HOPITAUX DE PARIS BN
Pneumonie : 1970 cas, 702 décès, soit: 35,63 pour 100. Pleurésie : 1123 cas, 97 — 8,64 —
Phthisie : 5996 cas, 2951 — 49,21 —
BOUTAI. DK ROCBBFOBT IN 1SS7.
Pneumonie ; 51 cas, 18 décès, soit: 35,29 pour 100. Pleurésie : 80 cas, 1 — 1,25 —
Phthiaie : 81 cm, 20 — 24,69 —
Il résulte de ce parallèle :
1" Que, pour la pneumonie, la balance est à peu près égale, bien que, dans
l'année 1867, la proportion de la mortalité par cette maladie, à Rochefort, soit
presque le double de la moyenne, puisque celle-ci est représentée par 18,43 0/0;
2° Que, pour les décès dus à la pleurésie, l'avantage en faveur de Rochefort
est immense ;
3° Qu'à Paris, enfin, la mortalité par la phthisie est le double de celle de Rochefort.
II ne faudrait pas cependant attacher à cette énorme différence de décès par la phthisie pulmonaire une importance exagérée. A Paris, presque tous les phthisiques qui se font admettre dans les hôpitaux, à une période déjà avancée île la maladie, y restent jusqu'à la terminaison fatale. A l'Hôpital de Rochefort, au contraire, beaucoup de phthisiques obtiennent des congés dits de convalescence et vont s'éteindre dans leurs familles; d'autres sont définitivement réformés et partent pour ne plus revenir. J'ai fait de vaines recherches pour suivre les traces de ces congédiés.
Pour mieux démontrer la nécessité d'une grande réserve en pareille matière, je rappellerai certains chiffres établis précédemment.
Dans l'espace de 14 ans ont été admis à l'Hôpital de Rochefort :
783 phthisies et 1338 bronchites chroniques = 2121 ;
261 décès par la phthisie ; 40 par la bronchite chronique -= 310.
570 hommes ont obtenu des congés pour phthisie ou bronchite chronique.
Or, les bronchites chroniques qui ont motivé les congés de convalescence son d'autant plus suspectes que l'âge de ces malades exclut la pensée de la bronchite chronique et fait présumer la phthisie ; une copie des certificats étant délivrée aux intéressés, le Conseil d e santé, par un sentiment d'humanité facile à concevoir, évite d'écrire un mot dont la signification fatale n'échappe à personne.
Il est vrai qu'un tiers de ces congés, au moins, a été délivré à des hommes non traités à l'Hôpital, à leur retour de lointaines campagnes ; mais en définitive, il faut réduire un peu l'écart signalé plus haut.
Toutefois, c'est ici le lieu de présenter une observation de la plus haute importance ; il s'agit de la lenteur d'évolution de la phthisie à Rochefort, due peut-être à l'humidité constante de l'atmosphère et à la moyenne assez élevée de ta température. Toujours est-il que les exemples sont très nombreux d'individus qui portent debout, sans fièvre et très longtemps, des tubercules pulmonaires avérés , et qu'à l'autopsie on rencontre cette lésion organique chez des individus qui ont succombé à d'autres affections. Le tableau des décès par phthisie comprend : 137 individus de 40 à 50 ans ; 48, de 50 à (30 ; 22, de 60 à 70 ; et 2, de 70 à 80.
Pour confirmer ce fait de l'innocuité relative des tubercules pulmonaires, à Rochefort, je citerai, entre autres exemples, une autopsie très curieuse pratiquée à l'amphithéâtre de l'Hôpital, en octobre 1867 : le nommé J..., ouvrier retraité des Constructions navales, âgé de 76 ans, a succombé à une péricardite chronique dont les conséquences pathologiques avaient été, indépendamment d'une collection séreuse dans la cavité du péricarde, un épanchement pleurétique double, un commencement d'asciteavec œdème des membres inférieurs; les poumons offraient des tubercules nombreux, les uns à l'état crétacé, les autres en voie de ramollissement.
Il me paraît utile de (aire connaître les côtés où ont siégé les pleurésies et pneumonies traitées à l'Hôpital, pendant une période de 10 ans.
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