‹ Statistique monumentale de la CharenteChapitre 6 sur 120 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Rcches. — Terrains. — Carrières. — Tourbières. — Mines.

Les deux grandes séries de terrains , classées par les géologues, se rencontrent bien caractérisées dans le département de la Charente :

1° terrains non stratifiés ou plutoniens; 2* terrains stratifiés, neptuniens ou de sédiment. Les premiers ne renferment pas de débris organiques-, on en trouve constamment dans les seconds.

1. Terrains mn stratifié*. Ce qui distingue cet ordre de terrains, c'est le manque de stratification et l'irrégularité des masses qui le constituent et qui se présentent tantôt isolées, tantôt traversant les roches sédimentaires sous forme de sillons et s'clendant au-dessus d'elles.

La partie nord-est de l'arrondissement de Cofolens est composée de ces terrains. A environ quatre kilomètres de la Vienne, en suivant une parallèle à cette rivière, dans les bassins que parcourent l'Issoire, la Marchadène et laGoire, on reconnaît ces roches granitiques où dominent

• Parmi les essences forestières, je mentionnerai ici l'espèce de chêne, connue sous le nom de Chêne Angoumoisln, cliéne d'Angoulême , chêne tauzin, Quereus tomtntata, querew crmtla, querew nigra des botanistes ; genre : ch^nn otrris , qutmu terri*.

Cette espèce est abondante dans le bassin de la Tardouèro, an sud-e*t de Larochcfbucauld , ainsi que dans les landes deBarhezieax. Elle se distingue à ses feuilles plus longues elplos fermes, très-cotonneuses en-dessous, pubescentes en dessus, dont les lobes sont obtus et profondément découpés; à ses glands pédoncules en grappes, comme a ux du chêne à grappes. Son êcorce est recherchée des tanneurs et son gland très-estlmé.

le quartz, le mica, le feld-spath et l'amphibole. De là elles s'étendent dans le Limousin, et forment le massif de ces longues ramifications qui vont se joindre au plateau central de la France.

Depuis cette limite jusqu'au plateau qui sépare la Charente de la Vienne, en suivant Prcssignac, Saint-Quentin, Suris, la Péruse, Saint- Martin, Épcnède, Pleuville, et en commençant à Chéronnac , où elle vient se joindre à la ligne précédente, se rencontre une deuxième zone dans laquelle le mélange des éléments des forma tions primitives a lien avec des traces de calcaire, de mica, de quartz, de cailloux imprégnés de grés dans des proportions variées. Cette zone va se mêlant de plus en plus aux terrains calcaires dans une direction du sud-est au nord-ouest qui part de Bussièrc-Badil , traverse Chasscneuîl, Saint-Claud, Taizè-Aizie. Le sol alors se dépouille insensiblement de ses compositions granitiques; les coteaux s'aplanissent; bientôt le calcaire reprend son assiette ordinaire et laisse entrevoir des lits de différentes épaisseurs plus ou moins parallèles à l'horizon.

Le granit formant spécialement les carrières de l'arrondissement de Confolens, la plupart des édifices en sont construits; ce n'est que dans les

< En la saison des aglantages et pascages qui suivirent

l'an MCCCCLXXrV

(Requête de Guy de Mareuil, seigneur de Villeboyê .contre k comU d'Angwltme. Til. du COOIUS (TAngOUl., vol. VTD.)

siècles derniers qu'on a fait venir de loin des blocs force : c'est pour cela sans doute que les Rode calcaire, particulièrement pour la sculpture. Je mains évitèrent de s'en servir, et préférèrent lo citerai, parmi lesédificesengranitlcsplusimpor- petit appareil, noyé dans le ciment, tants, Saint-Maxime, Saint-Barthélémy de Confo- H. Terrains stratifié*. Les couches de ces terleus, ainsi que le château et ce qui reste dos an- rains, qui sont maintenant superposées les unes ciennes portes de la ville, la nef romane de 1" église aux autres, ont été formées successivement. On de l'abbaye de Lesterps et la tour curieuse de a la preuve que ce sol de sédiment n'a point même style, dont la base forme un porche à six été formé d'une manière continue, niais bien baies.régliseetlechiUeaudeBrigueuiletbeaucoup par des opérations successives et par des causes d'autres édifices religieux et féodaux. Quelques intermittentes, lorsqu'on observe d une part la bas-reliefs ont été sculptés dans le granit : le por- stratification , de l'autre la nature et la compotail de Saint-Michel et celui de Saint-Barthélemy, sition de ces roches. En effet, si, partant des sous ce point de vue, sont très intéressants. J'ai bords de la mer pour se diriger vers les chaînes remarqué que, même longtcmiK tlans l'époque des montagnes du Limousin, et s'élever jusqu'à ogivale, on a sculpté le granit dans o-lte contrée, leurs sommets, on examine avec soin la super- Les portails de Saint-Maxime et de Rrigueiiil position des couches dont est formé le sol, soit ont leurs petites colonnes demi-engagées et leurs dans les escarpements naturels ou dans des excachapiteaux à feuillages sculptés dans le granit valions faites de main d'homme, soit même à la à gros grain. On voit que l'artiste a lutté contre surface du globe, l'on remarque, à mesure que des matériaux ingrats. l'on se rapproche des hauteurs, que ces mêmes La pointe Kst de cette zone . entre Chassenon couches ont perdu la position horizontale primiet Rochechouart, est occupée par un volcan tive, et qu'à différents points de la s»' rie, elles se rcéteint; c'est, du côté de l'Océan, le dernier lèvent brusquement pour se placer, relativement à cratère du système des volcans de l'Auvergne, celles qui précèdent ou qui leur sont supérieures, Les laves qu'il a vomies sont exploitées dans les dans une position plus ou moins oblique et quelcarrières de Chassenon et fournissent une pierre quefoistnênieverlicale.Cessolutionsdecoiitinuilé poreuse, non friable, grise, quelquefois verdàtre, daus ' e parallélisme des couches annoncent claid'une densité moins grande que celle du cal- rement qu'il y a eu des interruptions dans la caire. On trouve, dans les blocs qu'on brise, des succession des dépôts et qu'à différentes époques, morceaux de granit, de grès et d'autres matières h*- s couches précédemment formées ont été rerejetées par le volcan ou entraînées par la lave, dressées par des causes violentes, lors des éruptions. Beaumcsnil 1 est le premier L'action destructive îles eaux a été assez puisqui ait parlé de ce volcan. Il donne le nom de tuf sal,, ° P our produit e une partie des vallées qu'ocvolcanique à la pierre qui en provient. cupent nos rivières et qui séparent les plateaux et Le petit appareil tles murs romains de Chasse- les buttes isolées de nos plaines. Des marques non est en pierre volcanique; l'église et les mai- évidentes d'un tel bouleversement se font sentir sons en sont également construites; mais elle est principalement dans les collines de la Bocsme, trop poreuse pour fournir de vives arêtes. Quand des Eaux-Claires, do la Charrau, du Baudiat, elle est employée à grand appareil, elle a peu de tlc la ïardouère, etc.

1" Terrain jurassique ou oolithique. Cette

• M« Mémoire sur Clumsttnon, par fcwimesnil , corres- zonc » ( l ui ^tend des environs d' Aligoulèllle j'us-

pondani de rAcadémit. d«e inscriptions et belles-lettres. qu'à l'Océan, se compose de uaucs immenses d'un

tO STATISTIQUE !

calcaire oolithique blanc ou jaunâtre, à grains gros nu fins, avec dos couches puissantes de calcaire conquête presque lithographique. Dans plusieurs localités, c'est un grès gris ou bien un calcaire siliceux avec abondance de marne. Cette série est caractérisée par la présence de fossiles de différentes espèces

Cette zone embrasse le nord et le nord-ouest du département, les cantons de Villelagnan, d'Aigre, de Ruffcc, do Mansle, de Rouillac et plusieurs parties des cantons adjacents, jusqu'à sa jonction avec le terrain crétacé dont les coteaux d'Angouléme sont la limite.

Les plus belles carrières de cette couche sont relie des Yillairs, près de Rouillac; celle de Salles, canton de Villelagnan, à peu de distance de la ville de Verteuil; celle de Mansle; celle d'Eehallat, canton d'Hiersac; celle de Saitit-Mênic, prés de Jaruac, celle de Libuurne, prés de Larochefoucauld. La carrière des Yillairs est mise, par les architectes, au premier rang pour la finesse de son grain.

Celle de Saint Même est un calcaire compacte , tendre, d'un blanc éclatant, rarement imprégné de vestiges coquillicrs. ('elle pierre est facile à tailler; elle se durcit à l'air, et n'a rien à redouter de l'action du froid. Exploitée en grand, elle s'exporte dans les départements voisins. Beaucoup d' édifices de nos colonies, ainsi que les villes du (jip, eu sont construits. Elle était prise comme lest par les bâtiments de l'État qui partaient du port de Rochefort.

J'aurai occasion, en parlant de chaque édifice des contrées occupées par le calcaire oolithique et par le calcaire compacte, d'indiquer à quello carrière appartiennent les matériaux que les architectes ont employés.

Je ne dois pas oublier de mentionner ici les

' Oh y rencontre fréquemment des gryphées, des bélcmr iles, dos léabralules, des huîtres qui forment des bancs censidi raMes, des ammonites, des ourfitis, des tnadré- |-j>res, drspnptes, des coraux, etc.

célèbres grottes do Rencogne. Leur ouverture se trouve au-dessus du lit de la Tardouère, à cinq kilomètres sud-est de Larochefoucauld. Ces immenses souterrains sont remplis de stalactites d'une merveilleuse beauté. Les grottes d'Antiparos sont les seules qui puissent avoir la primauté sur elles.

Ces stalactites ne sont autre chose que de* formes qui résultent de l'infiltration d'un liquide chargé de particules calcaires, a travers ces cavités souterraines. A mesure que les gouttes qui restent suspendues à ces voûtes se dessèchent, les particules pierreuses, abandonnées à ellesmêmes, se réunissent en tube conique qui grossit et s'allonge par des dépôts successifs à la manière des aiguilles de glace qui se cristallisent l'hiver au bord de nos toits. Une partie du liquide en tombant de la voûte sur le sol, y forme d'autres dépôts mamelonnés qu'on nomme stalagmites. Quelquefois, ces derniers dépôts, en prenant de l'accroissement, vont joindre les stalactites qui pendent aux voûtes, et composent, par la suite, les énormes colonnes qui décorent majestueusement l'intérieur de ces profondes cavernes. Le célèbre botaniste Tournefort, en visitant de pareilles grottes, s'imagina que les pierres végétaient. Le progrès de la science a fait disparaître celte erreur.

On est redevable de la découverte de ces grottes au P. Chabcuat , grand carme conventuel de la communauté do Larochefoucauld.

Il publia un mémoire qu'il lit imprimer à Limoges, en 1785, dans lequel il rend compte des différents voyages qu'il fit dans ces souterrains ».

1 Un extrait de ce mémoire nous est fourni par les manuscrits do M. Desbrandcs.

« Il les v il les 23 mai , 1 4 juillet, ÎO août et iJ novembre 1 7ft». Dans ces excursions hardies, il était accomjwitnëdc MM. Séguin, curé du lieu, Orassin, chanoine de Larochefoucauld, des l'P. Saint-Léger, professeur de théologie au couvent des Carmes de Limoges, et Bikaillc, professeur de rhétorique au collège de Larochefoucauld, de MM. Jayac de la Garde,

DE LA CHARENTE. 2i

2» Terrain crétacé. Ce massif qui occupe la un calcaire blanc, grenu, tantôt terreux cl bipartie sud du département, se présente sous la chant , tantôt compacte et dur. Ce calcaire resforme do plateaux élevés ou de monticules à semble beaucoup à la craie, mais il n'en a point pentes raides, dont les roches priucipales sont ordinairement les propriétés écrivantes. Il est

de Limoges, Lambert, prêtre à Larochcfoucnauld, Sibilet de la Brousse, chanoine de la même ville, Foucher, chirurgien, Pintau de Bourdclière, ancien officier d'infanterie, et Puymarlin du Rousseau, étudiant en droit.

1° Parmi les différentes entrées qui conduisent dans o s grottes, celle que pratiqua notre observateur s'ouvre en Tonne d e tonnoir, à Test de la montagne, dans un rocher calcaire, écailleux, et de couleur d'un gris cendreux. Elle forme une rue qui d'abord était un canal rond d'environ huit pieds de diamètre, mais tout le bas s'est comblé par les terres que Peau de la rivière y a charriées. Celle rue n'a actuellement que cinq pieds quelques pouces dans la plus grande hauteur, et quelquefois moins de cinq pieds. Elle peut avoir cent cinquante ou deux cents pieds de longueur. Ce canal parait s'être formé par un courant d'eau qui a pénétré avec impétuosité à travers une masse énorme de marne ou de limon formés des sédiments de la mer, et d'une consistance si propre à en faciliter le passage que l'impétuosité des vagues y est très-sensible; cette empreinte y est si bien marquée qu'elle se trouve dans tous les canaux de cette montagne qui no forme qu'un seul bloc et qu'une même couche, quoiqu'elle ait dans certains endroits plus de cent pieds de hauteur au-dessus du niveau de la rivière. Comme cette terre était très-grasse avant la pétrification, les parois de ces différents canaux sont très- unis et d'un poli plus parfait que l'industrie humaine n'aurait pu le faire, car on n'y remarque d'autres inégalités que celles causées par la pression de l'eau dont le courant forme des ondulations continuelles. Ce poli se trouve de même sur toutes les surfaces intérieures de ce rocher, quelque figure qu'il ait, dans les sinuosités qull forme d'une grotte à une autre.

On ne trouve rien de remarquable dans cette rue que quelques petits tuyaux de stalactites et plusieurs petits canaux de différentes grandeurs qui semblent s'être formés ainsi que le grand dans le temps que cette marne était encore molle.

2* Cette rue conduit à une salle longue de cent pieds et large de quarante , comme arrondie vers les deux tiouts, et formant une espèce d'ovale. La hauteur c<t indéterminée à cause des grandes fentes qui so sont laites par les efforts ou par l'impétuosité de la secousse qui a ramassé celte énorme quantité de marne. Toute la surface est garnie de 5lalactites ou de stalagmites de dilTércntfS grandeurs; la variété de toutes ces figures, dues au suintement continuel de» eaux depuis plusieurs milliers d'années, forme un lam- I ris dont il serait impossible de donner une idée exacte : presque toutes les parois de cette salle sont revêtues d'un

yurh, qui représente un torrent de lait ou de crème glacée, ce qui a fait que les naturalistes ont appelé ce gurk lait de lune; le pavé de ce lieu extraordinaire serait aussi surprenant quo la voûte el les parois, si les eaux de la rivière qui l'inondent, plusieurs fois de l'année, n'y entraînaient Je la terre et une quantité de matières étrangères qui couvrent, d'une inondation à l'autre, les cristallisaUons commencées sur la surface.

3° Celte salle a plusieurs ouvertures dont chacune couduil à des grottes qui différent entre elles de grandeur el de forme.

Ces cavernes irrégulières ont des morceaux très-bien voûtés et des fentes a perte de vue comme celle de la grande salle. Tous ces beaux morceaux sout revêtus de stalactites, de stalagmiles et de gurh ; la couleur la plus fréquente est un gris cendreux ; les figures les plus communes sont des pointes de rochers énormes qui s'offrent à la vue sous la forme de racines, de dents canines ou molaires; il y en a aussi qui se présentent comme des concs renversés et isolés et d'autres qui composent îles groupes de trois ou quatre pointes et quelquefois davantage, plus ou moins prolongées les unes que les autres.

Entre ces pyramides renversées , il se trouve souvent de grosses cnlonncs d'albâtre toutes couvertes de broderies en relief, dont l'ordre et l'arrangement sont d'une symétrie très-régulière. Les points que l'on peut regarder comme les racines du rocher, ont gardé leur couleur de pierre blanche calcaire. La plupart de ces racines de rochers, ainsi que plusieurs surfaces de ces innombrables cavernes , sont peintes d'une couleur tigrée formée par de petites larmes d'eau noire, brune et roussit re, distribuée avec tant d'économie et tant de régularité qu'on prendrait celte peinture pour une véritable tapisserie de peau de tigre. Dans les endroits où l'eau s'est trouvée sans glutes , cette peinture s'efface facilement avec la main, mais dans ceux où celte eau s'est imprégnée de glutes, il s'est formé un vernis qui rend le tableau brillant « t inaltérable.

Il parcourut pendant trois heures plusieurs de ces cavernes où il remarqua une infinité de beautés toutes différentes les unes des autres quant à leur figure et à leur arrangement. Comme l'on ne peut guère savoir à quelle distance on se trouve de l'entrée a cause des sinuosités des routes qu'on est obligé de suivre, de crahite de trop s'écarter, il se détermina à sortir. Il remarqua cependant qu'on ne peut guère s'égarer, la plupart des routes conduisant à la grande salle.

Pendant ce premier voyage il monta fort haut dans la montagne et descendit très-l«as au-dessous de la rivière où il rencontra deux ruisseaux : le premier pouvait avoir deux

assez cohérent pour donner de bonnes pierres de construction. Il renferme fréquemment des partics cristallines, passant souvent à la contexture saccharoïde, lamellaire et compacte, je pourrais

pieds île largeur. Ayant mi3 de son eau dans un verre, et l'ayant examinée au (lambeau, il la trouva belle et limpide, inodore et d'une saveur agréable. Comme elle était etiaude, il eriil d'abord <jn'eUo venait de la rivière, mais ayant réfléchi que l'on trouve Ik aueoup de gurh dans toutes cavernes, que les naluralistcsn gardent Icsgurlw tomme >les indices d< s mines, il jugea que in ruisseau pouvait vire ••ne eau thermale ; le si'eond ruisseau coulait si profondément qu'il ne put l'apercevoir, quoiqu'il desu mllt bien difficilement sur un glacis de terre grasse qui va jusqu'au fond et qui rend lecbelllin des plus glissants, yuclque désir qu'il ent de satisfaire sa curiosité, il ne put en ups'icevuir le tours sous des rochers couverts de terre et de limon ; lu bruit qu'il lait entendre dans son cours ressemble à un bourdonnement de cloclies as ,7 grosses que l'on entend de loin et dont l'harmonie flatte l'oreille. Telles furent les observations de ce premier voyage qu'il termina à neuf heures un quart du matin.

L'aprés-midi il y rentra, par le même endroit que le matin, accompagné de plusieurs paysans des environs que la curiosité attira et qui le suivirent d'al-ord, malgré la frayeur qu'ils paraissaient avoir d'entrer dan* «les endroits si ténébreux. Revenu à la grande salle, il prit une roule diifén-nte de celle du malin, quoiqu'il passât dans plusieurs cavernes qu'il avait d< j.i parcourues. Dans celles qu'il n'avait pas encore visitées, outre les stalactites, les stalagmites et le gui b, il vit plusieurs objets d'une rare beauté : 1" Dans un endroit divisé en plusieurs grottes dont les entrées sont formées par ces pointes de rochers dirigées en pyramides renversées, il vit, au milieu d'un de ces superbes labyrinthes, une pyramide énorme et magnifique; sa («ointe renversée ressemblait à la Oamme d'un flambeau monstrueux ou à la pointe d'une asperge dont la queue semble enracinée dansd'énormes roehcrsaccumulésles uns sur les aulres.Oltc pièce lui parut être d'albatrc. *• Sur la pointe d'un rocher incliné où l'eau qui suinte depuis Je haut a un cours sensible, il vit une pièce , de deux ou trois pieds de longueur et dont la largeur est fort régulière, formée par un gurb de couleur vert-foncé représentant un relief composé de grosses immmes et de grosses poires disposées entre elles avec une élégante symétrie et dans le même ordre qu'on arrange ces fruits cuits avec leur peau pour les mettre sur une table. Leur couleur et leur ligure approchent tellement du naturel qu'on les prendrait (mur leehel-d'ueiivrc d'un habile sculpteur, y Dans un autre endroit et sur la suiface d'un rocher perpendiculaire, il aperçut un morceau a peu près de la même grandeur que le précédent , formé par un fluide semblable à celui-ci, et qui représente une branche chargée de

même ajouter poudingiforrae , parce que ces cristallisations sont quelquefois réunies en petits noyaux qui se trouvent empâtés dans les parties grenues. Celle roche, recouverte dans plusieurs

grosses prunes de Reine-Claude vertes et sèches aussi en relief. 4" Il trouva A la pointe d'un rocher une ligure saillante qui ressemble parfaitement a une oreille d'ane ou de mulet. L'ayant détachée a l'aide d'un ciseau et d'un marteau, il la prit d'abord pour une stalactite, l'ayant depuis examinée avec toute l'attention possible, et ayant versé de fort vinaigre dans l'intérieur, ce qui la nettoya, il observa que la pierre de la concrétion qui Imiichc l'orifice do cette oreille est d'une substance pierieiise et bien dillërenle de celle de l'oreille meule qui e>t d'un albâtre transparent. Cette pièce lut conservée dans l'intention de la rapporter dans l'endroit où elle avait été- prise • ! pour examiner de plus près si ou apercevrait, dans le corps du rocher d'où on l'avait d> tachée, quelques autres parli.s de l'animal à qui elle a appartenu, et surtout la configuration de celte partie de la léle où elle lenait, car on jugea que tout le corps de cet animal, enseveli dans cet immense amas de marne, devait s'y être pciiidéen même temps, l-i subslance animale étant dilléretite de elle de la marne, ce cadavre se sera cristallisé, car cette oreille est d'une cristallisation très-line et d'une très-belle eau. .V 11 vit plusieurs colonnes toises et cannelées de dillérentes hauteurs et de dilliTcnles grosseurs; il y en avait aussi qui étaient si bien placées les unes à cê.té des autres qu'elles ressemblaient à des tuyaux d'orgues. C, Il vit ailleurs deux colonnes cannelées qui imitaient des rideaux pliés dans leur longcur, attachés vers le bas comme ceux des lits ou des fenêtre?, et dont l'extrémité est relevée par la ligature; les bords du bas îles rideaux sont ornés de franges et de dentelles sculptées avec une délicatesse inexprimable. 7" Il aiierçul enfin des ailes de grands oiseaux si bien travaillées, qu'il serait im|>ossihle aux plus habiles sculpteurs de rien faire île plus parlait. Toutes les pierres sont de tivshellcs cristallisations. Après avoir paicouru pendant trois heures une grande quantité de ces grottes, et y avoir admiré les beautés qui y sont accumulées, il découvrit l'entrée <run canal fait comme une gueule île tour d'un pied de hauteur sur trois de largeur vers sa base. Connue les parois de cette voûte sont très-unis ainsi que tous lis canaux et tout»* les surfaces de ces rochers, il continua sa roule, avec ses compagnons de voyage, excepté les îiaysans qui n'eurent pas assez de courage pour le suivre; il ne fallut pas en manquer en elfet, puisqu'on lut obligé de ramper à la lueur des llam- U-aux et des lanternes. La longueur de ce canal est d'envii' n trois cents pieds en formant des recoudes de distance en distance, comme le lit d'une rivière. A l'extrémité' d'une route aussi pénible, s'offrit l'entrée d'une vaste salle de forme irrégulière et dont le contour ressemble A un polygone iniswirlait. Au premier eoup-d'ujil il lut comblé de joie et

DE LA t

localités par un calcaire argileux plus ou moins friable, renferme des rognons de silex pyromaque noir. Mais c'est surtout par ses fossiles que ce dépôt se distingue des terrains de la môme nature des autres contrées 1 .

Les carrières de ce calcaire coquillier sont nombreuses. 11 s'eo exploite beaucoup autour d' Angoulême. La ville entière en est Mtie.

Les carrières de Vœuil, de Mouthiers, des Eaux-Claires, sont assez estimées. Comme cette pierre est très-poreuse en raison des coquilles qui s'y trouvent, on emploie pour toutes les parties saillantes et faisant moulure celle du Peux, près de Frégeneuil.

A cette zone appartiennent les carrières de

ARENTE. Î5

gypse ou plâtre. Les plus belles sont celles de Cognac et de Moulidars. On trouve sous ces pierres différentes veines de terre ainsi que des bancs d'argile.

III. Terraint modernes. Après avoir décrit les terrains non stratifiés et stratifiés, je passe aux couches modernes qui les recouvrent. Ce qui distingue celte série, c'est qu'elle a été formée postérieurement à la dernière révolution que la surface du globe a éprouvée, et par des causes encore agissantes. Ces dépots constituent la tourbe et le sol arable.

1» Tourbe. Ces dépôts présentent trois modifications principales.

La première n'est presque qu'un tissu ou

d'admiration ; il fut même véritablement dédommagé de la peine qu'il avait prise pour y parvenir. La plus grande parlie de la voûte de cette grande, talle est formée par des rochers qui présentent de grandes fentes et plusieurs autres irrégularités; le pavé est couvert en partie de blocs énormes de rochers qui sont tombés de la voûte dont la plus grande partte est revêtue, à l'entrée, de stalactites et de stalagmites. Après l'avoir bien examinée, il s'avança vers le milieu où il aperçut : I* Un ouvrage de la nature qui représente la moitié d'une pyramide de plus de vingt pieds do hauteur et d'une base égale, dont le sommet se perd dans la voûte. Ce beau morceau, bien proportionné dans toute son étendue, «si revétued'un gurh bleu céleste avec quelques bandes d'un beau hlanc de lait. Toute celte surface semble avoir été formée par le liquide qui s'est glacé dans son cours; les nuances de son ondulation y sont i mm | nées aveclanluB grande précision; ce qui en relève l'éclat est le vernis qui le couvre dans toutes ses parues. Tous les contours de ce magnifique monument sont bordés de stalactites et de stalagmites qui y forment des guirlandes tria-bien dessinées ; on le nomma le tombeau d'Aboi, r A la gauche, et dans une espèce d' enfoncement, il y à un plan incliné en carré long de la hauteur du tombeau d'Ahel, large de douze à quinze pieds. La surface de ce second mon ornent est couverte d'un gurh de couleur de terre noire et recouvert d'un vernis très-brillant ; celui-ci fut le tombeau d'Adam. 3» A quelques distances du tombeau d'Abc) , vers la droite, et dans une espèce d'enfoncement de la salle, il trouva une petite grotte d'environ six pieds de hauteur, dix de profondeur et sept ou huit de largeur; La voûte est tres-règulière et bien arrondie, toute sa surface intérieure est revêtue de stalagmites qui ressemblent ides choux-fleurs si bien arrangés qu'on n'aperçoit pas la moindre lacune : le pavé est couvert d'un eau pétrifiante

qui tombe continuellement de la voûte goutte à goutte; ce troisième monument est appelé la grotte du prophète Élit*.

Jusque-là notre voyageur avait été au comble de lu joie la plus parfaite et ravi d'admiration ; mais... quelle ne lui pas sa douleur, lorsqu'il aperçut, un pou au delà de l'entrée de la grotte du prophète Élic, les restes de squelettes d'un imillieureux qui, sans doute, y a péri faute de lumière pour en sortir . Sa chair et le reste de ses ossements ont été dévorés par quelques animaux carnassiers ; ses os, dispersés en différents endroits de la salle, sont tous couverts d'une incrustation pierreuse, à l'exception d'une omoplate dont les bords ont été rongés; il y en a même dont l'intérieur est pétrifié comme l'extérieur : tels sont plusieurs de ces ossements trouvés dans l'eau pétrifiante, et qui furent détachés de dessus le pavé avec le marteau et le ciseau : dans ce nombre il y a cinq vertèbres, trois cotes dont une est encore revêtue de son périoste qui , quoique bien pétrifié , a conservé sa couleur naturelle : les autres sont un tibia, un périnée, un humérus et un radius. Quelques-uns de o-s os ont été rongés* leurs extrémités. Il trouva aussi dans le môme endroit des ossements de lapins, d'agneaux et de la laine de mouton. »

(M* Histoire SAngoumoit, par Desbrandes , t. 1, liv. i.)

1 Les plus remarquables par leur nombre et par leur grosseur, sont des fuppurtUt et des tphémlite* qui atteignent do très-grandes dimensions ; ces fossiles «ont accompagnés de plusieurs autres, tels que la giyptura columba, fagryphara aurirularu , Voetrea flaheUeXdes. Voetrta ve*kul&ri$, Yotlrea

spmotum, le tpalcmgus cor anguinum, les tdrébratules, les bélemnites, les ammonites , les peignes, les coraux, les oursins, les éponges, les alcyons passés à l'état siliceux, etc.

espèce de foulre spongieux formé de racines, de Obres cl de parties végétales encore très-rcconnaissahles. Quelquefois môme, elle n'est qu'un tas de plantes ou de parties de plantes flétries et serrées les unes contre les autres. (Vallée de Blanzaguet, prés La Vallette).

La deuxième modification présente une matière d'un brun plus foncé, où l'on ne distingue plus que quelques filaments végétaux.

I.a troisième n'offre en général qu'une substance noire, homogène, molle, qui a beaucoup de ressemblance dans son aspect et dans sa manière de brûler «avec les ligniles et les bitumes.

Ces trois modifications se trouvent souvent dans une même tourbière, et alors, la première occupe la partie supérieure , la deuxième le milieu, et la troisième le fond.

On trouve fréquemment des corps étrangers dans la tourbe : 1° De petites couches d'argile et de sable ; 2' quelquefois des troncs d'arbres (I^arocheehandry) ; 3° des débris d'animaux; 4" on rencontre également dans ces dépôts des traces de l'industrie humaine, telles que des armes, des outils, etc. La tourbe remplit les lias-fonds des larges vallées dont la pente est peu considérable, notamment les lieux marécageux. Je dois citer les tourbières de Sainl-Séverin et de Gurat, dans la vallée de la Lizonne; celles de La Couronne et de Larochechandry, dans la vallée de la Boësme, et celles de Magnac dans le bassin de La Touvrc.

2* Croûte végétale. A. Sol calcaire, ardent, sec, connu sous les variétés de craie vive, de chaumes. On y rencontre la grwje qui n'est qu'une couche de terre mêlée de petites pierres. Les couches inférieures à la groye sont un composé de bancs de tuf pierreux ou de moellons.

Les chaumes sont dos rochers, des moellons ou des tufs, recouverts d'une couche de terre si mince, qu'elle est absolument insuffisante pour une culture quelconque. Néanmoins, entre les assises se rencontrent des filons de terre qui,

remués par de bons instruments aratoires, augmenteraient la puissance du sol. Le calcaire s'unit en proportions diverses à d'autres éléments, et constitue alors un terrain calcaroargilcux ou calcaro- siliceux. Ce sol couvre la majeure partie des hauteurs et des collines.

B. Sol argileux ou alumineux, froid, compacte. La partie Est de l'arrondissement do Confolens, est composée de cette série, reposant sur des masses de granit. Cette différence entre la nature calcaire du sol des autres arrondissements et celle de l'arrondissement de Confolens, en produit une sensible dans la température. Cette partie est aussi humide et aussi froide que les autres sont sèches et brûlantes. Ces terres épaisses et compactes retiennent l'eau des pluies, et les conservent dans de vastes étangs, tandis que celles d'Angoulême et de Barbezieux, plus légères et plus poreuses, les laissent rapidement s'infiltrer.

L'argile se présente rarement sans être, en fortes proportions, mélangée a\cc le calcaire et la silice. Elle forme avec ce dernier corps une pate argilosilieeuse qui constitue une grande partie du territoire. Le terrain argileux se rencontre dans les vallées, le long des rivières et dans certains plateaux.

C. Sol siliceux ou sablonneux, friable, plus ou moius divisé, laissant infiltrer les eaux. Il domine dans certaines zones de l'arrondissement de Confolens, dans les landes de Barbezieux et de Montmoreau. Il repose presque toujours sur un soussol argileux.

Min™, i" Le fer à l'état d'oxyde outre en certaine proportion dans la plupart des terrains de l'Angnumois, et leur donne cette couleur rougebrique bien caractérisée. Lamine de fer se trouve en globules détachés et arrondis dont la grosseur varie depuis celle d'une balle jusqu'à celle du petit plomb. Quelquefois ces globules sont réunis en petites masses, et forment une mine de fer en poudingue. Ils se reucontrent par veines et par

filons dans les terres, depuis deux mètres de profondeur jusqu'à huit. D'autres fois, le fer est combiné avec le soufre et donne un sulfure ou pyrite.

Les mines les plus riches sont celles des Adjots, de Taizé-Aizio, de Marthon, de Sers, de Charment, de Nieuil, etc.

2 8 On trouve des mines d'antimoine près d'Êtagnac. La roche qui recèle ce minerai est un gneis composé de mica, de feld-spath et de quartz. Quelquefois l'antimoine s'unit à différents corps pour former de l'antimoine sulfuré, de l'oxyde d'antimoine et de l'antimoine hydro-sulfuré.

3° Mines d'argent. Lorsqu'on travailla, il y a quelques années, à l'extraction du miuerai ar-

gentifère d'Alloué, un trouva plusieurs galeries et des puits, indice certain qu'il a été fouillé dans l'antiquité ; il n'a pu l'être que par les Romains, qui, au rapport des historiens anciens, avaient trouvé des mines d'argent abondantes dans les Espagnes et dans les Gaules.

Il existe à Meuet, prés de Montbrou, de l'anli-, moine argentifère. La dépense de l'exploitation de celte mine a rebuté quelques entrepreneurs. M. Landouillctle, commissaire de marine sous Louis XIV , et maître de la forge de Plancbe- Mesniers, croyait qu'il n'était pas impossible de l'exploiter pour en tirer l'antimoine, et l'argent qui s'y trouve assez abondamment

» M* Mimvirrs det intendants, ytntraUté de Umotjei, par M. de Beniage,

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