer les valeurs des probabilités qui appartiennent aux nombres de la statistique. Le vulgaire traite toutes ces valeurs comme des quantités constantes, et s'il leur donne une valeur variable, les changements sont supposés exactement les mêmes pour les divers éléments: on ne s'occupe pas d'évaluer la grandeur de leurs variations ni les causes qui les produisent.

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