‹ Statistique médicale de Rochefort, Charente-InférieureChapitre 109 sur 125 · PNEUMONIE · texte numérisé non relu

PNEUMONIE

Droite.

Gauche.

Double.

Droite.

Gauche.

Double.

Total.

Ti

SI

Totaux .

Ce qui donne les proportions suivantes :

l 4i,3i adroite :

Sur 100 pleurésies : ] 5-1,1!) à gauche ;

I 4,34 doubles.

i 47,44 à droite :

Sur 100 pneumonies: | 40,48 à gauche;

( 12,07 doubles.

5 VI. Do l'antagonisme antre les fièvres Intermittentes, d'une part, et, d'entre part, la fièvre typhoïde et le phthisie pulmonaire.

« 1° Les localités dans lesquelles la cause productive des fièvres intermittentes « endémiques imprime à l'homme une modification profonde, se distinguent « par la rareté relative de la phthisie pulmonaire et de la fièvre typhoïde ;

« 2° Les localités dans lesquelles la fièvre typhoïde et la phthisie pulmonaire « sont fortement dessinées, se font remarquer par la rareté et le peu de gravité « des fièvres intermittentes contractées sur place. »

L'endémicité des fièvres intermittentes ne pouvant être contestée à Rochefort. il est possible, à l'aide des documents précédents, de vérifier ce qu'il y a de fondé dans ces assertions.

Déjà, en 1845, M. Lefèvre, médecin professeur à l'Ecole de médecine navale

de Rochefort, avait, en réponse aux idées de M. Boudin, publié un mémoire du plus haut intérêt dont il formulait ainsi les conclusions :

« 1" La loi de l'antagonisme entre la phthisié pulmonaire et les fièvres « intermittentes n'existe pas à Rochefort, où cependant le miasme paludéen t imprime une modification profonde à l'organisme ;

« 2° Les faits qu'on y observe tendent à prouver qu'il y a entre la fièvre t intermittente et la phtbisie plutôt parallélisme qu'antagonisme ;

« 3" Quant à la fièvre typhoïde, elle est vraiment peu fréquente a Rochefort; « elle y règne rarement sous forme épidémique, et d'habitude elle ne figure « que pour une faible proportion dans le chiffre de la mortalité. »

Cherchons, à notre tour, à établir les données que fournissent nos quatorze années d'observations,

A. Phthisié.

Les chiffres des décès à Rochefort, par suile de phthisié, ne peuvent être interprétés dans un sens ou dans l'autre qu'à l'aide de lermes de comparaison. En 1805, (M. le docteur Wacker, Gazette des Hôpitaux, 20 janvier 1867), Paris a donné. . . 1 décès par phthisié sur 6 décès. Londres a donné. . i — 8 —

Vienne a donné . . i — 4 —

New- York a donné. 1 — 7 —

En 14 ans, à l'Hôpital de Rocheforl, sur 13U3 décès, il y en a eu 261 par phthisié, soit 1 décès de phthisique sur 5,33 décès.

Mais, dans la même période de temps, pour la population totale de Rochefort, il y a eu 831 décès par phthisié sur 10537 décès, soit 1 décès de phthisique sur 12,57 décès.

Cette énorme différence tient à plusieurs causes qui veulent être expliquées. La mortalité de l'Hôpital est, toutes proportions gardées, toujours inférieure <ie heaucoup à celle de la ville, parce que le personnel n'est pas le même. Je l'ai déjà dit, à l'Hôpital, à part quelques enfante de troupes, mousses et apprentis ouvriers de l'Arsenal ; a part un certain nombre de retraités, nous ne recelons que des hommes de 20 à 40 ans, c'est à dire arrivés à cette époque de la vie où l'organisme a pris tout son développement, jouit de toute sa résistance, à •fl âge enfin qui paye un moindre tribut a la mort. Les décès par la phthisié, à l'Hôpital, semblent donc fournir une proportion d'autant plus considérable que le chiffre de la mortalité par les autres maladies reste à un niveau plus inférieur. Ajoutons qu'un assez grand nombre de décès par phthisié, à l'Hôpital, portent *Ur des recrues (soldats, marins, ouvriers de l'Arsenal) déjà atteints de tubercules pulmonaires avant leur arrivée au port.

En ville, au contraire, la mortalité infantile, qui est considérable, a pour résultat inévitable de faire baisser le chiffre proportionnel des décès par la phthisié. Il y a sans doute à rabattre un peu de In proportion heureuse de 1 décèd sur 12,57. Nous trouvons, en effet, dans la statistique de la mortalité ■ générale, 553 décès <\\w à la bronchite chronique ; or, dans la médecine civile, l'autopsie vient bien rarement confirmer ou rectifier le diagnostic porté pendant la durée de la maladie, et je suis convaincu que pas mal de ces prétendues l'ifnchites chroniques, do ces catarrhes pulmonaires, ne sont autre chose que 'les tuberculisations des poumons. Dans le tableau des décès par âges, pour la bronchite chronique, nous trouvons, en effet:

2 enfants de 1 à 5 ans.

2 individus de 25 à 30 — 8 — 30 à 40 — 29 — 40 a 50 —

kuvCoo^Ic

Soit 43 décès qui ont bien des chances de se rapporter à la phthisic pulmonaire plutôt qu'à la bronchite chronique. Quoi qu'il en soit de ces réductions, nous resterons, pour les décès par phthisie, dans des limites comparativement favorables, soit 1 décès de phthisique sur 480 habitants.

Mais est-ce bien là un antagonisme véritable? Pour qu'il en fût ainsi, il faudrait constater un ordre inverse dans l'intensité de l'endémie palustre el dans le nombre des décès par phthisie ; à mesure qu'augmenterait l'influence des marais pour la production des fièvres intermittentes, devrait baisser la fréquence des morts par phthisie, ne fût-ce même qu'à titre de temps d'arrêt. Eh bien ! voyons ce que nous apprennent les relevés annuels.

La moyenne annuelle des phthisiques à l'Hôpital est de 56;

La moyenne annuelle des décès par phthisie à l'Hôpital est de 18,57 ;

Elle est pour la population totale de 59,35.

La moyenne annuelle des cas de fièvre intermittente traités à l'Hôpital est de 1419. Le nombre des cas de la ville nous est inconnu; je le crois proportionnellement moins élevé; mais, quel qu'il soit, il doit avoir des variations parallèles, c'est à dire s'élever ou s'abaisser à mesure que le chiffre de l'Hôpital s'élève ou s'abaisse lui-même.

Le tableau suivant met en présence les termes de comparaison :

Page 1