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OBSERVATIONS
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I. — D'Entrecasteaux. — Deux cas de fièvre intermittente au départ, le 3 février 1859. Huit cas, dans la Plata, en novembre suivant. Le médecin croit à des récidives de Rochefort ; mais il signale la présence d'une sorte de marais artificiel situé à bord dans la coursive de l'arbre de l'hélice, cloaque très difficile à nettoyer, d'où s'exhalaient des odeurs infectes, et où l'on trouva, après un désarrimage complet prescrit par l'hygiène, une accumulation d'eau douce, d'eau salée, de suif, de savon, d'huile, de poussière de charbon, etc., etc. Depuis ces soins de propreté, la fièvre intermittente ne s'est plus montrée.
II. — Constanttne. — La Constanttne a été armée à Rochefort à l'époque des grandes chaleurs et des fièvres endémiques ; cependant, 16 hommes seulement de son équipage ont été envoyés à l'Hôpital jusqu'au 20 août, jour de la mise en rade de l'île d'Aix. Du 14 septembre, jour du départ, jusqu'au 25, le nombre des fiévreux augmente beaucoup ; du 25 septembre au 10 octobre, le chiffre des fiévreux diminue sensiblement ; malheureusement, du 12 au 16 octobre, notable recrudescence, par un temps chaud et humide ; sur 321 personnes embarquées à bord, 201 ont subi à des degrés différents les atteintes de la fièvre paludéenne ; 60 n'ont éprouvé qu'une seule atteinte ; 39 ont rechuté une fois ; 34, deux fois ; 32, trois fois ; 15, quatre fois ; 13, cinq fois ; 8, six fois.
M. Duplouy attribue cette épidémie : 1* à l'armement pendant la canicule ; 2* aux fatigues de l'équipage en juillet et août ; 3° à l'humidité du bord par le mauvais temps ; 4" à I encombrement du faux-pont par le matériel destiné à la station de l'océan Pacifique et qui interceptait le libre passage de l'air et de la lumière ; 5° à un amas d'eau stagnante dans la cale-avant.
Cest principalement à cette dernière cause que M. le médecin en chef Quesnel, chargé de l'analyse du rapport de M. Duplouy, a attribué l'explosion de cette épidémie insolite ; M. Duplouy était loin d'en contester lui-même la puissance, ainsi qu'on en peut juger par ces termes de son rapport : « Après c une campagne de près de quatre ans dans les mers de Chine, la Constanttne
< était restée huit mois dans le port de Rochefort, lorsqu'arriva, le 1" juillet « 1857, l'ordre de l'armer. Les dispositions réglementaires relatives au net-
< toyage de la cale-avant et des soutes furent ponctuellement exécutées avant
< de commencer l'arrimage. Une seule partie de la cale-avant, sous le magasin « général, échappa à la vigilante attention de l'autorité : la plate-forme sur « laquelle reposent les caisses d'huile avait été clouée & demeure et l'on décou- « vrit, le 19 octobre (à la mer, au moment de la plus grande extension des
< fièvres intermittentes) entre cette plate-forme et le vaigrage un amas d'eau
< croupie extrêmement fétide dont la quantité peut être évaluée à environ 40
< seaux. Cette eau provenait-elle des infiltrations à travers le vaigragef Exis-
• tait-elle avant l'armement ï Toujours est-il que l'obstruction des anguillers
* ne lui permettait pas de se rendre à l'archipompe. >