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IX. Voie antique de Périgueux à Saintes

21* Le Camp de Chadurie. Sur une hauteur a l'est de Chadurie se trouvent quelques vestiges d'un retranchement.

Ce lieu a pour nom Les six pau r (pals), peutêtre par allusion aux pals ou pieux qui servaient a former les palissades des camps.

Mais les vestiges de ce retranchement sont si peu importants , ainsi que des terrassements qu'on trouve dans un petit bois h l'ouest de Chai-

ment, h peu de distance de lu voie anlique, qu'il m'est difficile de les classer positivement parmi nos travaux de castrante tulion.

22* Le Camp de iferpins. Celte forle position militaire est au confluent du Né et de la Charente, à l'extrémité d'un plalcnu interrompu tout à coup de deux C(\lés par une pente abrupte. Elle n'avait besoin de travaux d'art que du côté de la plaine où elle était défendue par un rempart de terre rapportée, aujourd'hui presque tout abattu, qui joint le* deux extrémités du plateau dans une longueur de 450 métrés.

Que Merpins ait été une localité considérable a l'époque gallo-iomaine et au moyen âge, lors même que nous n'aurions pas de documents précis, l'inspection du sol suffi mit seule pour l'étatablir. Les débris de briques romaines, les différentes couches de terrains superposés indiquent clairement un établissement qui a dû avoir de l'im|»ortance. J'ai trouvé aux archives du royaume un document intéressant sur Merpins.

11 est intitulé: « Adjudication do la vieille villa de Merpins appelée le Barry, à Jean Popin, 1" mars 1 Vit. d On lit dans le cours de l'acte celte description: «. . . . C'est ù savoir la vieille ville de Merpins, autrement appelée le Barry et assise devant le chastel de Merpins avec sou fonds et soie, ainsi qu'elle est environnée de roc et de muraille, contenant trois journcls de terre ou environ avec certains mazuraus fram. et eu ruine 1 »

Voilà l'étendue de la vieille ville bien indiquée, mais cela séparément du château dont je parlerai plus tard, et dans les ruines duquel je n'ai pus pu découvrir le moindre fragment de briques à rebord.

X' l'oie antique de Cognac à Jarnac-Chamjxigne. Sur celte voie se trouvent :

23" Us Campt de Halles.

' knh. <lu royeimw. D. t1ô. n« m.

Ils sont au nombre de trois, à très-peu de distance l'un de l'autre sur une hauteur près le liourg de Salles, dans la direction du nord au midi. Ils ont chacun leur nom particulier.

i" Le Col de Régnier. C'est le plus éloigné du bourg.

Il a été défriché ; on ne peut le reconnaître qu'à un mouvement du terrain faiblement indiqué, présentant encore un carré long de 120 mét. sur 43.

2* Le chiron de Miot. Celui-ci est beaucoup mieux conservé. C'est encore un carré long de 87 mètres sur 4*.

3* Is Terrier du Cot,

Celui-ci est le plus intéressant des trois. 11 offre cette curieuse particularité que sur une longueur de 70 mètres, 51 forment un massif élevé au-dessus du sol de 2. 50 à 3 mètres. Ce massif qui a 57 métrés sur £7, se compose de pierres placées verticalement et formant différentes couches plus ou moins régulières.

T Partie du camp non exhaussée par an

pavé:

L Au centre de ce massif, élévation entourée d'im mur destiné sans doute à la tente tfugè»néral.

Ce camp mérite une mention toute spéciale et est bien digne d'être visité. Le soin apporté à former cette immense terrasse artificielle indique non plus le travail des campements ordi-

/DE-U.CHARBKW. .iW

oairea, mais un camp où les troupes *e tenaient dû se transmettre dans les nécils du foyer de—

probableittoitt pendant l'hiver ou du reoins fai— mes tique, d'une, génération a l'autre,

«aient, un très longséjour. iLa position îles. trois Le camp de Veuil occupe l'extrémité d'un

camps de Sall«s est admirable. De ï'éminenoe .promontoire taillé à pic par la nature, qui s'a-

• oh. ils se trouvent, l'œil découvre tout le bassin vanceau confluent d'un petit ruisseau dont les

de la Charentednférieu« , e ; vous avez .sous vos eaux se jettent dans la Cbarrau, au-dessous de

pieds les plaines si renommées appelées la Veuil. Du côté de la plaine, il est formé par un

Champagne, vous dominez une vaste contrée, terrassement ou levée dont la base a 12 métrés

Dan» une occupation militaire ce posta était par- et la hauteur G mètres. Cette chaussée n'a pas

follement choisi; il était à peu de dislance de été formée, comme dans les autres camps, des

ceux de Merpins et de Sainle-Sévère. 11 com- terres d'uu fossé profond. Dans un terrain où

mandait tous les passages du Né, rivière fort l'ou rencontre le roc à quelques cculimètres.

-large et fort profonde vers son confluent, lorsqu'on remue le sol, ce moyen employé d'or-

petuiant quecelui .de Merpins fermait la Cha- dinaire était impraticable. Il a fallu ratisser la

Dente. plaine au-devaut du camp et le camp lui-même

Lors de la destruction du Col de Régnier P° ur trouver les terres de ce large retranche-

•tronva des médailles romaines à 'l'effigie d'Au- J« e » 1 - Je Chancel donno au camp <>* m. de

fuste, de Claude, etc. longueur sur 33 de largour.

Il ne me reste a décrire que deux camps placés à une grande dislance des voies antiques que

Le camp avait deux entrées, elles étaient aux extrémités de la levée qui le défendait au midi.

j'aipu reconnaître dans PAngoumois, et encore U formo du ""P cst -«angulaire;

ces deux camps sont-ils placés dans la direction for ™ ** d uc , a ,a ^P 081 " 0 " du te ™ n - 0,1 a

de la voie qui devait nécessairement conduire * outé l ml bou ct d , e , canon daD8 "J 10 dt ' s f f uU *

(TAngouléme à Cabale, ct de là à Bordeaux. du rocher * m M « la ^ rm occldeu ^- ^«ci

Tous mes efforts ent été inutiles pour découvrir ,COIUinent ,l a été , décnt P ar Corhcu :

la moindre trace de celte voie. « Le . «"'P de >eud 051 lo bom * de

Veuil à une lieu d'Engolesmc, et il est Tait en

24° Le Camp de Veuil, appelé te Fort des An- triangle par le coing d une plaine eslevée entre

qI<***- deux prairies, dont les deux eoslés sont deflen-

Nous dev ons à M. Charles de Chancel une no- dus de rochiers et rudes descentes, et le troi-

• tiee pleine d'intérêt sur le camp de Veuil Ml siesme d'une haute levée de terre portée, au

appuie sur de graves conjectures son opinion lieu de tranchée, parce que lo lieu no se trouva

que ce campa été réellement celui des Anglais, fossoiahle. L'espace u'est moindre que celuy

lors de l'évacuation du nord de l'Aquitaine de- du fort, et à mon jugement que cette levée fut

*ant les troupes françaises. J adopte d'autant plus aussi faicle par les Romains, et que là ils cam-

▼ulontiers cette opinion qu'elle est confirmée pérent traversai* pais selon leur couslume * , »

par la tradition orale du pays. Et sur l'on- 25° Le Camp des Rosiers.

gine des monuments, je donne beaucoup de va- Le camp de Veuil était accompagné d'un

leur aux traditions, surtout lorsqu'il s'agit d'évé- autre dont une partie des terrassements subsiste

nements qui tieunent à l'histoire du pays et ont encore; c'est celui des Rosiers. Il formait un

' IBulbUnwcb. de ta Charente, tM0,*««e 77 el«utT. > «eoueil en forme d bisi. , p. 16.

carré long d'une largeur de 30 mètres sur une longueur qu'il est difficile d'évaluer parce que les talus ont été nivelés. Il a du avoir la même origine que celui de Veuil dont il n'est éloigné que d'un kilomètre. J'ai lu dans je ne sais quel document, qu'une graude quantité d'ossements humains se trouvait dans une excavation appelée la Combe à Roland, à peu de distance du camp que je viens de mentionner.

26" Le Camp de Challignar.

Ce camp est peut-être l'ouvrage de ce genre le plus grandiose qui se puisse trouver. Il n'est rien moins qu'une enceinte circulaire dont le diamètre est de -146 mètres. Le retranchement continu a plus de 20 mètres de largeur à la base, et en certains endroits, où il n'a pas été abattu pour la culture, il après de 10 mètres de hauteur. Pour se donner une idée de l'étendue de camp, il faut se figurer qu'il renferme plusieurs vastes champs ensemencés et qu'uu village entier, maisons, cours, jardins, n'occupe qu'un petit côté du retranchement sur lequel il a été bâti. L'entrée du camp était au sud-ouest ; elle donnait en face d'une fontaine très abondante.

Le plateau de Challignac était parfaitement cho'si pour un campement. L'œil s'étend au loin sur les campagnes environnantes, et l'on n'est dominé par aucune colline qui puisse couvrir les mouvements de l'ennemi.

La tradition attribue ce camp aux Anglais. On a trouvé il y a peu d'années un boulet de huit, en labourant les talus du retranchement du côté du nord. Ce camp, avec ceux de Veuil, pourrait très bien se rapporter à la retraite des Anglais.

Peut-être même ceux qui avoisinenl Montembœuf appartiennent au même mouvement, ou du moins aux mêmes guerres.

27* La • Foxsé au Comte. Aucune tradition bistorique ne se rapporte à cet immense fossé qui, unissant comme la corde d'un are la Charente aux deux extrémités d'un grand circuit qu'elle fait de Montiguac à Vibrac, formait ainsi au

centre de l'Angoumois une Ile défendue de toutes parts. Mais une légende curieuse a cours parmi le peuple. Klle raconte que le diable voulut creuser ce fossé pour détourner les eaux de la Charente. Dieu le lui permit à condition que le fossé serait achevé au chant du coq. Le diable se mit aussitôt a l'œuvre 11 travailla avec tant d'ardeur que le fossé fut creusé et presque entièrement déblayé. Il ne restait plus à jeter que quelques pellées de terre, lorsque le coq chanta, et le diable ne put parvenir a son but.

Celte légende ne serait-elle pas l'ingénieuse satire du moyen âge? Le comte qui emploie les hommes du pays à ce grand travail, ne serait-il pas figuré par le diable qui veut détourner les eaux de la Charente et les faire couler dans ce large fossé? Lorsque les dangers de l'invasion des Normaiis furent passés, que les petits enfants demandèrent à leurs aïeux : qui a creusé ce grand fossé? ces derniers durent répondre :

c'est le diable qui a voulu détourner la Charente. Aussi je ne partage pas l'opinion do Corlieu, qui attribue ce travail aux Romains. Le nom de Fossé au Comte est pour moi un précieux indice, et je n'hésite pas à l'attribuer à l'un de ces vaillants Taille -Fers qui refoulèrent les bandes des Normans et mirent par cet immense retranchement une barrière à leurs incursions. Il suffisait de garder les bords de la Charente depuis Ruffec jusqu'à Monlignac et de Vibrac à Mcrpins, pour que l'Angoumois fût complètement à l'abn de leurs dévastations et de leurs brigandages.

Il m'a été impossible de découvrir, dans la Marange, le fort dont parle Corlieu, bâti sur le bord du fossé au Comle.C'était sans doute,comme iHe dit, le camp destiné aux soldats chargés de la garde du fossé.

Malgré les nombreux défrichements faits dans la Marange, on voit encore plusieurs parties de ce retranchement. On le suit très-bien à travers la forêt, dans des vignobles nouvellement plan-

tés et au fond d'une combe appelée la Combe quaul par une muraille ils la divisèrent de FEs-

«/« Fosté, près de Douzac. Les gens du pays cosse, du temps de Arcade et Tbéodose empe-

disent encore que ce fossé allait de Vibrac à reurs, et voyons en Normandie encorcs à pré-

Montignac. Corlieu le décrit ainsi : sent un semblable fossé, traversant le comté

<• Le fossé au Comte est une tranchée ayant d'Eu. Et ce qui me fait le plus penser que cette

eu par apparence vingt pieds de gueulle, et tranchée avoit esté faicte pour la deffense du

douze ou quinze pieds de profondeur, jadis faiclc pais est un fort de terre porlée, que encores se

et continuée par environ quatre lieues de pais voit basty sur le bord de la dicte tranchée près

depuis le chasleau de Vibrac, jusques à la ville la fores! de Marange, pour y tenir (comme il est

de Montiguac, tous deux assis sur la Charenle, à présumer) quelques soldats, affin de courir

a présent comblée et effacée pour la pluspart. sus à ceux qui eussent voulu franchir le

« Mais de sçavoir dire pourquoy ne quant elle fossé » fut faicte, je n'ai pas leu jusques là. Toutefois Ici s'arrête la série des travaux de castramés il m'est permis interposer mon jugement en tatioti que j'ai visités daus mes courses archéochoses vray -semblables, je cuide fermement logiques.

qu'elle a esté faicte par les mesmes Romains, On peut voir sur la carte monumentale la dis-

tenans garnison sur les confins de ce fossé, ou position de ces camps. On remarquera que le

pour laisser mémoire d'eux, et cependant exer- plus gr«ud nombre sont agglomérés dans la par-

cer leur soldats à la peyne, ou du tout pour cm- tie nord-est, et que les autres sont échelonnés

pescher tes courses de leurs voisins. Ainsi lisons sur les limites de la Sainlonge et de l'Angou-

nous que firent les Romains en Angleterre, mois.

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