‹ Statistique monumentaire dressée dans la ville de Ravenne [microform]Chapitre 3 sur 8 · II.— PHASE INTERMÉDrAIRE · texte numérisé non relu

II.— PHASE INTERMÉDrAIRE

( Du commencement du /A> siècle , à la tîeu.TÎeme moitié du Xf*'. )

Cette phase n'est pas un développement, un progrès; mais une corruption qu'expliquent et que justifient les invasions des peuples barbares, les guerres perpétuelles.

m. -PHASE FINALE.

De la deuxième moitié du Xl^ siècle , « la Jln du XI l^ , et quelquefois au.

milieu du X///e.)

Cette phase est une véritable renaissance ^ un retour hardi

aux traditions de la phase primordiale, mais avec une sousindividualité particulière et un ordre d'idées génériques qui annoncentde notables changements survenus dans l'esprit public des peuples, qui prédisent et préparent la grande révolution architectorale du XIIP siècle.

Ce style offre donc trois âges bien marqués, bien précis,

trois périodes bien distinctes, filles de la même pensée et des mêmes ancêtres , ayant pourtant des caractères généraux communs à tous les trois. — Rari-le-Grand fit fleurir ce type,

dans son système primordial, au sein de ses vastes états; mais , après ce prodigieux empereur, il ne tarda pas à se barbariser

en Europe, k l'instar des institutions politiques et des mœurs, et se releva plus opulent que jamais, par la sculpture , au XP siècle et dans le XIP, époque où il va subir l'importante transformation aiguë du XlIP siècle, en s'éloignant complètement de toutes les traditions antiques. Ce type du XlIP siècle

ne peut bien se juger qu'en France, comme l'architecture byzantine ne peut bien se juger qu'en Italie. — L'Italie, la belle Italie, berceau de Tart dans notre Occident, n'a jamais fait

grand cas du type ogival, et cela par des raisons de climat, de traditions, d'harmonies, de sensualisme, d'histoire et de mœurs qu'il serait beaucoup trop long d'expliquer; aussi, est-elle riche en monuments byzantins des trois phases ci-dessus

indiquées. L'Italie a eu le bonheur de pouvoir conserver, elle, des édifices byzantins de la première époque, car plus heureuse que la France, elle avait pu ériger ces monuments avec le marbre et la brique. Venise, Pistoia, Pise, Milan , Lucques Arezzo, Bologne, Rome, Terracine , Bourg-Saint-Donin , Vérone, Brescia, Plaisance, Parme , Modène, etc., offrent des églises où l'école du Bas-Empire s'est noblement formulée. Mais le véritable Panthéon des gloires byzantines dans l'Occident, est et sera longtemps encore la ville de Bavenne ; sou temple de Saint-Vital, bâti au VP siècle, et issu directement des traditions orientales de Sainte-Sophie, est le produit le plus complet et l'expression la plus fidèle du type primordial, qui

soit dans notre Europe occidentale. — Ce monument est pur sang.

pillNCPALES ÉGLISES d'iTXLIE , ISSUES BO TYPE BYZAI^TIN PRIMITIF,

iOBMULÉ DANS HA VENUE, OU PLUS ANCIEN ENCORE, ET PBESQOE TOUT ROMAINS.

A Rome :

Saint-Clément.

Sainte- Agnès, hors les murs.

Saint-Étienne-le-Rond.

Baptistère de Constantin.

Petite église de Constance.

Sainte-Marie de Trastavère.

El plusieurs autres plus ou moins conservées.

Saint-Étienne , de Bologne.

Saint-Laurent, de Milan (vieille portion).

Ancienne église cathe'drale de Brescia.

TRINCIPALES EGLISES DE LA PENINSULE, APPARTENANT, SOIT A LA PHASE INTERMÉDIAIRE, SOIT A LA PHASE FINALE.

Sain[-Ambroise, de Milan.

Le Dôme de Modène (i).

Celui de Plaisance.

Celui de Vérone.

Celui de Pise.

Église paroissiale de Bourg-Saint-Donin (^Borgo san Don^ nino ).

Le Dôme de Terracine.

Saint-Marc, de Venise.

Saint-Michel , de Pavie.

San Donato et Santa Fosca di Torcello , de Venise.

Et presque toutes les basiliques de la Lombardie et de U Romagne, bâties sous l'influence des idées byzantines, même après leur règne monumental.

Nous n'avons à nous occuper ici ni delà phase intermédiaire,,

ni de la \i\ï?iSQ finale du style néo-grec : ces époques et surtonl la seconde sont assez généralement connues, et nous leur

avons consacré, d'ailleurs, en autre lieu, des considérations

(i) On siît que les cathédrales ou églises métropolitaines s'appellent du nom général de Dôme (il Dunmo ), dans diverses parties de l'Italie.

assez vastes (r); elles sont représentées aussi par une galerie

nombreuse d'édifices, en France, en Allemagne. — C'est à la phase primordiale, celle qui se place entre le IV^ siècle et le IX^ qu'appartiennent nos regards plus scrutateurs qu éclairés.

— Entrons donc définitivement dans Ravenne, et expliquons

par ce qu'il reste de monuments, dans cette noble cité, un art aujourd'hui presque entièrement oublié.

A travers le plus suave et le plus gracieux paysage , h travers les plus fertiles contrées, riches en caressants ombrages, plus

riches encore en poésie et en souvenirs historiques, Ton arrive

à la silencieuse et pacifique capitale de l'empire d'Occident sous Honorius. Au fond d'un tableau large et varié, se déroulant sur une plaine accidentée, presque sur le morne rivage de l'Adriatique, tout près de la belle forêt de pins {Pineia) qui le

parfume de son haleine , on voit se découper dans la transparence du ciel italien, les campanilles byzantins et les coupoles grecques de la cité des Exarques. — On ne peut, en parcour

rant ce pays, en respirant cet air bi balsamique et si liède,

s'empêcher d'admirer, à chaque pas, les formes sveltes et magnifiques des Romagnoles dont les regards expriment tant

de fierté'^et^d'amour, en même temps. Le type humain, ici, est en harmonie parfaite avec le climat, les mœurs, les sites, et je ne puis traduire toutes les impressions qu^il fait naîlre dans

les ames naturellement disposées à la poésie. — Dans les idées providentielles, je commence à le croire, toutes les faveurs

furent toujours pour le Midi, pour l'Orient, pour la Grèce,

l'Afrique, pour l'Italie, pour l'Espagne: Dieu n'a fini son œuvre

sublime que pour ces terres choisies où tout est beau, musical ?

(i) Voyez raon Manuel du Monumentalistc , dans les départ emeuls de l'Ain, du Rhône, de l'Isère , (îe Saône-et-Loire, et dans l'arrondissement de Beaune ( Côte-d'Or ). ( Album de VAin. )

tf

harmonieux. Le Nord n'est qu'une ébauche de la création , car l'espèce humaine y est pauvre de profils, les imaginations y sont rebelles, la nature y est avare, le soleil n'y est presque jamais maître de l'horizon, rien n'y semble complet — Et puis, au milieu de ces campagnes de l'Exarchat de Ravenne, les vieilles coutumes et les vieilles choses, l'hospitalité byzantine mariée aux débris byzantins, une cordialité coramunicalive et

une confiance sans bornes.

Toute cette abondante végétation qui couvre la Lombardie et là Romagne, si épaisse et si serrée, que les points de vue s'y limitent trop souvent d'une manière vraiment fatigante pour

le paysagiste, toute cette ve'ge'tation , dis-je , semble faire place à la ville de Ravenne et fléchir pour la laisser passer. Tout autour de la cité, il y a une plaine plus nue, plus calme, qui

va se confondant avec la rive. Cet aspect émeut profondément;

il semble dire : « Là fut la vie, autrefois; maintenant, celte vie qui animait tout ce pays , elle s'est retire'e en d'autres lieux. » —

Comme en Judée, autour de Sion, comme autour de Rome, d'Autun, d'Arles, de Trêves, tout fait silence autour de

Ravenne dont les vieilles gloires se sont éloigne'es avec la mer, mais dont le trône est encore si majestueux dans son impuissance. Si malheureuse que soit cette ville, si l'on compare son

état actuel à ses précédents, n'allez pas croire à la véracité des

observateurs superficiels qui la disent dépeuplée ou morte. — Non , dans ses murs vit encore une population active et

généreuse, pleine de nerf et de courage. Là vivent encore des apôtres éclairés de l'art, des hommes qui comprennent

merveilleusement l'admirable cité qu'ils habitent. Ravenne, si belle et si oubliée , méritait qu'on la vengeât des jugements défavorables qui l'ont frappée dans ce qu'elle a de plus

cher, son honneur national, que l'on rattachât quelque éclat

à sa couronne, et que l'on réparât, à haute voix, l'injustice des hommes qui l'a atteinte, et qu'avec résignation et calme elle a subie.

Mon œuvre ne demande pas, ici, de longues considérafîoiis

historiques, je me bornerai donc à rappeler somnKiirement ce qui peut aider à l'explication de nos monuments. « L'origine de celte antique et renommée cité, dit M. RibufE, se perd dans la nuit des siècles, n Assise, comme la plupart des villes maritimes abandonnées par la mer, comme Aigues-Mortes , dans le hraon des marais , ~ ce qui lui avait valu , de Silius Italicus,

l'épithète de Pa/uilosa, -^ elle fut jadis la rivale de Venise,

et, tout comme cette incroyable cité, bâtie sur un chapelet de petites îles communiquant entre elles par des ponts, au milieu d'une vaste lagune dont lés eaux venaient doucement murmurer autour de ces îlots. Alors, ses monuments étaient de bois, et aucun d'eux n'a survécu aux vicissitudes politiques et physiques que le pays a subies. Octave devenu maître de l'empire romain , reconnut tout le parti qu'il pouvait tirer de cette ville, sous le rapport militaire et maritime, et il y creusa un port capable de

recevoir deux cent cinquante vaisseaux, y laissa une flotte

considérable, et embellit la cité d'édifices publics et de palais. Ce fut Tibère qui la fortifia de murs, et, comme Auguste, la peupla de vastes et riches monuments. Plusieurs des empereurs romains aimèrent le séjour de Ravenne, et parmi eux surtout, Dioclétien, qui y célébra avec pompe les jeux de la reine du monde.

Honorius, fils Je ThéoJose-le-Grand , trouvant son trône peu en sûreté à Rome, à cause des fréquentes irruptions des

barbares du Nord, choisit la ville de Ravenne pour capitale et siège de l'empire d'Occident, et elle garda la capitalilé, même après la chute de cet empire, sous Odoacre, roi des Hérules, qui, ayant mis en pièces les légions romaines, se fit couronner, dans Ravenne , roi d'Italie, fit cette cité métropole du nouveau royaume, et y établit sa résidence. Théodoric , devenu ensuite

maître de ce pays et de toute l'Italie, ajouta au lustre de Ravenne, la déclara capitale du royaume des Golhs, l'orna de magnifiques édifices, et la salua vraiment reine de toute la

péninsule italique. Quand les généraux de Justinien et de Justin II eurent ébranlé d'abord, puis complètement détruit le

Si-

pouvoirdes Goths en Italie, les empereurs d'Orient envoyèrent,

avec le titre d'Exarques, de puissants gouverneurs à Ravenne ,

qui fut la capitale de l'Exarchat. — Ce fut de la domination

de ces Exarques que data la décadence de la vieille cité; car ici, comme il arrivait trop souvent autrefois, en pays administrés par des gouverneurs ou vice-rois, il y eut exactions , cruautés, servitude et oppression. L'Exarchat dura jusqu'au moment où Astolfe, roi des Lombards, fit de Ravenne le siège de son vaste royaume; mais ce prince n'eut guère le temps de jouir de sa capitale, car, vaincu par les Francs, il la vit concédée

par eux au domaine pontifical. A dire vrai, celte concession

eut peu d'ePTet, car après le couronnement de l'empereur Karlle-Grand, au lieu d'être gouvernée par les autorités papales, Ravenne passa au pouvoir de ses archevêques, qui la régirent avec une constitution presque républicaine.

Les factions des Guelfes et des Gibelins déchirèrent la ville exarchale , et il en résulta pour elle la courte domination des ducs de Ravenne, qui fut détruite par l'empereur Frénérîe II,

avec une portion notable de la splendeur monumentale de la

cité. Elle passa ensuite des mains de Frédéric à celles des souverains pontifes qui, dès-lors, l'administrèrent soit par comtes, recteurs, vicaires, soit enfin par légats, parmi lesquels plusieurs s'efforcèrent d'y régner effectivement, entr'autres Ostasius V , dont l'arrogance fut telle que les principaux babilanls, aidés par la république de Venise, se soulevèrent contre lui. Ce fut en ces circonstances que les habitants de Ravenne, après avoir

proclamé Saint-Marc, se donnèrent à Venise. Admirablement

fut gouvernée la cité par les Vénitiens qui la dotèrent de lois sages, l'emfiellirent de monuments, lui firent en partie oublier les injures et les malheurs du passé , et après l'avoir régie pendant soixante-huit ar>s , la restituèrent au pape Jules 11, qui la déclara capitale de laRomagne, et y envoya , pour représentants de son autorité, des présidents ou légats pontificaux. Ravenne eut à souffrir de l'occupation française sousLouîsXIlI et sous la république qui, par un décret provisoire, la priva

de la priraatie transférée à Forli , et demeura ainsi sacrifiée à

sa rivale jusqu'à la chute du royaume français d'Italie, en 1814,.

époque à laquelle elle fut de nouveau rendue au Saint-Siège, qui la fit capitale de la province de son nom.

Ce résumé rapide peut donner une idée des vicissitudes et des malheurs qui changèrent si souvent le sort de la belle

Ravenne. Réduite aujourd'hui à dix-neuf mille habitants environ, c'est-à-dire au tiers de son ancienne population, siège d'une légation pontificale et d'un archevêché métropolitain,

elle offre encore d'immenses avantages, un commerce local

qui tend à se réveiller, de belles routes sur son territoire, un sol excellent et une agriculture florissante. Un moyen énergique et puissant de lui rendre une partie de son ancien éclat, serait d'en faire un centre d'études archéologiques, car, je le répète, c'est le sanctuaire de l'art byzantin, et les goûts artistiques de ses citoyens, le lustre dont s'environne son Académie provinciale des beaux-arts, ses écoles communales, le culte que l'on y voue aux sciences et aux lettres, sont du meilleur augure

pour l'avenir de Ravenne.

ni

Nous voici arrivé au cœur de notre sujet, aux monuments de l'école byzantine des premiers siècles chrétiens. — Examinons donc avec attention cette église de Saint- Vital qui est née de Sainte-Sophie de Constantinople, et qui a servi de

modèle à tous les autres temples du même type, érigés soit à

Ravenne , soit dans les autres parties de l'Italie. — C'est ici le lieu de revenir à des considérations générales sur l'art.

L'architeclonique du Bas -Empire fit peu de cas de la sculpture monumentale : l'art d'ornementation consista presque entièrement dans les mosaïques. Les tableaux de marbres et de pierres précieuses, produits d'une incroyable patience,

précédèrent la sculpture monumentale du XIP siècle, comme les fresques de Gimabuë et du Giotto précédèrent les pages de

Pierre Pérugin, du céleste Raphaël et de Michel-Ange qui fut le Dante de la peinture. 11 est fort important que l'on réfléchisse à ce point décisif du dogme, car ce ne fut que dans les XI«

et XIP siècles, au milieu de rélan artistique né des premières croisades, que l'on a suppléé, dans les édifices , aux mosaïques byzantines parla sculpture monumentale. Alors, si l'art s'appauvrit d'un côté, il s'enrichit de l'autre. Une nouvelle mutation très significative s'opéra; l'extérieur des basiliques byzantines de la première époque était nul : tout l'art, toute la richesse de marbres et de pierres précieuses se trouvaient à l'intérieur.— C'était la tradition de l'Église primitive religieusement maintenue; car Jésus-Christ était né dans une crèche, et le

culte chrétien dans une crypte. — Dans la troisième période, au

contraire, les façades, les portes furent chargées de figures et d'ornementation , et l'intérieur du temple n'offrit guère de portions décorées que dans les chapiteaux , les arcatures et les frises.

L'aspect des églises byzantines de la première phase est essentiellement tumulaire; avant la première érection de Sainte- Sophie (^oo?^), l'architecture chrétienne antérieure au XP

siècle, avait commencé dans les catacombes et les souterrains.

Peu à peu, elle sort de terre, s'élève insensiblement, s'élargit au soleil, mais en conservant toujours le sceau de son origine, elle n'a jamais cessé de ramper sous le plein-cintre antique, dans les lignes générales et les profils. Cette architectonique offre un sens merveilleusement religieux; plus facile à imiter, moins dispendieuse que l'architecture ogivale , elle devrait être toujours rappelée dans l'érection des temples modernes, parce

qu'ici l'échelle monumentaire est exiguë, parce que les fresques,

qui sont la seule peinture vraiment monumentale, peuvent suppléer à la mosaïque, dans notre siècle fanfaron, vaniteux et pauvre. Les temples de cet âge, nommés basiliques {Bxiikœr,^ REGIA DOMvs ) , présentent le plan d'une croix grecque, ils sont circulaires, polygonaux, a trois hémicycles à l'apside, avec sanctuaire semi-circulaire et nef en parallélo-

gramme, ils sont construits de pierres et le plus souvent de briques, sans beauté extérieure, mais resplendissants de l'éclat des mosaïques à rintérieur. Une ou plusieurs coupoles octogones

ou circulaires couronnent leur faîte. Les chapiteaux des colonnes y sont très trapus, eu égard à la délicatesse du fût : les colonnes, colonneltes et piliers sont souvent cannelés, en spirales, avec des appareils de mosaïques dans leurs torsades (comme' dans le vieux cloître de Saint-Jean-de-Latran, de Rome). Les portes sont quelquefois carrées avec linteau appuyé en porteà-faux sur la partie supérieure en saillie des piédroits , les cintres sont remplis par des tympans monolithes; une immense

variété' de monogrammes , langue sacrée et mystique qui n'était

comprise que des prêtres et des néophytes, et se dérobait aux

persécuteurs de la primitive Église, se fait remarquer dans les

tableaux de mosaïques et les chapiteaux. Le plein-cintre, comme je l'ai déjà dit, et l'arc surbaissé (en anse de panier) qui en dérive, régnent d'une manière absolue dans ce système.

Presque toutes les basiliques byzantines de la première phase sont construites sur des cryptes offiant le même plan qu'elles.— Ce ne fut que dans les XP et XII« siècles, que les églises souterrâmes où l'on plaçait les tombeaux et les reliques ne furent

plus creusées que sons le sanctuaire. La plupart de ces édifices

sont précédés d'un anti-temple (atkivm), servant aux cathécumènes, qui se préparaient sous ce péristyle aux mystères de l'Eglise, et y recevaient les instructions qui devaient leur en ouvrir l'entrée. — Les sacristies n'entraient jamais dans le plan de construction des basiliques, le clergé se disposait à la célébration de son œuvre sainte, dans le temple même, et la tradition de cet antique usage s'est maintenue, pour une très faible part, il est vrai, dans la sainte et auguste église de Lyon, PRIMA . SEDES . GALUARVM. — Les baptistères étaient toujours séparés du vaisseau, et après l'adoption des cloches, les cam-

panilles formèrent également des édicules à part.

Dans les premiers siècles chrétiens dont nous effleurons l'histoire basilicale, on ne connaissait pas encore les verrières

«einles: ce n'est que dans la troisième période de l'art néo-grec, que Von commença à adapter aux fenêtres des .nosaïques transparentes. Dans le VP siècle, au lieu de ces verres peints, on

se servait souvent d'albâtres, de marbres grecs diaphanes, de iaspe oriental, pour fermer les baies , comme on peut l'observer à San Miniato (près de Florence), dglise d'un faire plus moderne, et dans beancoup d'autres. Sans doute, ces clôtures transparentes auront fait naître l'idée des verrières peintes, de même que le jour indécis des catacombes , lam.se et d.apre par le jeu des rayons solaires, décomposés en passant à travers les feuillages tapissant les petites ouvertures extérieures , avaient fourni celle des clôtures de marbre diaphane. Rares, très rares étaient alors les œuvres de sculpture; les marbres , 1 or le bronze, l'ivoire, concouraient à l'ornementatton et a lecla

intérieurs de la basilique; tout ce qui n'était pas marbres et

incrustations de pierres précieuses , était mosaïques à personnages et à représentations historiques.

Deux ambons s'élevaient aux deux angles du sancluaue , et un siège épiscopal fait dans la forme des chaises curules des sénateurs romains, se dressait dans le chœur; tous ces ouvrages étaient de marbre. Quand la basilique était en parallélogramme (à l'instar de Saint Paul, hors les murs de Rome, que l'on rebâtit

sur le plan primitif), comme Saint-Apollinaire nouveau et

Saint-ApoUlnairc in classe, de Ravenne, aucunes chapelles latérales ne s'ouvraient sous les collatéraux; les plafonds étaient plats; entre les colonnades et le plafond, s'ouvraienfune suite de baies cintrées ou carrées, soutenues par des pilastres ou par des colonnes; les chapelles ne furent connues que dans une époque avancée de l'ère ogivale , lorsque les tombeaux d'abord cachés dans les cryptes, furent érigés dans les temple.^ euxmêmes. La mosaïque était souveraine du premier âge basilical :

on la trouvait sur les parois , sur les voûtes, les coupoles , dans les sanctuaires, sur toutes les portions supérieures des édifices, jusque sur les pavés où elle ruisselait en compartiments de marbre juxta-posés avec art, en merveilleuse marqueterie de

porphyre, de vert antique, de serpentin, de jaspe sanguin, etc., comme à l'église de Sainte-Marie, m ara coeli, près du

Capitole.àRome, et en tant d'autres. Les mosaïques à représentations, formées de petits compartiments de marbres, de pierres précieuses, de pâtes et de verre, étaient sur fond d'or ou sur fond noir : leurs sens historiques étaient plus souvent tirés de l'ancien que du nouveau Testament. — On peut dire que la mosaïque s'est infusée dans les mœurs architectoniques de l'Italie , car , à Rome, à Florence, à Lucques, à Arezzo, à Pise, on' continua avec gloire cet art admirable, même dans les

XlVe, XVe, XVP, XVII» et XVIIP siècles.

Le Sauveur était toujours revêtu d'une longue tunique : son visage et sa contenance étaient austères, il avait la tête auréolée de la croix grecque. Parmi les éléments qui caractérisent

le faire byzantin dans ses diverses périodes, il faut ranger l'empire absolu des formes arrondies dans les amortissements. L'appareil était régulier. Le grand appareil était peu pratiqué; mais l'appareil moyen et le petit appareil (opvs heticvlatvm des Latins), composé de briques symétriquement arrangées, régnent presque d'une manière absolue. Les contreforts sont adhérents, peu saillants, lourds, dépourvus d'ornements et d'arcs-boutants. Les arcatures à trois divisions, les fenêtres

géminées sont chargées d'archivoltes et viennent s'appuyer sur des colonnes ou colonnetfes accouplées. Les personnages des imageries mosaïcales sont raides, maigres, longs, expressifs; les légendes, les monogrammes abondent autour d'eux. Le monogramme le plus connu est celui de :

(Voir la plaDche n" i.)

XpfffTos avec l'A et l'Ii, c'est-à-dire pwncipivm et finis.

Ces monogrammes, je le répèle, étaient les mots d'une langue

muette, à l'usage des premiers chrétiens, et celte langue inintelligil^le aux païens , servait de moyen de ralliement et de communication aux sectateurs du Christ. — Elle est constamment rappelée dans les édifices byzantins de toutes les périodes.

Les autels sont tous, sans exception, cariés comme les tombeaux antiques, quelquefois simple table de marbre soutenue

par quatre colon nettes , plus souvent à cofTre plein, ornés de moulures en S, et offrant le monogramme du Christ au centre du retable. — Les baies des fenêtres sont rares, petites et e'brase'es; les arcs simulés ou bouchés sont une partie importante de la décoration. Le cintre des arcades est souvent fait de briques rouges, et des cordons de même nature accidentent 1 appareil de grandes murailles extérieures, quand l'édifice est

de pierres.Les chapiteaux sculptés représentent des personnages,

des arabesques, des animaux apocalyptiques et fantastiques, des plantes, etc. Le buste du Sauveur est toujours entouré dans les mosaïques, et plus tard dans les tympans sculptés, d'un cadre elliptique, et accompagné des lettres:

(Voir la planche n*' 2. )

M VDI.

Les ornements principaux des impostes, des archivoltes, portes, fenêtres, arcatures, rinceaux, frises, consistent en:

Etoiles, têtes saillantes, crosses, dents de scie, clous, billetles, lozanges, zigzags, chevrons brisés', moulures prismatiques, gauffrées et à damier, cables, torsades , nébules , tresses , cordes

et nattes, feuilles, fruits, corbeilles, figures symboliques et

bibh'ques, monstres, etc.

Les incrustations de mastic rouge avec arabesques de marbre

blanc, les corbeaux, corbillons et modillons en forme de console, carrés, à figures grotesques, surmontés immédiatement

d'une corniche, rentrent dans les conditions essentielles du type byzantin primaire. — Le maître-autel se plaçait d'ordinaire au commencement du sanctuaire, ou au centre s'il n'y

avait qu'une seule coupole, comme à l'église de Conslance, près de Saint-Agnès, hors les murs , à Rome. Souvent la coupole était supportée par quatre gros piliers cylindriques. Les toitures

se composaient de larges tuiles plates a rebords saillants recouverts par une tuile courbe, ainsi que chez les anciens

Romains, et cet usage s'est conservé, même de nos jours, à Rome, en Toscane, et dans quelques parties de la Romagne.

Ceux qui voudront s'initier complètement aux secrets de l'art byzantin, devront examiner tous les genres d'ouvrages créés par cette école, les œuvres d'or , d'argent, de cuivre, de

bronze, d'albâtre oriental, d'ivoire, de nacre de perle, de

mastics, d'émaux, de pierres précieuses, de lapis-lazzulî, de porphyre, de basalte et de granit; ils devront étudier les plafonds, les pavés, les chaires, les sièges, les tribunes et tout ce qui composait le mobilier des basiliques.

On peut dire que le style byzantin est devenu aussi italique

qu'oriental. Les Italiens que j'offrirai toujours à mes compatriotes eux-mêmes, pour exemples de cordiale hospitalité, de patriotisme fervent, les Italiens, dis-je, n'ont jamais fait avec

amour l'architecture ogivale si improprement appelée £^o//iiçi/e^

parce qu'elle était étrangère et septentrionale. Ils s'appliquèrent pourtant, de mauvais cœur et en dépit de leurs habitudes, à emprunter à ce type un seul caractère qui est le tiers-point, et ne purent avec cet accessoire , comprendre a l'égal des Français et mener à perfection, l'architectonique aiguë; car si le tierspoint est un des signes les plus expressifs du type pyramidal , qui avait l'élancement pour pensée et voulait monter à Dieu, il

est loin d'être son élément et son principe générateur- — Cela

est si vrai, que l'on a fait beaucoup de basiliques byzantines avec l'ogive. Ce tiers-point, dans les formes italiques d'architecture, avec les plafonds planes, avec les façades à frontons , avec les lignes horizontales, était un contre-sens, un barbarisme, un faire étrange, puisque les Italiens ne prenaient qu'un seul caractère au type du XIIP siècle, essentiellement vertical et pyramidal, de la base à- la cime, des lignes générales aux

profils, de la pensée à la forme, dans les idées contemplatives

des peuples du Nord. Essentiellement amis de l'ornementation,

les Italiens admirent avec plus de faveur et poussèrent très loin

le type aigu , dans sa période riche du XV^ siècle , c'esl-à-dirè^

celle où la majesté du plan était sacrifiée à la variété et à l'eni-^

pire des détails: les plus curieux jubés de la fin duXV« siècle et du commencement du XVI'^ qtre nous ayons en France , comme Celui de la Madeleine, de Troyes et de Brou, sont rouvrage d'artistes italiens. — Je ne doute pas, moi, que si ce peuple ardent eût voulu adopter complètement la fabrique du Nord, l'implanter et l'acclimater sur son sol, il ne l'aurait portée h un haut degrédesplendeur. Nous en avons de magnifîcjues preuves

dans les cathédrales d'Orviette et de Sienne, dans l'église métropolitaine de Gênes , dans le campanille de Sainte-Mariedes-Fleurs, de Florence (XV^ siècle), dessiné parle Giotto; Ton voit dans ces œuvres combien l'art ogival, marié à toutes les merveilles de la polychromie, au^ bas-reliefs d'or, aux mosaïques , à la richesse des marbres , toujours si transparents et si éternels, pouvait gagner de grandiose et d'éclat, entre ces mains italiennes si habiles dans la décoration.— Justice donc soit rendue à la péninsule mère de l'art et du savoir européens. Quelques

églises de Florence, de Naples même (l'église métropolitaine

de Saint-Janvier), la Minen^e ^ de Rome, offrent l'aiic en tierspoint, mais sans corrélation avec la pensée architectonique générale monumentaire. Je ne connais que trois monuments du type français, d'un faire exquis et en tous points conformes à l'esprit du genre : l'église de Saint-Pétrone de Bologne, l'église de Saint-André de Verceil, et une toute petite église, admirablement sentie, véritable bijou d'art, située à Gênes, presqu'au

pied de l'ancien palais des Doges, et dont le nom m'échappe.-^

Plusieurs monumentalistes penseront peut-être que la cathédrale de Milan (^il Duomo) infirme le raisonnement que j'ai formulé plus haut. — Mais la ville de Milan, située au pied des Alpes, aux dernières limites de l'Italie, ne peut ici être prise pour exemple. Le style de cet édifice, bien qu'ogival, ne rentre qu'en partie ^ mais non point en totalité, dans le génie propre au type français. Cette basilique, le plus solennel et le plus

majestueux hommage rendu par la péninsule à rarcbitectoni-

que religieuse du Moyen-âge , à partir du XIIP siècle, n'est à

vrai dire qu'une œuvre mixte, neutre, tenant à la fois de deux écoles, l'école italique et celle que l'on s'obstine à appeler gothique^ et que je ïïommQ française , moi, et non pas allemande , parce que les Allemands et les Anglais n'ont fait que la transplanter, comme un arbre exotique, de la terre de France, sur leur sol.

La basilique de Saint- Vital de Ravenne offre en mosaïques, exactement le même genre d'ornementation qui, à la renaissance de l'art byzantin , dans les XP et XIP siècles , se réalisa

dans la sculpture. Ce sera donc faire l'histoire de la sculpture que d'esquisser celle de la mosaïque. En ces peintures de marbres, vous retrouvez sur les impostes, les rinceaux, les frises, les archivoltes, tous ces dessins de dents-de-scie ^ de

zigzags^ de chevrons brisés ^ etc.^ dont nous avons parlé plus haut comme de signes génériques de l'art néo-grec. Dans le XIP siècle, on traduisit le tableau par le relief, ella peinture par la bosse. Les hommes du Nord n'avaient à leur disposition ni les pierres précieuses, ni les marbres d'Orient; ils firent preuve de goût, de sens artistique, de patience et de piété, quand, avec un faire non moins hardi , non moins noble , non moins symbolique, majestueux et grave, ils remplacèrent l'ordre de beautés émanées de la mosaïque, inhérent à son esprit, par la

sculpture monumentale. — Chose prodigieuse! il se rencontra un pays, que j'ai surnommé l'Italie du nord, qui, privé de marbres par son climat, d'exemples par son éloignement de la terre italique, érigea cependant d'immenses monuments de marbre, à force d'art, de dévoûment et de patience; — ce pays, c'est la Belgique.

Le temple de Saint- Vital , de Ravenne, fut érigé vers le muieu du VI® siècle , et va nous servir merveilleusement

pour point de départ, comme exemple et comme application

de 'tout ce que nous avons dit toul-à-l'heure. Bâti dans le lieu même où saint Vital et autres martyrs moururent au

milieu des tortures, pour la foi chrélienne ^ celle illustre

basilique construite, en grande partie, avec les débris et les marbres de l'ancien ampliilhéâlre romain de la cité, fut consacrée par levêque saint Maximien, en dxlvii. — L'extérieur de ce monument, comme tous ceux de l'ère byzantine primaire, n'a rien de significatif; on peut même dire qu'il est d'une remarquable indigence, — Bâti de briques appareillées avec soin et régularité, mais dont aucun profil, aucun motif ouvragé ne

compensent le monotone aspect, il rentre dans les conditions

essentielles de tous les édifices religieux contemporains; car

ils ne devaient jamais , par la splendeur ostensible et l'éclat de leur ordonnance extérieure, éveiller la jalousie et la méchanceté des ennemis de la foi. — Mais le spectateur est bien dédommagé de cet aspect pauvre, lorsqu'une fois il a franchi le seuil du vaisseau. Sous cette coupole grecque, au milieu de ces formes antiques et inconnues, il n'est plus en Europe, il est transporté en Orient; il a, dans l'église exarchale, à la

fois la basilique et le palais, le théâtre et la cour orientale,

il sent toute son ame s'épanouir en d'incroyables rêves et en d'ineffables harmonies.

Le plan de l'édifice oflTre un octogone régulier que constituent deux rangs de loges ou portiques superposés , soutenant une coupole circulaire. Autour de cette fabrique , règne un collatéral moins élevé qu'elle, et décrivant la même figure, percé de deux chapelles circulaires vers la partie supérieure de l'église,

et semi-'circulaires vers la portion inférieure. Ajoutez à cet

ensemble le sanctuaire placé en regard de la porte principale, aujourd'hui condamnée, et autrefois précédée d'un anti-temple,

la grande chapelle qui fait face à la sacristie, et qui est une reconstruction beaucoup plus moderne que le reste; enfin, la sacristie qui se trouve dans les mêmes conditions , et vous aurez le plan du vaisseau. La sacristie et la chapelle placée en regard d'elle , probablement remplacent des constructions

byîsantines analogues à celle du sanctuaire : dans cette hypothèse, la basilique avec ces deux constructions, le chœur et l'anti-temple , présentant une légère saillie par rapport aux

lignes générales du vaisseau , aurait esquissé la croix grecque

à brandies faiblement accusées. — L'aire de Saint- Vital peut offrir trente-deux mètres quatre-vingt-un centimètres de diamètre, d'un mur à l'autre, et seize mètres quarante-quati'e centimètres d'un pilier coupolaire à celui qui lui est opposé.

( Voir le plan de l'église , planche n° 3. )

Le pave' laisse apercevoir des traces, devenues rares, de

l'ancienne mosaïque à arabesques, qui le composait, et est demeurée ensevelie, par suite de l'élévation du sol de la cité.

D'après ce qu'il en reste, l'on peut se convaincre avec quel art, avec quelle verve, avec quels délicieux motifs la marqueterie de marbre savait varier à l'infini ses combinaisons. Toutes les murailles sont revêtues , à leur partie inférieure, d'immenses dalles de marbre grec veiné, au dessus desquelles régnait une

frise faite de compartiments des marbres les plus rares et les

plus antithétiques de ton, dont nous n'apercevons que des débris. Ces murailles sont interrompues par des pilastres

également revêtus de marbres. Deux de ces pilastres présentent, au lieu de chapiteaux, un assortiment de marbres choisis, et

l'on y observe une guirlande de feuilles, des arabesques de porphyre, de serpentin, d'albâtre et de nacre de perle, et le monogramme :

(Voir la planche a® 4« )

qui signifie bien certainement ivlianvs, fondateur de Téglise. — Huit gros pilastres tapissés de dalles de marbres grec et

égyptien , et quatorze colonnes de marbre grec veiné, constituent le rang inférieur de loges qui environnent et limitent le centre coupolaire de l'édifice. Chaque zone d'arcades est de

figure semi-circulaire et voûtée en conque; elle est accusée

aas

par deux pilastres, deux colonnes, et par trois petits arcs

ouverts sous la loge. Les chapiteaux sont très variés, trapus, démesurément applatis par rapport au fût; les impostes Ira-

pézoïdes ressemblent à un second chapiteau , et sur la plupart

d'entre elles, on remarque le monogramme précité' de Juliep,

et celui de :

(Voir la planche n° $. ) ECCLESIVS EPISCOPVS

L'étage supérieur de loges est, en petit, la répétition des arcs inférieurs ; il forme une tribune, et chaque zone est ornée

d'une balustrade adaptée après coup. Quelques-unes des

colonnettes de ce rang sont ornées d'une petite ancre , ce qui semlile indiquer qu'elles proviennent de l'ancien temple de Ravenne, consacré à Neptune. La coupole, jadis ornée à la voûte, de mosaïques, et aujourd'hui de fresques modernes, qui sont loin d'être à leur place, est éclairée par huit fenêtres à deux divisions.

La seule portion complètement intacte de l'édifice, quant à

rornementation des grandes lignes , c'est le sanctuaire. C'est

là que la noble fille de Sainte-Sophie de Constanllnople brille de tout son antique éclat. — A l'enlrée du presbytère (portion du sanctuaire rçservée aux officiants) , on remarque deux bas-reliefs du plus grand prix, restes de la somptueuse ornementation du temple de Neptune. Les murs latéraux de cette partie de l'édifice, aux deux côtés du maître-autel, sont percés de tribunes à trois arcs, dans leur portion supérieure. Les

impostes des colonnettes offrent le monogramme de Julien,

et la croix grecque avec le croisillon supérieur un peu allongé, presque en forme de croix latine renversée.

( Voir la planche n° 6. ) Tout ce sanctuaire est revêtu de mosaïques du VI* siècle.

Au rebord iutérieur de la voûte à quatre pans qui accuse le

presbytère, sont quinze médaillons représentant les douze apôtres, saints Gervais et Protais, fils de saint Vital, et le

Sauveur au centre. Les murs latéraux, vers les tribunes, au dessus du premier rang d'arcades qui les soutiennent,

offient les sacrifices de Melchisedech et d'Abel, Moïse en différentes situations, le sacrifice d'Abraham, les prophètes

Jérémie, Isaïe, les Evangélistes, des anges; la voûte est entièrement ornée d'arabesques. Dans la portion du sanctuaire

nommée tribune^ on voit à droite l'empereur Justinien , suivi de courtisans et de soldats, et saint Maximien, évêque; à

gauche du spectateur, theodoba avgvsta, femme de l'empereur, avec une foule de matrones. Dans le fond concave

de la tribune^ que nous nommons apside- (i), et qui, ici comme dans toutes les églises byzantines, a une voûte en

forme de conque: vous observerez le Sauveur en pied, assis sur un globe 9 avec deux anges à ses côtés, ayant dans sa

longue robe ou tunique, la lettre N (nazarethvs), à sa droite, saint Vital qui reçoit la couronne du martyre, et à sa,, gauche , saint Ecclésius offrant au Christ le temple érigé pur

lui (saint Vital); ces saints sont désignés p^r les lettres :

SCS

Page 1